Les paiements sur mobiles une solution de lutte contre la pauvreté ?

Le développement économique des pays en voie de développement (PVD) ne peut pas se faire sans l’accès à des services financiers. La démocratisation des paiements sur mobiles offre un début de solution.

La croissance économique des pays en voie de développement (PVD) est stimulée par le déploiement d'un système financier. En effet, l'accès au crédit influence de nombreux indicateurs du développement, comme la santé, la réduction des inégalités, la croissance des entreprises... En rendant l'allocation des ressources plus efficiente, il impacte la croissance économique.

 

Le système financier profite pleinement de la démocratisation des télécoms dans les PVD. Selon l'Union Internationale des Télécommunications, en 2009, 295 millions d'Africains possédaient un téléphone portable, soit 37,5% de la population africaine. En Afrique sub-saharienne, ce chiffre atteignait 31% en 2008 et s'élève à 58% aujourd'hui. Cette démocratisation des télécoms a permis de rendre les services de paiement et le crédit accessibles à tous, non seulement en faisant tomber la barrière du manque d'infrastructures mais aussi en rendant ces services moins chers, puisqu' étant en grande partie automatisé.

 

Si bien que le secteur des paiements sur mobiles est en pleine croissance dans les PVD. Même si les analystes n'arrivent pas toujours à se mettre d'accord : selon McKinsey, le marché mondial des paiements sur mobiles atteindrait les 5 milliards de dollars en 2012, alors que Gartner prévoit seulement un chiffre de 190 millions de dollars. Ce sont, quoi qu'ils en soient, des chiffres vertigineux. Autre donnée intéressante : en Afrique sub-saharienne, 200 millions d'abonnés mobile n'ont pas accès au crédit. En comptant une opération bancaire tous les 2 jours au prix d'un SMS à 0,05 dollar cela représente un revenu d'environ 1,82 milliards de dollars.

 

Les services des paiements sur mobiles en Afrique sub-saharienne sont du même niveau que ceux utilisés par les Occidentaux. Il est désormais possible pour les Africains travaillant en ville de transférer de l'argent à leur famille restée au village via un simple SMS. Le retrait aussi s'est vu simplifié : de nombreux marchands font office de distributeurs et échangent de l'argent liquide contre l'envoi d'un SMS créditant leur compte. Les femmes entrepreneurs, ont pu également ouvrir un compte afin de mieux gérer leur épargne. Sans compter qu'avoir un compte permet d'accéder à de nombreux services : emprunter à un taux plus faible que celui proposé par les "money-lenders" dans la rue, souscrire à une assurance, déposer une caution...

Selon Ineum Consulting, le développement des services de m paiement va se développer fortement sur une géographie nationale ou régionale, et venir booster le taux de pénétration mobile. Les transferts d'argent à l'international, pour répondre au besoin fort de partage au sein d'une diaspora, ne devrait pas connaître le même succès en ce que les restrictions règlementaires et politiques sont encore très contraignantes pour pallier au problème de fraude. Des stratégies de « corridor », permettant de sécuriser un service de transfert d'argent à l'international, commence cependant à voir le jour.

 

De nombreuses organisations à but lucratif et non lucratif ont compris ces enjeux. Ainsi, GSMA à lancé plusieurs projets tels que Mobile Money for the Unbanked, mHealth et mAgri pour mettre les télécoms au service du développement. Les télécoms pourraient donc bientôt représenter un outil essentiel et très puissant dans la lutte contre la pauvreté.

 

Samuel Brawerman, Times, consultant Ineum Consulting

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