Moyens de communications : tous égaux ?

Nous avons tous, au moins une fois dans notre vie, été la cible d’une offre télémarketing, que ce soit dans le cadre de prospection, satisfaction, fidélisation…. Ces méthodes sont devenues banales au fil du temps. Mais qu’en est-il pour les pays moins développés, tels certains pays africains ?

Qui n’a jamais eu envie de raccrocher au nez de ce télé-conseiller vous proposant ce nouveau mobile à un prix sacrifié, ou n’a jamais soufflé devant ces dizaines de mails publicitaires reçus quotidiennement ? C’est vrai, le marketing est présent partout : télévision, téléphone, e-mailing, SMS, affiches publicitaires, tracts, messages radios,… Mais lorsque les médias sont moins développés, comme dans la plupart des pays d’Afrique, quels sont les procédés mis en place ?

                Il est vrai que ces dernières années, l’Afrique a connu un développement considérable en moyens de communication, principalement dans la téléphonie mobile. En effet, alors qu’à l’aube des années 2000, l’Afrique comptait tout juste un téléphone mobile pour 50 personnes, 1 africain sur 2 en était  équipé au début de notre décennie (Source : GSMA Intelligence, données à fin 2011).
Cette évolution fulgurante a permis d’ouvrir l’accès au marketing via l’envoi de SMS ou via le télé-conseil (système d’appels de l’entreprise vers le client). Cette voie est par conséquent davantage utilisée dans le cadre marketing, permettant donc une communication plus ciblée du client, et de proposer le produit qui pourrait l’intéresser.
Des écarts importants sont néanmoins observés entre pays au sujet de la possession de téléphones mobiles : alors que plus de 75% des habitants de la Réunion, du Botswana ou de l’île Maurice sont équipés, moins d’un quart sont concernés au Burundi, à Madagascar ou encore en Ethiopie, ces différences complexifiant par conséquent les sollicitations des entreprises envers leurs prospects (Source : GSMA Intelligence, données 2014). Ces écarts semblent s’amoindrir au fil des années, permettant ainsi à l’ensemble des pays africains de pouvoir bénéficier d’un service ayant déjà largement fait ses preuves.

Par opposition à la téléphonie mobile, la communication via Internet (permettant la réception d’e-mails ou encore la mise en place de publicités ciblées selon les recherches de l’internaute) se voit malheureusement excessivement restreinte. En effet, une grande majorité des foyers n’ayant pas d’ordinateurs, le taux de pénétration d’Internet (part de la population utilisant Internet) s’en retrouve considérablement impacté : 28.6% de pénétration en Afrique contre une moyenne mondiale de 46.4%. L’e-mailing étant largement utilisé par les entreprises afin de proposer leurs produits aux potentiels clients, celles-ci se trouvent en difficultés pour percer sur le territoire.
Ici encore, des différences sont à mettre en avant : Le Kenya, le Maroc et l’Ile Maurice, avec plus de 60% d’habitants équipés, s’oppose largement à une vingtaine de pays africains dont moins de 10% des habitants utilisent Internet, avec entre autre le Burkina Faso, le Togo ou la RDC (Source : Internet World Stats, données au 30 Nov. 2015).Ces écarts et cette faiblesse d’utilisation d’Internet sont par conséquent un frein notable au marketing sur le continent.

                D’autres moyens de communication sont mis en avant afin de pallier à ces contraintes : l’affichage publicitaire, les journaux, les publicités télévisuelles,… sont très présents sur le continent. Malgré le fait qu’aucune population ne soit particulièrement ciblée, il s’agit de moyens simples permettant de séduire tout individu. Plus original, certains groupes de télévision utilisent également un système de pop-up étant programmés afin de rappeler au client de se réabonner, et donc de cibler personnellement chaque individu pour l’inciter à mieux se réabonner.

                Le développement des moyens de communication africain est en marche, c’est indéniable, mais a encore du chemin à faire avant d’atteindre notre réseau actuel, principalement en ce qui concerne l’évolution du réseau e-mailing. Néanmoins, en considérant les avancées importantes constatées ces dernières années, il ne serait pas surprenant que ces pays puissent profiter des mêmes axes marketings que les nôtres dans un futur, peut-être plus proche qu’on ne pourrait l’imaginer…

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