Les tendances mobiles en 2017

Les performances et la capacité de stockage des smartphones ne cessent de progresser à grands pas, à mesure que ces appareils deviennent incontournables pour les consommateurs du monde entier.

Le besoin de performances accrues pour les smartphones était déjà la tendance en 2016, alors que les consommateurs enregistraient et visionnaient nettement plus de photos et vidéos sur ces appareils, grâce aux progrès en matière de capacité, de vitesse de lecture-écriture et de taux de transfert des cartes mémoire et autres supports mobiles. L’essor de la réalité virtuelle (VR) et augmentée (AR), de la photographie 3D et de la vidéo 4K Ultra Haute Définition (UHD) a également révolutionné la consommation des contenus sur les smartphones, exigeant une accélération considérable des processeurs et des mémoires. Avec le triplement attendu du volume du trafic Internet au cours des cinq prochaines années [1], le téléchargement d’un film UHD pourrait peser jusqu’à 80 Go, d’où la nécessité d’équipements plus rapides au cœur et à la périphérie des réseaux pour le stockage et l’accès des contenus au niveau local.

La liste des tendances mobiles en 2017 est donc dominée par une norme 5G plus rapide, des capacités de stockage encore plus élevées pour les smartphones et le développement du stockage "edge-to-cloud".

La 5G enfin en passe de devenir réalité

Le secteur mobile évoque l’imminence de l’arrivée de la 5G en tant que nouvelle norme de télécommunications depuis un certain temps déjà. Outre l’accélération des connexions et des débits Internet, la 5G offre une capacité supérieure aux actuels réseaux 4G, ce qui permet à un plus grand nombre d’utilisateurs mobiles de se partager la bande passante dans la même zone, pour une consommation de données pratiquement illimitée. Ces utilisateurs auront la possibilité de regarder des vidéos haute définition plus longtemps chaque jour sur leurs mobiles et, en l’absence de borne Wi-Fi, la 5G améliorera la communication entre appareils, avec une latence et une consommation de batterie réduites par rapport aux plates-formes 4G.

Bien que les smartphones soient les équipements les plus connectés que nous utilisons, en matière de 5G, il s’agit en fait davantage de se connecter à d’autres équipements Internet dotés de capteurs. La 5G ira bien au-delà des smartphones pour s’introduire dans les composants informatiques intégrés à des objets pour leur permettre de recueillir, d’envoyer et de recevoir des données. Le marché de l'Internet des objets (IoT) devrait croître de plus de 130 milliards de dollars en chiffre d’affaires pour dépasser 883 milliards, à un taux annuel de 32,4 % entre 2016 et 2022, couvrant des plates-formes matérielles, des solutions logicielles et des services destinés à créer quantité de produits dérivés de la 5G, offrant des capacités de stockage étendues [2].

Le téraoctet se profile

La puissance informatique des smartphones augmente continuellement à mesure que les processeurs applicatifs tirent parti des avancées technologiques et des microarchitectures. Le stockage suit le même modèle. Aujourd’hui, des smartphones embarquent d’ores et déjà 256 Go de capacité (pouvant même être portée à 512 Go par la combinaison de la mémoire intégrée et de cartes microSD). Cela représente un espace de stockage si vaste qu’il aurait été jugé démesuré et superflu il y a quelques années encore. Or, les consommateurs actuels ne s’attendent jamais à devoir effacer des applications, images, vidéos, documents ou jeux qu’ils conservent sur leur mobile. Si l’on y ajoute la réalité virtuelle, les fichiers qu’il faudra loger sur les smartphones deviendront encore plus volumineux. C’est pourquoi la capacité de stockage doit augmenter tout comme la puissance de traitement.

