Ecueils et atouts du tchat politique

Comment les politiques peuvent-ils faire du tchat un atout de communication ? Quelles sont les erreurs à éviter et les solutions à privilégier ?

Aujourd'hui, la sphère Internet ne se résume plus seulement aux sites institutionnels. Les élus peuvent dialoguer avec leurs concitoyens grâce au blog mais aussi au tchat (de l'anglais to chat) qui permet à une personne d'échanger avec plusieurs autres. L'outil présente l'intérêt de répondre publiquement à questions qui intéressent un large public et de conserver durablement une trace écrite des réponses.

Faut-il opter pour la vidéo ?
Certains tchats empruntent un format vidéo. Si ce choix peut augmenter l'impact du message, il présente aussi toutes les contraintes liées à une retransmission en direct et à un image généralement fixe. Sauf à être un habitué des plateaux télé, l'élu aura donc intérêt à opter pour un format de discussion écrit, où les internautes rédigent leur question dans une fenêtre en ligne et voient les échanges précédents. Cette option retenue par la majorité des tchats permet, qui plus est, de concevoir des réponses en s'entourant de tous les avis nécessaires.

Quelle est la bonne périodicité ?
La plupart des tchats adoptent une périodicité, en général mensuelle, afin d'instaurer un « rendez-vous » entre l'élu et ses concitoyens. Toutefois, cette formule peut rapidement s'essouffler en tournant toujours autour des mêmes sujets (propreté, insécurité, nuisances...). La périodicité n'est donc pas le facteur essentiel de réussite. Elle peut même rapidement devenir contraignante et sans intérêt. En fait, seule l'approche thématique (qui consiste à choisir un sujet de discussion et un seul) est en mesure de garantir la qualité des débats.

Quel(s) thème(s) aborder ?
Il peut s'agir de thèmes de « fond », tels que l'aménagement urbain, la petite enfance ou les seniors, ou bien un thème plus « ponctuel », comme un évènement sportif ou un projet de ville. Ce zoom sur un sujet particulier engage une discussion plus intéressante tout en permettant de faire le « tour du sujet » en seulement 1 heure. C'est aussi pour cette raison que la présence d'un modérateur est nécessaire : il éludera les questions jugées trop personnelles ou non pertinentes pour le débat.

Faut-il coupler l'utilisation du tchat avec d'autres supports ?
Une synergie entre le tchat en ligne et un support écrit est fortement recommandée. Faire précéder un tchat d'une publication écrite a le mérite d'enrichir les débats, puisque les citoyens ont accès à des éléments de contexte qui vont leur permettre de mieux appréhender les enjeux qui seront abordés lors de l'échange en ligne. C'est pourquoi il est fortement recommandé de faire le point sur la question et d'annoncer la date du tchat dans un support écrit.

Un outil de dialogue qui n'en est qu'à ses débuts 
En France, l'utilisation du tchat par les élus reste marginale, alors qu'elle est plus répandue dans d'autres pays. Aux Etats-Unis, une expérience de tchat entre les membres du Congrès et leurs électeurs sur un thème précis (en l'occurence l'immigration) a permis de constater l'utilité de ce type de dialogue. A l'issue des discussions, les administrés déclaraient avoir mieux compris les enjeux du problème. Beaucoup disaient avoir changé d'avis sur la question discutée pour s'aligner sur la position de l'élu et une majorité se déclarait prête à renouveler l'expérience. 

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