Wistiki lève 4 millions d'euros pour pénétrer le marché américain

Le fabricant de porte-clefs connectés a séduit des business angels comme Martin Bouygues ou Xavier Niel mais aussi des particuliers via la plateforme Anaxago.

Qu'ils soient d'illustres inconnus ou de gros bonnets, les investisseurs sont séduits par le fabricant de porte-clefs connectés Wistiki. La pépite tricolore de l'IoT a bouclé fin février une levée de fonds de quatre millions d'euros. Deux millions proviennent de business angels habitués des tours de tables importants, comme le patron d'Orange Stéphane Richard, le PDG d'Airbus Fabrice Brégier, le fondateur de Free Xavier Niel ou encore de Martin Bouygues.

Wistiki a également convaincu le réassureur Scor de participer à cette levée de fonds. "Nos trackers permettent à nos clients de géolocaliser leurs affaires et donc de ne plus les perdre. D'ici trois ans, lorsqu'ils seront massivement utilisés en France, la probabilité statistique de perdre un objet pourrait baisser, ce qui intéresse le monde de l'assurance", explique le co-fondateur de la jeune pousse Bruno Lussato.

Wistiki a collecté deux millions d'euros sur le site d'equity crowdfunding Anaxago, soit la plus importante levée jamais réalisée en France sur un site de crowdinvesting

Wistiki a collecté les deux autres millions d'euros auprès de petits investisseurs sur le site d'equity crowdfunding Anaxago. "Les 200 personnes qui ont participé à cette campagne de financement participatif ont mis sur la table des tickets de 1 000 à 10 000 euros, ils reçoivent en échange des actions, comme des business angels traditionnels", détaille le dirigeant.

Cette levée de fonds est la plus importante jamais réalisée en France sur un site de crowdinvesting, car le montant maximal des collectes organisées par ces établissements financiers d'un nouveau type était jusqu'en octobre 2016 plafonné à un million d'euros. Entrée en vigueur il y a cinq mois, la réforme du financement participatif présentée en mars 2016 par l'ex-ministre de l'Economie Emmanuel Macron relève ce plafond à 2,5 millions d'euros. Des campagnes similaires pourraient donc être réalisées par d'autres entreprises dans les prochains mois. La société avait déjà levé en septembre 2016 un million d'euros sur Anaxago.

Avec cet argent, Wistiki espère installer au deuxième semestre 2017 sa marque aux Etats-Unis, mais aussi en Corée du Sud. "Nous avons lancé en 2016 nos porte-clefs connectés au Japon. Nos ventes connaissent depuis plusieurs mois là-bas une croissance à quatre chiffres. Nous allons nous appuyer sur le même argumentaire marketing pour notre lancement en Corée du Sud", prévoit Bruno Lussato. Pour séduire les consommateurs asiatiques, la start-up a mis l'accent sur le côté premium de sa marque, dont les appareils ont été désignés par Philippe Starck, mais aussi sur la qualité des matériaux utilisés (les porte-clefs sont en acier brossé).

Wistiki espère installer au deuxième semestre 2017 sa marque aux Etats-Unis mais aussi en Corée du Sud

"Aux Etats-Unis, nous allons donner plus de détails sur les fonctionnalités techniques de notre produit", explique l'entrepreneur. Les deux porte-clefs commercialisés aujourd'hui par l'entreprise ne sont pas directement géolocalisés grâce au GPS. Ils communiquent avec le téléphone de leur utilisateur grâce au Bluetooth. Si le smartphone est situé à moins de 100 mètres de l'objet connecté, il peut le situer, mais la précision n'est pas au mètre près (pour retrouver le sac ou le portefeuille perdu, l'utilisateur peut faire sonner son porte-clefs). Lorsque le smartphone quitte la zone où le relai Bluetooth fonctionne, il enregistre la dernière position où il a détecté l'appareil, pour la transmettre à son utilisateur en cas de besoin.

L'application de Wistiki est utilisée par plus de 200 000 personnes en France aujourd'hui. La start-up espère atteindre d'ici fin 2017 le million d'unités commercialisées aux Etats-Unis. "Nous devrions aussi écouler plusieurs centaines de milliers de nos porte-clefs connectés en Corée du Sud d'ici la fin de l'année", espère Bruno Lussato.

Levée de fonds / Stéphane Richard

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