Wistiki lève 2 millions d'euros et se lance sur le marché B2B

La jeune pousse tricolore va adapter sa technologie de localisation des objets aux chaussures et sacs à main pour plusieurs marques de maroquinerie.

Même à l'étranger, les étourdis ne perdront plus leurs affaires. La start-up parisienne Wistiki, spécialiste des porte-clefs connectés, a levé 2 million d'euros pour se muscler à l'international. Cet argent frais lui permet de démarrer immédiatement la commercialisation au Royaume-Uni et en Allemagne de ses petits objets connectés, qui permettent de localiser le sac à main auquel ils sont par exemple accrochés. Grâce à cette cagnotte, Wistiki veut également renforcer sa présence aux Etats-Unis et au Japon, où elle s'est lancée début 2016. "Les particuliers égarent autant leurs affaires en France qu'à l'étranger ! Cette internationalisation représente pour nous un fort levier de croissance", affirme Bruno Lussato, l'un des trois frères qui a cofondé l'entreprise.

Au premier plan, les trois frères fondateurs de Wistiki Théo, Bruno et Hugo Lussato (de gauche à droite) et le designer du Wist Philippe Starck au second plan. © Wistiki

Wistiki a collecté la moitié de ce montant auprès de gros bonnets du monde des affaires : "le PDG d'Orange Stéphane Richard, le fondateur de Free Xavier Niel ou encore la famille Bouygues nous ont fait confiance", énumère Bruno Lussato. La jeune pousse a su séduire ces businessmen grâce aux centaines de milliers de porte-clefs intelligents qu'elle affirme avoir vendus aux particuliers, mais aussi parce qu'elle veut lancer une offre B2B.

"De nombreuses marques de maroquinerie nous demandent d'intégrer notre technologie à leurs chaussures et sacs à main pour les rendre, pardonnez-moi du néologisme, imperdables", explique l'entrepreneur. Wistiki a déjà signé des accords confidentiels avec plusieurs de ces entreprises. La société travaille également avec des assureurs, qui veulent proposer à leurs clients des contrats moins chers en échange d'un engagement à utiliser le Wist pour ne plus perdre leurs objets de valeur.

Wistiki a collecté l'autre moitié de ses fonds auprès de particuliers sur le site d'equity crowdfunding Anaxago. Près de 500 personnes ont mis la main au portefeuille. La jeune pousse, créée fin 2013, est une habituée des sites de financement participatif. Pour démarrer la production de son "Wist" à grande échelle, elle avait réalisé une campagne de crowdfunding (en don contre don cette fois-ci) sur le site My Major Company. Elle avait alors collecté 80 000 euros de précommandes de son porte-clefs intelligent.

"Le PDG d'Orange Stéphane Richard, le fondateur de Free Xavier Niel ou encore la famille Bouygues nous ont fait confiance" 

La start-up, qui aurait atteint selon ses fondateurs une valorisation de 30 millions d'euros, dévoilera l'année prochaine une nouvelle technologie de tracking des objets connectés. Aujourd'hui, le Wist communique avec le téléphone de son utilisateur grâce au Bluetooth. Si le smartphone est situé à moins de 100 mètres de l'objet connecté, il peut le situer, mais la précision n'est pas au mètre près. Pour retrouver l'objet perdu, l'utilisateur peut donc faire sonner son porte-clefs. Lorsque le smartphone quitte la zone où le relai Bluetooth fonctionne, il enregistre la dernière position où il a détecté le Wist, pour la transmettre à son utilisateur en cas de besoin. En 2017, la société proposera une gamme de porte-clefs avec une véritable puce GPS, fonctionnant avec les réseaux IoT LoRa ou Sigfox (Wistiki n'a pas encore arrêté son choix). "Ces technologies permettent de réaliser un tracking en temps réel grâce au GPS sans consommer trop de batterie, ce qui était auparavant impossible", explique Bruno Lussato. Ces appareils, un peu plus chers que leurs grands frères connectés en Bluetooth, seront proposés en B2B et en B2C.

 

 

Stéphane Richard / Xavier Niel