Les raisons de l’explosion du marché du cashback dans le monde

Comment expliquer l'intêret de Microsoft et de Yahoo pour ces nouveaux modèles ? Pourquoi ces services ne sont-ils pas que de simples boosters du pouvoir d'achat des Internautes ?

Le basculement des annonceurs vers un modèle économique performant et durable
 
Les sites classiques de cashback et de bons de réduction, bien que relativement peu connus du grand public jusqu'à aujourd'hui, sont déjà dans le top 20 e-commerce en France et au Royaume-Uni. Aux Etats-Unis, Upromise a déjà plus de six millions d'inscrits.Microsoft, qui propose un système de cash back sur son moteur de recherche Live Search aux USA, et Yahoo, ont compris l'avantage de ce genre de modèle, conscients que la fidélisation des acheteurs finaux en grand nombre est très rentable, en parallèle de la course à l'audience qui est par nature très volatile sur le Web.

Le basculement stratégique des annonceurs et des marchands vers les modèles à la performance (coût par actions ou achats, et non à l'affiché) tend à confirmer le bien-fondé de ces modèles avec des sociétés de cash back en très forte croissance de revenus. D'après une estimation iGraal, 5% des ventes en ligne au niveau mondial s'effectuent avec des systèmes de cash-back, bons de réductions ou système de points. Outre-Atlantique, l'engouement pour ce nouveau type de modèle économique se fait sentir avec le rachat de l'acteur Doubleclick par Google pour un montant de 3 milliards de dollars et la plate-forme d'affiliation Tradedoubler qui a refusé une offre de 1 milliard de dollars provenant d'AOL.
 
Le cercle vertueux du cash back
 
On voit donc apparaître de plus en plus de nouveaux modèles économiques basés sur la performance, tel que le propose les sites de cash-back.

Plus qu'une mode, il s'agit d'un mouvement de fond qui a trois atouts majeurs : les acheteurs sont eux-mêmes rémunérés sur leurs achats, les sites marchands paient seulement lors de la vente d'un produit/service, et l'éditeur de service fidélise une communauté d'acheteurs. C'est sur ces atouts qu'est bâti le modèle économique des services de cash-back. Le "cash-back model" est un business model où la commission sur vente payée par le marchand au service de cash back est reversée au consommateur, créant ainsi un cercle vertueux.

Comme le marchand ne paie une commission que si la vente a lieu, le risque sur les coûts marketing est diminué. D'ailleurs la surenchère actuelle des liens sponsorisés de Google pose un problème de coût et de trésorerie aux marchands et trouvent dans ce type de modèles une alternative extrêmement intéressante pour eux.
 
La redistribution de la création de valeur aux consommateurs favorise le pouvoir d'achat
 
Dans un contexte difficile, on assiste logiquement à une explosion du nombre d'internautes malins désireux d'acheter moins cher et de profiter de bonnes affaires sur Internet.  Entre 5 et 10 millions de personnes en Europe achètent sur Internet en utilisant des bons de réductions ou des programmes de fidélité rewards (cash, points). Par conséquent, les marques et les marchands passent d'un modèle de soldes ponctuelles à des opérations rapides de gros volume (codes promo, bons de réduction, ventes flash...) tout au long de l'année pour correspondre à ces envies de bonnes affaires, tout en réduisant les risques de surplus de stocks.

L'arrivée de ces nouveaux modèles est donc bénéfique pour tous : la redistribution de la création de valeur aux consommateurs favorise le pouvoir d'achat, qui comme toujours reste le principal indicateur de santé de l'économie mondiale. Et en ces temps difficiles, il serait dommage de s'en priver...

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