Booster la performance par la maîtrise des outils numériques : hier un enjeu, aujourd'hui une urgence

Former ses collaborateurs aux outils et solutions dits « 2.0 », c’est non seulement encourager la créativité en interne et gagner en productivité mais c’est aussi assurer la mutation de sa société pour l’adapter au monde d’aujourd’hui et de demain.

En 1993, le film Demolition Man imagine un futur (2054) totalement digitalisé au point que les policiers chargés d’appréhender un terrible malfaiteur attendent des instructions d’un logiciel qui calcule les scenarii les plus opérants.
Très vite tournés en bourrique pour le plus grand plaisir du spectateur, ces « pieds nickelés du futur » finiront par mener leurs investigations « à l’ancienne », aidés par les outils dont ils disposent. Avec humour, le film anticipe la digitalisation subie où l’itération de tâches numériques s’applique à l’infini… sans pour autant améliorer les taux d’élucidation des missions.
Pour autant, dans un futur plus proche, il n’y aura pas ou plus de métiers parfaitement hermétiques au « digital ». Aujourd’hui déjà, le menuisier peut continuer à effectuer calculs, dessins et modélisations, de manière traditionnelle ; en revanche, il ne peut se priver de visibilité (pour être contacté et/ou trouver des fournisseurs), en développant sa présence en ligne. La maîtrise des réseaux sociaux professionnels est un pré requis qui n’est pas un supplément d’âme quand on sait que 26 % des artisans y sont déjà présents [1].

Le renouvellement des méthodes de travail ne touche pas que les cols blancs

Dans un pays qui arrive en tête de classement en terme d’équipement (15 % de foyers déjà équipés en tablettes aujourd’hui; plus de 60 % attendus en 2015 [2]), les mobiles devices (tablettes, smartphones…) s’adaptent à tous les métiers comme ils accompagneront bientôt le personnel médical capable, grâce à eux, de disposer et de mettre à jour l’historique d’un patient. 
Plus largement, ce sont tous les pans de l’entreprise, sans exception, qui sont concernés par la digitalisation. Un comptable peut l’être eu égard à sa volonté de télétravail, un graphiste via l’achat d’images en ligne, un communicant pour diffuser un mailing via un outil de CRM, un agent d’accueil pour fournir des documents qui auront été préalablement dématérialisés…
Malheureusement, la pratique digitale n’inclut pas forcément sa maîtrise. Une nation qui compte 180 000 boutiques en ligne actives[3] ne fait pas des Français des spécialistes du e-commerce. Simplement, les appréhensions face aux outils baissent, ce qui devrait à coup sûr faciliter leur implication dans des formations.
Une étude de l’agence de communication Grenade & Sparks [4] a mis en lumière un étonnant paradoxe : 81 % des Français estiment avoir besoin d’une remise à niveau liée aux NTIC (panel représentatif de la population), mais quand on en vient aux actifs, ils ne sont plus que 15 % à se sentir dépassés.
Il existe donc bien un tabou qui fait que les employés ont peur d’être pris en défaut de compétence.
Pourtant, une grande partie de la population n’est pas « digitale native » et n’a reçu aucune formation relative au web, aux réseaux sociaux, ou bien alors travaille avec des logiciels nécessitant une formation préalable.
De plus, si tant est que des cadres administratifs et financiers soient formés aux technologies les plus performantes pour mener à bien leurs missions quotidiennes, ni eux, ni aucun employé non spécialiste n’est sensibilisé aux problématiques de piratage et d’intrusion qui concernent indifféremment l’apprenti et le directeur général ; l’un comme l’autre pouvant se connecter à une interface professionnelle grâce à une connexion Wi-Fi publique et exposer ainsi dangereusement le réseau de leur entreprise.
Mais revenons aux « digital natives » ; leurs facilités ne signifient pas qu’ils maîtrisent les enjeux. Ainsi, développer son réseau commercial en ligne permet de repousser des frontières régionales, et parfois nationales ; c’est donc une source d’opportunités business. Mais la prospection en ligne exige une réassurance supplémentaire car le premier contact humain est différé. Du coup, il est encore plus important de maîtriser l’image de son entreprise, de sa marque employeur et de sa propre e-réputation.
Se revendiquer de la génération Y n’implique pas un parfait contrôle de son réseau professionnel, une bonne appréhension des différentes interfaces numériques de l’entreprise (site internet, fanpage Facebook, compte Twitter), ni de savoir comment articuler au mieux informations personnelles et professionnelles.
Cela étant dit, les PME et certaines TPE peuvent profiter de ces mutations « business » pour se tailler la part du lion face à de plus gros acteurs, parfois concurrents. Former ses Ressources Humaines à détecter, sur la toile, les meilleurs profils ou rendre plus visible ses offres d’emploi permettra d’embaucher plus facilement qu’une autre entreprise moins « agile ». D’ailleurs, la révolution digitale, en ce qu’elle implique de nombreux outils peu coûteux (logiciel « loué » en mode SaaS, développement du « Freemium » voire de la gratuité (microblogging…)…), assure une non-discrimination entre « petites » et « grandes » sociétés aux moyens plus importants : les cartes sont ainsi rebattues.
Gagner en productivité à court et moyen termes - et ne pas risquer « l’obsolescence » de son capital humain - ne sont pourtant pas les seuls enjeux. Décider de former ses salariés, c’est également envoyer un signal fort à l’ensemble de ses équipes. Les salariés impactés, se sachant l’objet d’une attention particulière, étant toujours plus enclins à rester fidèles à leur employeur.
Enfin l’intérêt corporate est grand : sensibiliser aux « bonnes pratiques », dans le cadre de la sécurité du système informatique, tend naturellement à responsabiliser et à fédérer. De même, impliquer les employés dans la communication de l’entreprise via la gestion de leurs Réseaux Sociaux Professionnels, d’une page Entreprise (Viadeo), d’un blog, tout comme définir quels seront, demain, les speakers ou les contributeurs du comité de rédaction, contribuent à faire naître des synergies positives autour de la marque entreprise.
Accompagner la digitalisation et la montée en expertise de ses équipes sur le web est donc un investissement global dont les bénéfices dépasseront, dans bien des cas, les plus folles espérances de leurs commanditaires.
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[1] Etude Viadeo, Les TPE/PME et les Réseaux Sociaux Professionnels, juillet 2013.
[2] Projection taux de pénétration des nouveaux supports, Etude Zenith Optimédia, février 2013
[3] Source Fevad, novembre 2013.
[4] Opinion Way Grenade & Sparks, les français et la remise en question, mai 2013.

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