Acteurs de la distribution, inventons un e-commerce plus solidaire

Les consommateurs sont de plus en plus nombreux à faire leurs achats en ligne. Ne serait-il pas temps d’adapter des actions solidaires à ces nouveaux modes de consommation ?

Essor du e-commerce, du drive, développement de supermarchés plus petits... Depuis une dizaine d’années le secteur de la grande distribution est en effervescence. Cette mutation est le fait avant tout des évolutions profondes de nos modes de consommation avec des achats sur le web qui ne cessent de se développer. D’ailleurs, en 2016 le e-commerce a enregistré une hausse de son chiffre d’affaires de + 14, 6% par rapport à 2015 pour un montant de 72 milliards d’euros. Les clients sont également de plus en plus sensibles à la qualité des produits consommés, aux démarches environnementales, responsables et durables des marques et des entreprises. Selon le dernier baromètre Greenflex en partenariat avec l’ADEME, 71,5% des français se disent ainsi concernés par la consommation responsable.

Si comme le montre ce baromètre, le terme de « consommation responsable » recouvre des aspects divers tels que le bien-être animal, le respect de l’environnement ou le développement de circuits courts, il révèle que le bien-être et l’attention portée à ses proches sont des préoccupations majeures pour les Français. Or que comptons-nous faire pour les neufs millions de personnes vivant en France sous le seuil de pauvreté ?

Des acteurs de la distribution déjà engagés

Leclerc, Auchan, Carrefour, Système U, Monoprix, etc. toutes les enseignes développent aujourd’hui une politique de développement durable et de responsabilité sociale. Bien avant la loi contre le gaspillage alimentaire, de nombreux acteurs de la grande distribution étaient engagés sur le sujet. En 2014, les magasins Carrefour ont donné l’équivalent de 77 millions de repas ; Auchan, 13 millions pour ne citer qu’eux.

Concernant les produits non alimentaires, certaines enseignes sont également mobilisées. Mais elles le sont encore à la marge. 630 millions d’euros de produits neufs du quotidien sont détruits chaque année ! Il s’agit de shampoings, de dentifrice, de vêtements, de cartables pour les enfants, etc. Des produits qui nous semblent anodins mais qui sont indispensables à la dignité de tout un chacun lorsqu’on souhaite trouver un emploi ou que ses enfants soient dans les meilleures conditions pour suivre leur scolarité !

Adapter la solidarité à l'e-commerce

Afin de limiter ces gaspillages, donner une seconde vie et une utilité à des produits neufs, le don des invendus à des associations est évidemment une bonne solution. Mais à l’heure où le e-commerce explose, il serait temps d’adapter la solidarité à cette tendance. Selon une étude OpinionWay réalisée en 2017 par notre association, 66% des français sont prêts à offrir un produit neuf non alimentaire lors de leurs achats sur Internet. Une manière innovante et concrète d'aider son prochain. 

Des initiatives solidaires ont vu le jour sur le web séduisant quelques acteurs de la grande distribution comme l’Arrondi par exemple. Sur le don de produits non alimentaires, Greenweez, le leader des courses bio, en soutenant notre action et en adoptant le panier partage, fait figure de précurseur !

La solidarité est un enjeu majeur de notre société et elle mérite que chaque acteur à son niveau se mobilise pour faciliter le don de produits non alimentaires. Est-il donc possible en 2017 d’espérer que les acteurs historiques de la grande distribution contribuent de manière innovante à la lutte contre l’exclusion en permettant à leurs clients de réaliser simplement un geste de générosité lors de leurs achats sur leur plateforme d’e-commerce ? 

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