Les acteurs du mobile refondent l’écosystème d’Internet

Avec l'avènement des smartphones, l’Internet mobile a connu un grand essor et s'installe dans le quotidien des Français. La convergence fixe / mobile s'est instaurée pour créer un Internet unique

Dans le cadre d'une récente étude, l'IDATE souligne que les Français, et notamment les 7,3 millions de détenteurs de smartphones, sont devenus de véritables "mobinautes". Ce constat transparaît clairement à travers l'analyse des dépenses de téléphonie mobile. 2009 a été l'année du rééquilibrage en faveur des services dits "data". Le poids de la voix a en effet diminué de 6,3% en 2009, alors que l'ensemble des services liés à la donnée (SMS, Internet mobile, applications...) générait une croissance de 8%.

 

La révolution iPhone et, plus généralement, l'avènement des smartphones a permis à l'internet mobile de prendre son essor pour s'installer dans le quotidien des Français. Ce faisant, cette nouvelle génération de téléphones a fortement accéléré la convergence fixe / mobile vers l'instauration d'un Internet unique, dont l'accès se fait aujourd'hui à partir d'un PC ou via un réseau mobile. On assiste d'ailleurs déjà à un mélange des genres : le montant total de facturations effectué via le service Internet +, en forte croissance ces dernières années, est réalisé pour plus de 50% par les éditeurs issus du mobile.

 

Or, la convergence à laquelle nous assistons aujourd'hui n'est pas seulement technologique. Elle concerne les usages, les services proposés et, par conséquent, les modèles économiques mis en place pour monétiser l'audience. En effet, jusqu'à récemment, les écosystèmes reposaient sur deux logiques différentes :

-       l'Internet fixe s'est développé en s'appuyant sur une offre de contenu éditorial gratuite financée par la présence de multiples annonceurs. La crise économique que nous venons de traverser a cependant montré les limites de ce modèle, et beaucoup aujourd'hui sont à la recherche de nouvelles sources de revenus, à commencer par des secteurs tels que la presse, la musique, la vidéo...   

-       les services mobiles se sont dès le départ reposés sur une logique payante, instaurant la notion de "freemium", appliquée de plus en plus souvent à l'abonnement. C'est sur cette logique que se sont développés les portails des opérateurs mobiles qui très rapidement se sont avérés rentables. Ce modèle a aujourd'hui atteint  une réelle maturité et a fait ses preuves, à commencer dans le secteur des loisirs numériques.

 

Aujourd'hui, il n'existe plus de distinction nette entre les univers fixe et mobile. La crise économique et les effets de la convergence ont stimulé la mise en place d'un nouvel écosystème s'inspirant largement du mobile pour pallier la chute des revenus publicitaires. Ainsi, de plus en plus de sites web adoptent le principe de "freemium", instaurant des offres de biens et de services packagées aisément facturables car totalement adaptées aux attentes et aux besoins des consommateurs.

Ceci suppose néanmoins la maîtrise de deux expertises clés : savoir reconnaître et gérer les multiples formats de terminaux en circulation, qu'ils soient fixes ou mobiles, afin que le contenu soit délivré de la façon la plus adaptée. De plus, il est nécessaire d'avoir une réelle maîtrise de l'ensemble des modes de facturation pour faciliter la transaction et ainsi vendre de la façon la plus adéquate possible le contenu proposé. Pour que ce système fonctionne, il faut en effet que l'expérience du consommateur soit la plus fluide possible, notamment au moment du paiement, tout en s'assurant de sa pleine satisfaction.

  

Il est alors possible non seulement de générer et de gérer l'audience des services Internet mais également d'optimiser leur monétisation. Dans ces domaines, les acteurs de l'univers mobile ont tous les atouts en main pour jouer un rôle de premier plan dans la redéfinition de l'écosystème Internet. Ils ont depuis quelques années développé les compétences nécessaires pour optimiser la navigation et l'expérience de chaque "mobinaute", en augmentant le revenu généré par ce dernier, qu'il provienne de la publicité, d'offres de contenu payante ou d'un mix de ces deux solutions.

Par ailleurs, les Google, autre Apple et constructeurs mobiles tels que Nokia et Samsung, ne s'y sont pas trompés dans leur volonté d'acquérir ces compétences à travers la vente premium de contenus ou services. Au travers de ces outils de monétisation d'audience et en s'affranchissant des contraintes techniques liées au réseau d'accès, ils disposent ainsi des savoir-faire nécessaires pour redéfinir le futur d'Internet et de son économie.

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