Halte à la dictature du taux de transformation et ses mauvaises raisons !

Il existe un exemple historique du taux de transformation des clients à 100 %, c’est celui des magasins d’état de l’ex-URSS ! Et je ne sais pas qui envierait ce système ?

Certaines promesses finissent par être totalement caricaturales et réductrices. Chaque époque génère sa nouvelle illusion marketing accompagnée par son discours aussi prétentieux que vain : c’est le cas du taux de transformation qui devrait rapidement  rejoindre le musée des « idées toutes faites » du  marketing !
Car si le web est un espace de liberté, le e-commerce doit l’être aussi. Il est tout à fait normal que des consommateurs flânent,  remplissent leur panier, le valide… et s’en aillent. C’est d’ailleurs un signe d’excellente santé : il n’y a pas que des acheteurs « actifs » et « immédiats ». Il y a aussi toutes celles et tous ceux qui viennent « faire les magasins » avec des envies qui ne se transformeront en achat qu’à plus long terme.
Ceux-ci sont aujourd’hui les grands oubliés de la dictature du taux de transformation et de ses outils de l’immédiateté ! Bien évidemment, on me rétorquera que tous les publics doivent être traités mais l’époque est quand même à l’urgence et  l’instantané. Quoiqu’il en soit, il est totalement illusoire, dans cette immense espace de shopping que sont web, tablettes et mobiles, d’imaginer se rapprocher des taux de transformation du commerce physique.
Et le paiement dans tout cela ? Il porterait une grande part de responsabilité dans l’abandon des paniers. A en croire diverses sources, 7 visiteurs sur 10 abandonnent encore leur panier. Et l’une des raisons principales serait due aux moyens de paiement proposés. Voici encore un mythe à détruire. C’est faux !
Si bon nombre d’acheteurs en ligne décrochent, c’est tout simplement que ce n’est pas encore le bon moment d’acheter pour eux ! C’est juste une spécificité du monde on-line et de la liberté que les internautes ont de flâner, à toute heure et depuis n’importe lequel de leur device : arrêtons de fantasmer et de rêver sur le même taux de transformation on-line que celui d’un client avec son caddy dans un hyper.
En revanche, profitons juste de cette étape pour créer un lien, une relation faite de cette assurance unique qui inspire l’internaute : c’est là qu’il aura envie de valider son panier et de payer. Peut être pas aujourd’hui, ni demain mais quand il le souhaitera. Et comme il le voudra. Urgence et confiance ne feront jamais bon ménage !
Donc, optimiser, oui, mais vanter l’éradication de l’abandon, ce serait comme promettre une France sans impôts en 2015…

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