Réseaux télécoms : la bonne capacité au bon moment. Mission impossible ?

D'ici la fin de l'année 2011, l'utilisateur consommera 20 giga-octets de données chaque mois. Comment les opérateurs télécoms peuvent faire face à l'explosion des données.

L'arrivée massive sur le marché de nouveaux services et de nouvelles applications a favorisé l'expansion des smartphones, des tablettes et des équipements mobiles, entraînant un passage de la voix vers le trafic de données. Par ailleurs, l'arrivée des nouveaux services haut débit, comme par exemple la télévision par internet (IPTV) et la vidéo à la demande (VoD), a poussé les fournisseurs de services à fournir davantage de capacité pour répondre à l'accroissement de la demande.
L'augmentation constante du taux de données consommées implique par conséquent une augmentation de la capacité du réseau. Selon les rapports industriels, d'ici la fin de l'année 2011, l'utilisateur consommera 20 giga-octets de données chaque mois, soit 40 fois plus que le taux mensuel actuel (500 mégaoctets).
Les fournisseurs de services voient ainsi l'opportunité d'accroître leurs revenus. Cependant, répondre à cette demande croissante n'est pas une chose aisée car il faut pouvoir assurer une certaine rentabilité. Afin de répondre à cette demande tout en maintenant les niveaux de services, il est nécessaire de planifier, gérer et déployer au mieux les capacités des réseaux. Quant au niveau de rentabilité, les fournisseurs de services doivent offrir le débit établi par le principe du juste à temps appliqué par l'industrie, pour l'atteindre.

La gestion du changement
Pour la plupart des opérateurs, le défi majeur réside dans l'adaptation des changements ad hoc conformément à leurs prévisions. Ainsi, les planificateurs réseau se doivent de :
  • S'accommoder des changements de dernière minute face à l'arrivée et à l'usage de nouveaux services
  • S'adapter aux budgets
  • Se familiariser avec les spécificités des équipements
  • Répondre aux fournisseurs sélectionnés
  • Gérer les problèmes techniques et opérationnels rencontrés lors de la phase de déploiement

    Nombre de ces changements ont un impact majeur, impliquant une nouvelle planification des réseaux, extrêmement consommateurs de temps et de ressources.
    Les opérateurs font la distinction entre les services « simples » et les services « complexes ». Les services simples ne nécessitent aucune modification des infrastructures réseau ou seulement quelques ajouts mineurs de capacité au réseau. Selon les planificateurs réseau, ces services (VOIP....) nécessitent tout au plus 12 semaines pour être lancés. Tandis que les services complexes exigent un changement majeur soit dans l'infrastructure réseau soit dans les systèmes de facturation ou de support client. Ainsi les services, tels que l'IPTV par exemple, nécessitent généralement plus de 12 mois  pour être fonctionnels.

    Sans la mise en place d'un système permettant de répondre rapidement et efficacement, les changements prévus et appropriés se révèlent chronophages et risquent de perturber le bon fonctionnement du service. Un fossé technologique existe entre, d'une part, l'arrivée de services nouvelle génération et d'autre part, la capacité du réseau à répondre à la demande de manière optimale.

    Le marketing vs la gestion des réseaux
    Historiquement, la gestion des réseaux était entre les mains de quelques talentueux experts gérant un domaine extrêmement technique. Il est difficile pour le service marketing et les autres membres de l'organisation de savoir si leurs services techniques ont mis en place la meilleure solution. L'instinct du planificateur est de mettre en place le plus de capacité réseau possible, et ceci pour éviter au maximum les plaintes des clients en cas de sous-capacité. Jusqu'à présent, la direction technique gérait le budget de déploiement réseau et s'appliquait à le mettre en place en respectant des critères qualitatifs élevés et dans les limites de ce budget.

    La donne a changé : c'est désormais le service  marketing qui s'occupe du business plan et qui en gère le budget. Ceci est du au fait que les opérateurs ne sont plus conduits par la technologie mais par l'écoute de la satisfaction client. C'est pourquoi le bon niveau de la capacité réseau devient un enjeu partagé aussi bien par la direction technique que marketing. Le service marketing a pour ambition de lancer le plus de services de nouvelle génération possibles afin de booster la compétitivité, accroître la clientèle et prévenir le risque de désabonnement. Cependant, les services techniques  ont du mal à faire face à un tel taux d'accroissement, les planificateurs réseau ne disposant pas des outils adéquats.

    Outils
    Afin d'adapter au mieux la capacité des réseaux à la demande, les fournisseurs de services ont besoin d'outils de planification et d'analyse leur permettant d'améliorer la gestion combinée de ce point par les départements marketing et techniques. Tous les opérateurs considèrent la vue en temps réel du taux d'utilisation du réseau, sa performance et sa consommation, comme un outil essentiel.
    Le réseau est vivant, dynamique et composé de millions de ressources. Le problème actuel pour les opérateurs réside dans le fait qu'ils n'ont pas une vue unifiée de toutes les ressources de leur réseau. Pour obtenir une tendance des consommations et utilisations, il faut alors collecter les données à partir de plusieurs systèmes.

    Les prévisions marketing, face aux modèles d'arrivée et d'utilisation des nouveaux services, sont critiques, voire problématiques, entraînant de fréquentes nouvelles planifications. La capacité à réaliser des analyses par simulation pour envisager différents scénarios est dans ce contexte particulièrement essentiel.
     
    Les outils disponibles proposent différents choix avec différentes ressources. Les planificateurs réseau analysent alors chaque outil individuellement, étudiant les impacts possibles sur les différentes parties du réseau. Puis, ils choisissent l'outil permettant une utilisation optimale du réseau, économique et peu consommatrice en ressources.

    Parfois, un investissement majeur peut avoir un impact minime sur la capacité du réseau tandis qu'un investissement plus restreint offrira un impact plus conséquent. Ainsi, une expansion onéreuse de la capacité peut impacter faiblement le service client, tandis qu'un investissement plus modeste pourrait avoir un impact plus grand, s'il n'était pas complété. Cela permet alors aux planificateurs réseau de faire des compromis afin d'optimiser les investissements par rapport au service client et à l'utilisation de la capacité. Le résultat : la capacité demandée au bon endroit et au bon moment.

    Conclusion
    L'industrie des télécoms fait face à une explosion du nombre de service et du volume de trafic généré par ces derniers. Cependant, la gestion des réseaux demeure difficile, du fait de la nature incertaine des nouveaux services, mais également du fait des changements constants et rapides des prévisions, des contraintes et des technologies déployées, même une fois la phase de déploiement entamée. Accroître constamment la capacité des réseaux n'est pas une solution à long terme.

    La gestion des réseaux liée à ces nouveaux services nécessite une nouvelle collaboration entre les services marketing et techniques.

    Les nouveaux outils réduisent de façon drastique le temps et les efforts nécessaires à la mise sur le marché de nouveaux services, tout en offrant davantage de possibilités aux fournisseurs de services pour faire face à la concurrence.

    De tels outils permettent aux fournisseurs de services d'utiliser au mieux les ressources existantes et de n'ajouter que la capacité nécessaire, si besoin est.  Cette mesure permet de réduire de façon importante le capital et les dépenses d'exploitation. Enfin, offrir davantage de capacité de façon plus précise, efficace et rentable permet aux fournisseurs de services de réduire le délai de commercialisation de leurs produits afin de protéger leur position face à la concurrence.
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