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 LA TRIBUNE DE GERARD HAAS 
Le Conseil d’Etat rejette la demande de suspension du Fichier Edvige
Le Conseil d'Etat a jugé inutile de suspendre le fichier policier Edvige. Mais cette requête devant le Conseil d'Etat n'aura pas été inutile car cela presse le gouvernement à publier un décret d'abrogation.
(30/10/2008)
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Tout d'abord, rappelons que plusieurs requérants avaient saisi le juge des référés du Conseil d'Etat de demandes afin que soit ordonnée la suspension de l'exécution du décret n° 2008-632 du 27 juin 2008 portant création d'un traitement automatisé de données à caractère personnel dénommé "Edvige" (pour '"Exploitation Documentaire et Valorisation de l'Information GEnérale").  Ils soutenaient  notamment que :

-         la condition d'urgence est remplie dès lors que, malgré la préparation d'un nouveau décret, le décret contesté n'a pas été retiré ;

-        le projet de nouveau décret ne prévoit pas son abrogation  et ainsi le décret contesté demeure applicable ;

-        il porte atteinte aux droits d'information, de rectification et d'accès aux données, méconnaissant ainsi les dispositions de la convention pour la protection des personnes à l'égard du traitement automatisé des données à caractère personnel

-        il méconnaît les dispositions de la loi du 6 janvier 1978, notamment ses articles 6 et 8 ;

-        il porte atteinte au droit au respect de la vie privée, méconnaissant l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Ensuite, précisons qu'aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : "Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision."

Par conséquent, cette condition d'urgence est satisfaite lorsque l'exécution de l'acte dont la suspension est demandée porte préjudice de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. L'urgence s'apprécie à la date à laquelle le juge des référés se prononce.

En l'espèce, le gouvernement s'est engagé à abroger le fichier controversé et indique qu'une nouvelle version est actuellement à l'examen devant la CNIL et le Conseil d'Etat.

Dans ces conditions, le juge a considéré que la demande de suspension ne remplissait pas les conditions d'urgence propres à la procédure en référé. Et, c'est pourquoi, par une ordonnance du 29 octobre 2008, il a rejeté les requêtes au motif que la condition d'urgence exigée par le code de justice administrative n'était pas remplie.  

Enfin, observons pourtant qu'au delà, du prétoire, le décret d'abrogation tarde à paraître, en effet, sans abrogation officielle, les données dites "sensibles", telles que les informations sur la santé ou l'orientation sexuelle, continuent toujours d'être collectées par les services de police pour être  ensuite archivées et stockées.

En définitive, on peut concevoir que cette requête devant le Conseil d'Etat n'aura pas été inutile car cela presse le gouvernement à publier un décret d'abrogation.

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VOS REACTIONS, VOS COMMENTAIRES 

Le Conseil d’Etat rejette la demande de suspension du Fichier Edvige

  (XB)

Bonjour
Je prends connaissance de votre texte. J'ai l'impression d'avoir compris mais je n'en suis absolument pas certain. Je ne suis pas juriste et c'est le cas de la majorité des internautes. Il aurait été, à mon avis, utile de vulgariser un peu plus le texte qui reste pour moi du patois d'expert.

Ce que je comprends c'est que le conseil d'état refuse de vraiment prendre parti pour ne froisser personne, et surtout pas le gouvernement. Il s'en tire par une pirouette juridique sur l'urgence ou pas l'urgence et ne juge rien sur le fond. Cela laisse le champs libre à l'état pour appliquer un texte liberticide.

Mais cela peut-être ne pouvez-vous pas le dire :)

Bien cordialement (04/11/2008)

Le Conseil d’Etat rejette la demande de suspension du Fichier Edvige

  (Gérard HAAS)

Non, le Conseil d'Etat ne fait qu'appliquer le droit lorsqu'une demande est mal dirigée, il est obligé de répondre en droit à une question de droit... Concrètement, il n'y avait plus d'urgence... mais il reste d'autres voies que le référé pour contester en droit le fichier Edvige. (07/11/2008)

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