L'Institution des courses est-elle préparée à l'ouverture du marché ?

A la question de savoir si le projet de loi présenté le 5 mars par Eric Woerth est bon pour l'institution des courses, je serais tenté de répondre oui et non.

Un projet de loi trompeur pour les courses ?

A la question de savoir si le projet de loi présenté le 5 mars par Eric Woerth est bon pour l'institution des courses, je serais tenté de répondre oui et non.
Oui parce que  la baisse de la fiscalité qui, rapportée aux paris en dur, représente près de 500 millions de marge supplémentaire est une excellente nouvelle pour les finances des courses.
NON parce que  le projet de loi présenté par Eric Woerth qui impose une fiscalité quasi dissuasive sur les courses pourrait aussi créer certains dangers pour les courses.
 
D'abord le risque de voir les nouveaux opérateurs se cantonner aux paris sportifs, plus intéressants financièrement, captant et fidélisant la clientèle Internet par leur agressivité marketing. J'en veux pour preuves les accords de création d'émissions foot déjà signés par RTL et la Française des Jeux, par Unibet et RMC,  tous portant sur les paris sportifs, mais aussi la première et spectaculaire publicité de BetClic sur une demi-page dans le Figaro du 23 avril.

Ensuite le risque que les opérateurs, à la recherche de rentabilité, poursuivent la France à Bruxelles pour exiger que la Commission étende l'ouverture au réseau "en dur"
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Et enfin, le risque de voir certains opérateurs poursuivre tout simplement leurs activités comme ils le font aujourd'hui, sans solliciter de licences françaises.

Les courses sont-elles préparées à l'ouverture de ce marché sur Internet?

Il y a une très grande différence dans l'approche de cette ouverture vécue par l'institution des courses et par les fédérations sportives concernées principalement le foot et le tennis. Ces différences sont évidemment historiques, structurelles et conjoncturelles. Je ne suis pas certain que les principaux dirigeants des courses connaissent assez en profondeur le marché d'Internet, sur lequel va se jouer l'ouverture des paris.

J'ai en même temps le fort sentiment que dans les courses on parle souvent des opérateurs de paris étrangers ou franco-étrangers sans les avoir rencontrés et sans les placer en position de futurs partenaires. Pourtant, ils seront demain les acteurs du développement du chiffre d'affaires de toute la filière. Ils participeront, comme le PMU, à créer de la croissance dans  l'univers des courses. Dans la mesure ou nous avons une obligation d'ouvrir ce marché à la concurrence, obligation imposée par l'Union Européenne, il convient d'essayer d'en tirer le bénéfice maximum.

 

Comment les courses doivent-elles aborder ce nouveau challenge ?

Plusieurs grandes questions ne sont pas encore tranchées : Les courses doivent-elles proposer du pari sportif ? Si oui, doivent-elles le faire elles-mêmes ou en confier la responsabilité au PMU ? Si la seconde solution est retenue, le PMU doit-il le faire sous son nom ou sous une autre marque, seul ou accompagné ? Sur ces points, diverses tendances s'affrontent. Il va pourtant falloir trancher et rapidement !

 

L'avenir des courses est au pluri-média

L'annonce faite par Canal+ de ne pas renouveler son contrat avec les sociétés de courses pour la diffusion quotidienne du Quinté+ peut être un facteur très positif, en permettant aux courses de revenir sur une grande chaîne nationale et de construire une diffusion pluri-média comme le football a su le faire au début des années 2000. Dans les années qui viennent, la télévision numérique, Internet et la téléphonie mobile sont des relais de notoriété et de croissance essentiels.

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