La m-santé : quelles opportunités concrètes ?

La santé mobile, la m-santé ou « mHealth », est une expression piège qui recouvre une grande diversité de produits & services.Les acteurs doivent-ils investir sans délai ou faut-il attendre de voir évoluer les politiques, les technologies et les stratégies des différentes parties prenantes ?

La santé mobile, la m-santé ou « mHealth », est une expression piège qui recouvre en réalité une grande diversité de produits et services : des lecteurs de glycémie aux applications de remise en forme sur Internet, en passant par les réseaux de professionnels de santé dispersés qui élaborent et mettent en œuvre des protocoles de soins journaliers pour les patients souffrant d’affections chroniques. Aujourd’hui, la santé mobile se traduit par une gestion du parcours de santé optimisée pour l’usager, tout en offrant des opportunités concrètes à l’ensemble du secteur. D'après les études Accenture, les produits et services de santé mobile pourraient répondre à deux objectifs importants : dispenser des soins de qualité et réduire les coûts, notamment ceux liés au traitement des maladies chroniques. Les acteurs doivent-ils massivement investir sans délai ou vaut-il mieux attendre de voir évoluer les politiques, les technologies et les stratégies des uns et des autres ? Quels sont les choix les plus pertinents compte tenu du rôle incontournable des laboratoires pharmaceutiques dans l'amélioration de la santé des patients et de la nécessité de trouver de nouveaux relais de croissance pour les principales parties prenantes ?
En quoi les nouvelles technologies peuvent-elles améliorer la qualité des soins ?
 L’essor des smartphones et des tablettes numériques a permis de mettre le sujet de l’e-santé mobile sur le devant de la scène : applications mobiles ou en ligne, réseaux communautaires de médecins, dispositifs médicaux communicants...La m-santé permet plus spécifiquement une gestion optimisée du parcours de santé du patient, au sein ou à l’extérieur d’un établissement de santé. Et de nombreux acteurs s’impliquent et investissent déjà de manière significative, faisant naître des partenariats drainant des fonds substantiels qui vont permettre de cibler de plus vastes segments d’usagers. L’évolution du financement de la santé, l’omniprésence des technologies mobiles et l’état actuel du marché de la santé sont autant de facteurs qui ouvrent des perspectives pour ce nouveau marché. Les nouvelles technologies vont contribuer à améliorer la santé des patients en répondant également aux problèmes de coûts posés notamment par les traitements des maladies chroniques.
Plusieurs facteurs concourent aujourd’hui à faire émerger la santé mobile, à commencer par le vieillissement de la population, qui oblige à repenser la prestation des soins de santé, en particulier pour les malades chroniques. Aux Etats-Unis par exemple, 86 % des plus de 65 ans présentent au moins une affection chronique (diabète, insuffisance cardiovasculaire, maladie respiratoire obstructive chronique, asthme, cancer ou arthrite), et la majorité d’entre eux plus d’une. Le traitement de ces pathologies représente trois-quarts des dépenses de santé du pays.
Un autre facteur est lié aux inconvénients générés par des soins dispensés de manière épisodique et aux remboursements à l’acte : les patients retardent le moment de consulter jusqu’à ce que leur qualité de vie en pâtisse et/ou que la gravité des symptômes, en limitant les possibilités thérapeutiques, impose des traitements plus coûteux et plus invasifs.
Des études récentes pointent également du doigt l’inobservance thérapeutique des patients. Une enquête de l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA) auprès de patients ayant séjourné à l’hôpital montre que 73 % n’ont pas pris au moins l’un des médicaments prescrits à leur sortie, et que seuls 32 % ont respecté la totalité de leur traitement, d’où des « délais de rétablissement plus longs, des complications et des réadmissions coûteuses. ».
De même, laisser les patients souffrant de pathologies chroniques, comme le diabète, évaluer eux-mêmes la nécessité d'adapter leur traitement n’est pas toujours très probant. Un article récent du New England Journal of Medicine (NEJM) fait état d’un contrôle de la glycémie beaucoup plus efficace chez les diabétiques de type 1 équipés de systèmes de mesure en continu du glucose que chez les patients pratiquant une autosurveillance standard. Des résultats comparables à ceux obtenus par le Nationwide Children’s Hospital dans l’Ohio, à l’issue d’une initiative consistant à envoyer un SMS aux jeunes diabétiques afin de leur rappeler de prendre leur traitement : en l’espace de trois mois, les taux d’HbA1c relevés sont passés de 11 % en moyenne à 9 %.

A suivre… Quelles évolutions pour le secteur de la santé mobile ?

Sources :

Centers for Disease Control and Prevention. National Health Interview Survey. 2008. www.cdc.gov/nchs/health_policy/adult_chronic_conditions.htm

Beers MH, Sliwkowski J, Brooks J.  Compliance with medication orders among the elderly after hospital discharge. Hospital Formulary. 1992; (27(7): 720-724.

MobiHealthNews. Texting improves Type 1 Diabetes Adherence. 10 août 2010. http://mobihealthnews.com/8599/texting-imrpoves-type-1-diabetes-adherence/

Etudes santé Accenture : http://www.accenture.com/us-en/industry/health/Pages/health-index.aspx

http://www.accenture.com/us-en/industry/life-sciences/Pages/index.aspx?tab=3#PA_Click

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