Rakuten dépoussière PriceMinister

Quand en 2010, le PDG de PriceMinister, Pierre Kosciusko-Morizet annonce la vente de la Marketplace franco-française au nippon Rakuten, un sentiment partagé, voire mitigé, a traversé l’esprit de nombreux professionnels. A l’aube de 2012, ce choix apparaît stratégique et synonyme de réussite.

Que vient faire un japonais dans une entreprise faiblement internationalisée et qui, par ailleurs, est fortement concurrencée sur son marché domestique ?

Bien que dynamique et apprécié des internautes, PriceMinister restait l’éternel outsider du duo eBay-Amazon et commençait à sentir le souffle chaud de Fnac qui pouvait s’enorgueillir du lancement réussi de sa Marketplace. Son modèle de pureplayer, ne vendant rien d’autres que de l’intermédiation acheteur-vendeur, commençait à souffrir.
Et pourtant, ce fut un des critères de choix de Rakuten. En dépensant 200 millions d’euros, le jeune président Hiroshi Mikitani fit de PriceMinister son premier investissement en Europe en vue d’atteindre l’objectif affiché par le groupe nippon : devenir la première société d'e-commerce du monde.
Handicapé par un premier semestre 2011 placé sous le signe du drame de Fukushima, Price (comme le surnomme les intimes) semblait devoir finir 2011 en faisant le dos rond.
Force est de dire qu’en ce dernier mois de l’année, c’est un tout autre visage que nous offre le site.
Embauches, Transparence financière, Asakaï (réunions chaque lundi avec tous les employés), SuperBoutiques, Applications mobiles pour les vendeurs et Déménagement dans le quartier Montorgueil... Les innovations sont de mises !
Faire partie de la galaxie Rakuten prend désormais tout son sens.
Bien que petit en terme de CA (40 millions d’euros pour PriceMinister contre 2,7 milliards pour Rakuten en 2009), Price a désormais sa carte à jouer et côtoie de belles réussites du web acquises par RAkuten au cours des 18 derniers mois : Buy.com aux États-Unis, Play.com au Royaume Uni, Tradoria en Allemagne, Ikeda au Brésil et Ozon en Russie (participation).
Coté français, le ménage a été fait
: les marques non stratégiques, car trop axées sur les marchés locaux, ont été cédées (AvendreAlouer.fr ou Mixad par exemple) et les sites peu performants ont été rapprochés d'autres enseignes plus dynamiques du groupe (priceminister.co.uk a fermé au profit de play.com). Seul « anomalie », VoyagerMoinsCher.com a été conservée car considérée comme internationalisable avec les autres activités voyage de Rakuten.
Autres virages importants dans le métier de la Marketplace : désormais les emarchands professionnels sont le cœur de cible du business model.
Et Price leur sort le grand jeu :

  • Ouverture des SuperBoutiques,
  • Universités de formation dédiée,
  • Création des SuperPoints,
  • Lancement des SuperBonsPlans
  • Applications mobiles basées sur le scanning des codes barres.

L’enjeu et le challenge sont de taille car avec 20.000 vendeurs professionnels, le site est en retard sur ses concurrents (eBay annoncent plus de 80.000 comptes professionnels) et le CA réalisé par l’activité de ces vendeurs est très inférieur à celui généré par les particuliers.
Rakuten apporte encore une fois sa touche avec l’arrivée en juin dernier de 5 boutiques japonaise issues directement de Rakuten Ichiba, le « site amiral » du groupe.
PriceMinister entre dans une nouvelle ère
. Le trafic Internet étant toujours au rendez vous (plus de 7,7 millions au 2ème trimestre... devant Fnac, Groupon et Cdiscount), le site compte à présent sur le partage d’expérience entre enseignes du groupe pour accélérer les synergies.
Tout cela laisse présager une année 2012 extrêmement dense et passionnante pour le désormais franco-japonais.

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