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LA TRIBUNE DE JEAN-PIERRE LE BORGNE
L'AUTEUR
JEAN-PIERRE LE BORGNEDirecteur général, Yuseo La performance Internet au coeur de la stratégie d'entreprise (2/3)
A l’ère de la multiplication des canaux de communication, avoir un site Web joue un rôle clé. Pourtant, créer un site performant n’est pas aussi simple qu’il y paraît. Focus en trois volets sur les facteurs de succès. Aujourd’hui, quels indicateurs suivre ?
(06/02/2008)
Combien vous coûte la croissance de votre chiffre d'affaires sur Internet ? Dans le cadre des classements des sites Internet, les critères retenus sont généralement les notions de pages vues, les visiteurs uniques et autres durée de consultation. Pour les sites marchands, la croissance du chiffre d'affaires est souvent affichée à grands coups d'effets d'annonce. Cependant, cette croissance est rarement mise en regard des investissements marketing réalisés pour générer plus de trafic et les entreprises restent bien souvent très discrètes quant à l'évolution de leur taux de conversion réel. Faire venir plus de visiteurs dans une e-boutique induit probablement plus de chiffre d'affaires en valeur absolue mais aussi potentiellement plus de mécontents qui ne trouvent pas ce qu'ils croyaient trouver. Pour les sites qui reposent sur un modèle publicitaire, il est vrai que les pages vues et les clics s'avèrent des indicateurs largement utilisés, aujourd'hui, pour les annonceurs pour le pricing de leurs campagnes. Il est donc probable, comme cela se généralise pour les autres medias, que l'annonceur qui paye pour de tels "bandeaux" dispose d'informations fiables sur la pénétration et l'efficacité effective de son message vis-à-vis de sa cible. Des outils de plus en plus complets mais souvent inappropriés pour analyser les leviers de performance Pourquoi telle personne, arrivée ou conduite sur le site, a suivi tel parcours plutôt que tel autre et quel a été l'élément qui l'a fait abandonner son process à un moment précis ? Dans un magasin les parcours clients et la façon dont ils sont effectivement impactés par les actions de merchandising et d'agencement des rayons ou des produits sont observés puis analysés à la loupe. ll apparaît légitime qu'une approche similaire soit réalisée sur Internet, afin de comprendre les leviers réels permettant d'optimiser la performance et la satisfaction utilisateurs. Règles et méthodes : des idées reçues sur Internet qui ne font pas recette Pourtant, la notion de durée d'une mise en situation est très relative : il est communément admis qu'un très bon film de trois heures passe en "un rien de temps" alors qu'un mauvais film d'une heure semble "durer une éternité". Tout ceci illustre aussi comment Internet a fait rapidement oublier à de nombreux acteurs des connaissances pourtant largement éprouvées dans la vie réelle. Dans un autre registre, toujours supporté par la vague Internet, des courants communautaires se sont développés, aux USA notamment. Par exemple, celui de Jacob Nielsen concernant le fait qu'avec "6 utilisateurs il est possible d'identifier 80 % des écueils d'un site". Malgré un battage médiatique intense, longtemps prise en référence, cette "règle d'or" est depuis quelques années battue en brèche faute, là encore, d'un fondement scientifique et surtout pour des raisons aussi pragmatiques que : Quantifier un seuil de 80 % signifie que le seuil de 100 % est connu de manière précise. Cela induirait d'être en mesure de recenser, selon une approche qui reste à définir, de manière exhaustive tous les écueils d'une page, dans un site, au regard de l'énorme diversité des visiteurs ciblés. "Qui de la poule ou de l'oeuf est le premier" : la tentative de modélisation, avec des échantillons aussi faibles, forcément réductrice de la complexité des interactions utilisateurs sur un site, n'est-elle pas la conséquence du fait que, faute de matière première fiable issue des utilisateurs, et statistiquement valide à la source, il faut se contenter de ce que l'on a ? Enfin, et non des moindres, au-delà des remises en question de plus en plus fréquentes des méthodes d'études marketing traditionnelles pour le media Internet, les directions opérationnelles ont un recul d'expérience qui leur permet d'identifier factuellement les limites de telles règles pour leur projet et parfois l'impact déceptif que les enseignements obtenus ont pu avoir. Internet : un marché complexifié par sa structure virtuelle et par sa dimension interactive VOS REACTIONS, VOS COMMENTAIRES
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