Nous assistons à une miniaturisation du stockage. Par exemple, les cartes microSD 256 Go de Western Digital sont de la taille de l’ongle du pouce, extrêmement économes en énergie et indispensables aux appareils compacts tels que les appareils photo ou caméras, les objets connectés et, bien entendu, les smartphones. Ces derniers ne sont plus très loin d’une capacité de 1 téraoctet (To), dont les fabricants savent qu’elle est attendue, pour ne pas dire exigée, par les consommateurs pour leurs mobiles.


Stockage "edge-to-cloud"

De nombreux équipements mobiles (voitures autonomes, drones, smartphones…), intègrent de l’intelligence artificielle, reposant généralement sur un système de vision automatique et divers capteurs, l’accent étant mis sur la qualité supérieure des images et, par conséquent, des caméras. Bon nombre des consommateurs pensent que toutes les données liées à l’intelligence artificielle sont tout simplement stockées dans le cloud, alors que le nouveau modèle IoT est bien plus complexe.

D’un côté, le cloud est élastique, universel et offre des outils analytiques pouvant aider à la découverte d’éléments cachés dans les données collectées. De l’autre, l’analyse en temps réel ne peut être effectuée sur des données présentes dans le cloud en raison des contraintes de bande passante et de la quantité de données rassemblées. Au moment où ces données parviennent dans le cloud, elles appartiennent déjà au passé, rendant impossible des réponses instantanées à des informations en temps réel.

Face à la multitude de situations qui nécessitent des réponses instantanées, il existe un besoin urgent d’analyses réalisées en temps réel à la périphérie du cloud (ce que l’on appelle le « fog ») au moyen de passerelles ou de systèmes agrégés. De ce fait, les appareils mobiles seront désormais équipés pour analyser diverses alertes et y réagir en temps réel. Alors que des outils plus performants de veille et de reconnaissance deviennent de plus en plus nécessaires dans tous les domaines de l’IoT, une compréhension plus poussée de la valeur intrinsèque des données capturées, dans le cloud ou à la périphérie, va être possible.

Par conséquent, une grande part du traitement informatique s’effectuera à la périphérie, plutôt que dans le cloud. Une partie de ces données sera partagée dans le cloud à des fins d’apprentissage automatique ou d’intelligence artificielle. Cependant, dans ce scénario, les modèles de stockage et de traitement en périphérie viendront compléter le cloud en assurant la collecte de données et la prise de décisions locales en fonction d’algorithmes incorporés dans le mobile, de sorte que le cloud puisse effectivement être utilisé pour l’apprentissage. En conséquence, les algorithmes de décision sont déplacés vers les équipements périphériques pour les décisions locales, ce qui permet aux utilisateurs mobiles d’apprendre ce qu’ils font plus ou moins bien, d’où la nécessité d’une plus grande capacité de stockage à la périphérie et dans le fog.

En résumé

Qu’il s’agisse de la concrétisation de la 5G, des méga-capacités des smartphones ou des modèles de stockage "edge-to-cloud", l’année 2017 s’annonce passionnante pour le stockage des données dans le secteur mobile. De fait, compte tenu de l’accent mis par les équipementiers OEM sur la différenciation du capteur CMOS intégré aux mobiles pour produire des images de qualité supérieure, le stockage constitue désormais une priorité pour de nombreux consommateurs, davantage soucieux de disposer d’une capacité suffisante pour conserver et partager des contenus sur leurs appareils. Plus question de se contenter de prendre des photos en 2D : l’heure est à présent à la 3D, à la réalité virtuelle ou augmentée, à la vidéo et à des contenus toujours plus riches en général, ce qui se traduit par des fichiers plus volumineux, nécessitant un espace de stockage plus vaste mais, surtout, plus performant.

Références :

[1] Cisco® Visual Networking Index™ (Cisco VNI™) Forecast and Methodology 2015-2020, livre blanc de Cisco Systems, juin 2016, Document n°1465272001663118

 

2]  Internet of Things Technology Market by Hardware, Platform, Software Solutions and Services Forecast to 2022, Markets and Markets, septembre 2016

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