D'ici fin 2012, tous les sites Internet de la sphère publique devront être accessibles aux handicapés

La France est très en retard en ce qui concerne la possibilité pour une personne mal ou non-voyante, sourde ou malentendante de lire un document ou suivre une conversation au téléphonique ou sur le Net. Quelles sont les perspectives ? Et les obstacles à surmonter ?

La crise des marchés financiers et l’atonie ambiante de nos économies occidentales nous ont fait oublier un temps qu’en lisière des mutations économiques se profilaient donc pour 2012 de réels relais de croissance sous l’auspice des « chantiers de l’accessibilité ».  Au cœur de ces chantiers, innovations et technologies d’accès à distance, mais également nouveaux métiers, parfois inconnus il y a une dizaine d’année.
On estime aujourd’hui qu’en France, 10% de la population est confronté à des niveaux divers à un problème d’audition.
La France compte également
61.000 non-voyants pour 200.000 malvoyants environ. Le recul de la mortalité moyenne et les nouvelles pratiques nées de l’apparition des loisirs numériques risquent de creuser ces chiffres dans l’avenir.
Toutes les démarches administratives en ligne qui simplifient la vie des utilisateurs valides ne leur sont pas autorisées faute du respect de la norme.
Mais en février 2005 la loi sur le handicap (sur l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées) est votée.
Elle aborde un certain nombre de thèmes dont celui de l’accessibilité qui oblige tous les établissements recevant du public à se mettre en conformité (par exemple mettre en place des rampes d’accès). Le décret du 14 mai 2009 prévoit à l’échéance de 2012 l’accessibilité à TOUS des collectivités territoriales et des établissements publics qui en dépendent, ainsi qu’à leurs services de communication en ligne (téléphone, Internet). D’ici 2015 c’est l’ensemble des services à distance qui devront se mettre à niveau.
Les entreprises vont emboîter le pas aux administrations, services publics et collectivités en raison du respect souhaité des obligations dictées par la RSE sous la pression de leur personnel mais également de leurs partenaires, investisseurs, actionnaires et surtout clients.
Aujourd’hui, au cœur de la stratégie, notamment de l’entreprise, la Responsabilité  Sociétale devient  un véritable indicateur de performance et de différenciation. La prise en compte de la Diversité, dans cette logique de valeur, prend ici tout son sens.
Un premier niveau de mise à jour a déjà concerné à partir de 2009 la mise à niveau des standards permettant d’accéder aux services web.
Dans le cadre de cette mise en conformité, les standards d’accessibilité français ont été abandonnés au profit de la norme Internationale (WAI) permettant aux personnes touchées par un handicap d’utiliser les outils informatiques
En 2012, vont démarrer les premiers projets de mise en place des services d’accessibilité facilitant la prise de contact des usagers sourds ou non-voyants avec une administration ou service clients.
Ces services reposent entre autre sur des plateforme de technologies et de services qui délivrent par exemple des prestations de Transcription Instantanée de la Parole et de visio-interprétation en Langue des Signes. Ils permettent la totale autonomie dans la communication des personnes entendantes et sourdes (téléphone, réunion, formation, entretien…). Cette nouvelle étape va engendrer le recrutement et donc la formation d’opérateurs qui pour beaucoup vont inaugurer de nouvelles professions.
Dans le cadre de l’apparition de ces nouvelles compétences, les acteurs de la filière doivent toutefois faire face à plusieurs freins liés aux différents systèmes en place :
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Les nouveaux métiers ne disposent pas encore d’une codification officielle ce qui les place en dehors du circuit de l’enseignement, l’emploi et la formation.
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les caisses gérées par les acteurs de la formation professionnelle ne financent pas pour l’instant les  cursus permettant de préparer à ces nouveaux métiers
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les pouvoirs publics sont tentés en période de crise de décaler le calendrier d’application du décret de 2009, afin d’alléger le poids des finances publiques.
Alors que notre pays s’interroge sur la conduite à tenir face à la crise et sur le futur de son industrie et de son économie et que la société semble aller vers plus de considération envers ses plus fragiles, nous nous trouvons à la croisée de chemins qui si ils se rejoignent pourraient aider notre pays à évoluer économiquement et professionnellement en orientant ses choix vers des activités vertueuses et également génératrice de valeur ajoutée.

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