Suppression de Google Health et Powermeter : fin d'une beta ou échec d'un modèle ?

Google a décidé de supprimer deux de ces services d'agrégation des données de consommation du particulier. Quels sont les enseignements que nous pouvons en tirer?

Google annonçait vendredi 24 juin dernier qu'il mettait fin à deux de ces services en ligne dédiés à l'agrégation des données du particulier.

Le premier, Google Health avait pour finalité de stocker et communiquer des données médicales personnelles.

Le second, PowerMeter, permettait de faire un relevé de sa consommation personnelle d'électricité.

Les deux services étaient fondés "sur l'idée qu'avec des informations plus complètes et meilleurs, les gens pourraient faire des choix plus intelligents, que ce soit pour gérer leur santé et leur bien être personnels ou pour économiser de l'argent et de l'énergie à la maison".

Ces concepts développés par Google font référence à la notion de Vendor Relationship Management (VRM), théorie développée notamment depuis 2006, par les chercheurs d'Harvard (http://cyber.law.harvard.edu/projectvrm/Main_Page).

Le VRM (Vendor Relationship Management) est un concept novateur qui tend à replacer le particulier consommateur au centre des mutations de la société numérique, en lui redonnant l'autonomie et l'initiative dans ses choix de consommation.

Le VRM ambitionne d'équiper le particulier d'outils de pilotage de sa relation avec ses vendeurs, lui permettant ainsi de rassembler toutes ses informations, dont ses propres données de consommation, afin d'interagir avec eux dans une relation plus saine et plus équilibrée.

L'erreur de Google a peut-être été de proposer un tel service axé sur un domaine trop restreint en ne proposant aux consommateurs qu'un service vertical hyperspécialisé (soit pour les données relatives uniquement à la santé ou à l'énergie).

L'idée reste excellente, comme toute initiative qui permet au consommateur de récupérer un peu d'autonomie dans la gestion de sa vie quotidienne (administrative, commerciale...). Mais Google a oublié une étape intermédiaire de création d'une plateforme beaucoup plus généraliste proposant une vision certes moins experte mais plus complète.

Cependant le grand public a besoin d'acteurs généralistes qui proposent une vision complète (donc horizontale) de leur consommation.

Aujourd'hui, les plateformes Adminium, Homebubble ou encore Digiposte se proposent d'être ces accompagnateurs de la consommation quotidienne des particuliers. Toutes les informations relatives à la consommation du particulier, de quelque nature qu'elles soient, sont centralisées au sein d'un espace unique dédiée entièrement aux particuliers.

Ces sociétés ont d'ailleurs intégré ce que ne proposait pas Google, à savoir l'alimentation automatique des espaces: le consommateur a désormais un accès facile et efficace à ses factures (adieu la multiplication des login et mots de passe, le ciblage publicitaire incessant...).

Selon nous, Google a eu raison mais peut-être un peu tôt. Les services spécialisés (santé, énergie, banques...) ont besoin d'une plateforme "généraliste" pour accrocher l'intérêt du consommateur. Il s'agit donc a priori de la fin d'une beta dont la version consolidée ne pourra voir le jour que lorsque la première brique du VRM sera définitivement bâtie (cf. www.leblogduvrm.com).

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