Beme, le réseau social qui veut tuer les selfies et embrase la Toile

Lancé par Casey Neistat, une star américaine de Youtube, Beme veut mettre fin au diktat des filtres, selfies et autres fonctionnalités qui biaisent la réalité. Son but : revenir à un peu plus d'authenticité.

Quasiment un an après l'éphémère buzz suscité par Ello, le Web s'embrase à nouveau pour un réseau social qui, selon Business Insider, ambitionne d'être une "version améliorée de Snapchat". L'objet de tant d'enthousiasme ? Beme (prononcer "beam"), une application qui permet de capturer et partager des vidéos en pressant son smartphone contre sa poitrine ou contre un autre objet solide. Un concept, détonant à l'heure des selfies en tous genres, qui a germé dans la tête de Casey Neistat, star américaine des réseaux sociaux, aux  plus de 800 000 abonnés sur Youtube et quasiment autant sur Snapchat. "L'objectif c'est de vous inciter à détourner les yeux de l'écran de votre smartphone pour continuer à regarder la vie réelle", explique-t-il dans sa vidéo de présentation. Pas de mode selfie donc mais une capture vidéo qui se lance lorsque l'utilisateur presse sur le capteur de proximité de votre iPhone (situé au-dessus de l'écran). Le smartphone fait un "bip" et vibre pour vous avertir du lancement de l'enregistrement et fait de même à la fin de la capture. La vidéo est partagée directement au sein de l'application.

 

C'est entouré d'une dizaine de collaborateurs qu'il a lancé cette application, pour l'instant uniquement disponible sur iOS, qui veut s'affranchir de tous les filtres et autres outils d'editing popularisés par un service comme Instagram. "Pour faire en sorte que les gens arrêtent de ne diffuser qu'une version, policée, calibrée et améliorée d'eux-mêmes sur les réseaux sociaux, et retourner au réel", explique Casey Neistat dans sa vidéo de présentation. Un besoin d'authenticité que l'on retrouve dans le fonctionnement de l'application qui ne permet donc pas de voir le rendu de ce que l'on est en train de filmer, pas plus que l'on ne peut faire de preview ou de review. Et c'est dans la même logique que Casey Neistat et son équipe ont décidé d'oublier les fonctionnalités de type "like", "favoris" ou "commentaires". La seule manière de réagir à un "beme" que l'on a aimé consiste à prendre un selfie lorsqu'on le visionne. D'une simple pression, celui-ci est pris et envoyé. 

"Je repense à ce que nous essayions de faire chez Tumblr", explique au New-York Times, Matt Hackett, cofondateur et CTO de l'application et ancien VP en charge de ingénierie chez Tumblr. "Il s'agissait de vous pousser à partager ce que vous faisiez sans voir ça comme du blogging. C'est exactement ce que nous faisons ici". Le concept de communauté sera au coeur du développement de Beme, que tout nouvel utilisateur ne pourra rejoindre qu'après invitation de quelqu'un déjà inscrit au service (seul moyen de débloquer l'application, d'ores et déjà téléchargeable gratuitement). Un moyen également d'entretenir savamment la hype autour du service. Les délais d'attente seraient, à l'instar des débuts d'Ello, de l'ordre de plusieurs mois. Pas de révolution côté business model en revanche, l'application comportera son lot de publicités. Elle draine déjà son lot de polémiques, en témoigne ce billet de Medium qui témoigne du fait que l'expérience utilisateur n'a clairement pas pris en compte les spécificités du corps féminin.

Smartphone / Réseaux sociaux