Télévision mobile personnelle : le multinorme doit être la norme

La TMP suscite aujourd'hui bien des engouements. Mais son développement doit-il forcément passer par la norme DVB-H ? Une approche multistandards ne présente-t-elle pas elle aussi des atouts majeurs ? Le débat est lancé.

Les annonces faites lors du dernier CeBIT concernant la TMP peuvent être comprises comme une invitation à passer à l'action pour l'industrie européenne de la télévision mobile. Il est donc dans l'intérêt de celle-ci de faire en sorte que cette application soit proposée aux consommateurs au plus vite grâce à un consensus des acteurs du marché.  

Quelle technologie de radiodiffusion serait la mieux adaptée à l'offre TMP ? C'est une question épineuse car le choix final devra satisfaire toutes les parties prenantes. Il est donc essentiel de laisser la place à chaque solution technologique afin de permettre l'essor de celles qui répondront le mieux aux défis techniques, commerciaux, et économiques pour l'offre et l'usage de la TMP.

DVB-H ou une autre norme ?
Le DVB-H est souvent considéré comme la norme par défaut. Or d'autres normes sont porteuses d'avantages business significatifs tant en termes de qualité que de performance pour la mise en place d'un écosystème efficient. Concrètement : il s'agit de faire confiance au marché.

La question de la technologie à adopter pour la TMP a été largement débattue au sein de l'European Mobile Broadcast Council (EMBC), l'organisation industrielle créée à l'initiative de la Commission Européenne, pour proposer des recommandations concrètes sur les divers aspects du déploiement de la TMP.

La position de la Commission européenne
L'EMBC est en faveur de la neutralité technologique et de l'interopérabilité. Ces deux éléments sont essentiels pour permettre aux consommateurs de bénéficier pleinement des évolutions technologiques. Ainsi, avec un environnement réglementaire flexible et ouvert dans chaque pays européen, chaque acteur pourra développer son modèle économique autour du "mobile Broadcast" et proposer ainsi une offre large et de qualité pour une adoption rapide.

Le rôle du régulateur est clé dans ce contexte. En effet, les acteurs de l'industrie se tournent vers lui quand il est nécessaire d'établir des règles de jeu transparentes et équitables. C'est lui qui tranchera sur l'allocation des fréquences, les contraintes techniques de compatibilité du spectre, les conditions réglementaires des licences liés aux exigences du service telles que la couverture, la qualité, la diversité et la pluralité des contenus.

L'espace hertzien UHF aujourd'hui occupé par les chaînes de télévision analogique va être progressivement libéré ouvrant la voie à de nouvelles technologies pour valoriser ce spectre (le "dividende numérique") tout en bénéficiant de l'expertise des éditeurs de services en termes de contenus et de marques. La priorité sera donnée à la TNT, mais aussi "aux nouveaux services innovants sans fil comme la TMP". C'est une occasion unique pour établir une bande de fréquence pouvant être assignée à la TMP dans toute l'Europe et de permettre ainsi l'utilisation du spectre sur le long terme.

La position des acteurs industriels
Les acteurs industriels cherchent aussi et, avant tout, à assurer la pérennité de l'offre. Celle-ci repose sur trois points-clé : un partage bien défini des valeurs créées, l'émergence d'économies d'échelle au niveau mondial et l'interopérabilité des terminaux.

Un système de partage de valeurs bien défini requiert l'adoption de standards ouverts et des conditions de licences technologiques clairement définies. Les termes proposés devront être raisonnables, équitables et garantir l'absence "d'embuscade de droits de propriétés intellectuelles". La norme MediaFLO répond parfaitement à cette équation.

Les avantages des technologies multiples
L'émergence d'économies d'échelle sera encouragée par l'approche multistandards (c'est là un des ses atouts majeurs). En effet, les nouveaux terminaux dotés de puces multinormes et multifréquences permettent d'adresser la demande de marchés divers et de multiples technologies (DVB-H, ISDB-T et MediaFLO par exemple). Enfin, cette évolution serait d'autant plus valorisée si les fréquences TMP étaient harmonisées au niveau européen.

Sur le plan de l'interopérabilité, le DVB-H dispose aujourd'hui de plusieurs implémentations différentes au niveau de la couche de services sans pour autant garantir la compatibilité entre elles, ce qui rend l'interopérabilité entre les terminaux et les réseaux compliquée. La norme MediaFLO, quant à elle, propose une véritable solution technique intégrée de bout en bout, tout en permettant l'utilisation de systèmes de sécurisation d'accès aux contenus déjà utilisés en Europe.

Un marché s'ouvre, et sa clé est sans conteste le "Multi-Approche" pour que chacun s'y retrouve : équipementiers, fabricants, opérateurs, fournisseurs de contenu et consommateurs. Nous avons tout à gagner si la neutralité technologique est la règle.

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