L’enjeu qualité des applications mobiles

Au 1er trimestre 2013, 13,4 milliards d’applications mobiles ont été téléchargées, générant 2,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires. De quoi conduire les entreprises à s’intéresser à ces nouvelles opportunités commerciales, comme aux possibilités d’intégration des applis dans leurs process. A condition qu'elles répondent à des critères qualité solides.

Les enjeux qualités et techniques auxquels une application doit répondre

Afin de toucher un public le plus vaste possible, il faut s’assurer que l’application soit compatible sur un maximum de supports. Aujourd’hui, 3 systèmes d’exploitation pour smartphones se démarquent : Android (développé par Google), iOS (développé par Apple) et Windows Phone (développé par Microsoft). Alors qu’iOS n’est installé que sur les smartphones de la marque Apple, Android et Windows Phone sont présents sur des smartphones de marques différentes et des modèles aux caractéristiques et aux versions de ces systèmes d’exploitations différentes.

Il faut donc s’assurer de la compatibilité de l’application sur le paysage mobile, et ainsi définir une stratégie concernant les appareils, les systèmes d’exploitation et leurs versions sur lesquels l’application devra être fonctionnelle.

Mais pour qu’une application mobile rencontre le succès, il est certes nécessaire que celle-ci réponde à un besoin du client, mais il faut surtout que l’expérience utilisateur soit au rendez-vous. La première utilisation de l’application est primordiale : dans environ 20% des cas, un utilisateur abandonne une application après le premiertest. Et deux des quatre principales raisons de l’abandon d’une application sont techniques : l’instabilité technique ou une ergonomie inadaptée vont décourager le consommateur.


Des techniques d’homologation bien particulières

Une fois que la stratégie de recette a déterminé en amont le périmètre des terminaux et version d’OS à utiliser lors de la phase d’homologation pour assurer une stabilité de l’application sur une grande partie du marché, les principaux axes de recette d’une application sont les suivants :

·      - Les tests d’utilisation : un smartphone est un support bien particulier, car son utilisation sera différente pour chaque personne, en fonction du smartphone, du réseau disponible là où se trouve l’utilisateur, des possibles interruptions, des problèmes de batteries, du multi application, des appels entrant pouvant interrompre l’utilisation de l’application… tout un ensemble de comportements « aux limites » qui ne doivent pas perturber l’utilisateur dans l’usage de son terminal mobile.

·    - Les tests d’interface : la navigation par écran tactile implique une ergonomie prévue à cet effet mais aussi des enchainements fluides pour rendre celle-ci agréable. Il faut aussi prendre en compte les particularités ergonomiques comme le multi-touch, le scrolling, etc.

A ceux-là se rajoutent les tests plus « classiques », que l’on retrouve dans la plupart des projets, c'est-à-dire les tests unitaires, les tests d’intégrations ou les tests de charge, mais aussi des tests plus spécifiques à l’application en question.

La difficulté principale dans la définition de la stratégie de la recette est de proportionner au mieux la part des tests qui pourront se faire via des émulateurs ou des logiciels de simulation par rapport à la part de tests à effectuer sur le terminal mobile, en situation réelle. Ainsi, par exemple, il est recommandé de vérifier les tests réseau à l’aide d’un véritable appareil, en se rendant dans des zones géographiques plus ou moins couvertes.

La recette d’une application mobile est un chantier délicat, qui nécessite à la fois une expertise dans le domaine de la préparation et de la conduite d’une phase de recette, mais aussi une vision globale de l’application mobile dans son environnement final et son utilisation cible.

La réussite d’un projet de recette d’une application mobile va dès lors reposer sur :

-    --  Le bon usage des émulateurs de smartphone, qui vont permettre à la fois de tester différents modèles d’appareils et de systèmes d’exploitation, mais aussi de définir un environnement de test (type de connexion au réseau, interruptions, …)

-      -  La part de test en conditions réelles, qui ne sont pas à négliger : un émulateur va avoir du mal à reproduire efficacement la consommation de batterie de l’application par exemple, car l’utilisation antérieure du smartphone va avoir un impact sur ce paramètre. En installant l’application sur son smartphone personnel ou sur un smartphone d’occasion, le testeur a des chances d’identifier des anomalies nouvelles.

-   -  Les choix faits dans l’automatisation des tests : les tests coûtent cher, et l’automatisation permet de réduire le coût d’une phase de recette. Mais attention de ne pas tomber dans le piège de la facilité au détriment de la qualité.

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