Faut-il redéfinir le concept de vie privée ?

La puissance de calcul informatique désormais disponible et les algorithmes de corrélation ont eu raison de notre anonymat sur Internet. Faut-il craindre pour nos libertés ou se féliciter de la généralisation de la transparence ?

La puissance de calcul informatique désormais disponible et les algorithmes de corrélation ont eu raison de notre anonymat sur internet. La mise en relation de toutes les informations collectées sur la toile, pour une personne donnée, permet non seulement de lui réattribuer  des publications anonymement publiées, de déduire le choix probable de ses mots de passe mais également de prédire ses intentions dans la plupart des domaines avec une fiabilité quasi parfaite.

Bienvenu dans "l'open book World", un monde prévisible et sans secret !

Inutile de nous plaindre ou de nous réjouir de cet état de fait, l'avènement de ce monde est inéluctable.
Convaincu d'être anonyme derrière un avatar ou un pseudonyme ? Ces remparts éphémères voleront en éclat à la première requête relative à votre identité.Vous pensez protéger votre intimité en boudant les réseaux sociaux ? Les organismes publics dont vous dépendez, vos pourvoyeurs d'énergie, de telecoms, vos sites marchands préférés et tous vos fournisseurs de services alimentent la sphère Big Data et se chargent de compléter votre profil.

Le vieil adage "pour vivre heureux, vivons caché" est un fossile du siècle dernier. Désormais, pour vivre heureux, il faudra supporter les feux de la rampe.
Notre vécu, nos faits et gestes, nos échecs, nos rencontres, nos travers, nos intentions louables comme coupables ... seront bientôt mis en lumière sur Internet.
Faut-il redéfinir le concept de vie privée ? Faut-il craindre pour nos libertés ou au contraire se féliciter de cette transparence généralisée seule à même de garantir que chacun agira demain d'une façon responsable, socialement comme économiquement ?
Dans l'Open Book World les esprits malveillants opèreront, comme tout le monde à découvert, et n'auront pas la vie plus facile que celle des bienveillants.
N'en déplaise à Rousseau, le paradigme du bon sauvage a vécu ; et c'est tant mieux !

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