Criminal Case : enquête sur un éditeur de jeu qui cartonne grâce à Facebook

Pretty Simple Criminal Case La société éditrice du jeu d'enquêtes impressionne avec ses 30 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2013 et ses 10 millions de résultat net.

Devinez qui a été élu meilleur jeu Facebook 2013 ? Les hits Candy Crush ou Clash of Clans ? Non, c'est Criminal Case. Un jeu d'enquête criminelle français façon "Les Experts", sorti du cerveau de Corentin Raux et Bastien Cazenave, fondateurs de la société Pretty Simple. Un an après sa création, il dépassait les 100 millions d'utilisateurs. Un succès exceptionnel que Corentin Raux a du mal à expliquer. "Si le démarrage a été un peu lent, le fort taux de rétention des joueurs était lui très encourageant", explique-t-il, précisant que "c'est vraiment la déclinaison du jeu dans de nombreuses langues qui a contribué à l'explosion de notre audience".

Autre moteur de croissance fondamental : Facebook. Alors que bien des monstres du casual gaming, King.com et Supercell, en tête, concentrent leurs efforts sur le développement d'applications iOS et Android, Corentin Raux et Bastien Cazenave décident de cantonner, dans un premier temps, leur jeu à l'environnement Facebook. "Criminal Case a été pensé pour Facebook dès l'origine. Chaque étape du jeu peut être partagée avec ses amis, donnant lieu à une émulation entre contacts sur le réseau social", explique-t-il. Le titre exploite toutes les subtilités de l'Open Graph, la fonctionnalité qui permet à l'application de s'inviter dans le flux d'actualités des utilisateurs. Les publications postées à mesure que l'enquête avance font partie de la narration. Chaque utilisateur générerait ainsi près de 40 publications par mois en moyenne, un nombre largement supérieur à la moyenne qui crée la viralité du jeu. La croissance organique est alors de 98%. "Facebook permet de construire une audience très forte sans consentir de gros investissements marketing", se félicite Corentin Raux. Même si, tempère-t-il, "les possibilités de viralité ont diminué ces derniers temps".

10 millions d'euros de résultat net en 2013 !

La modèle économique adopté par Criminal Case est celui de bien des jeux de casual gaming : le free-to-play. Comprendre qu'on peut y jouer gratuitement mais que l'on est limité dans le temps et qu'il faut dépenser quelques euros pour poursuivre l'expérience. Une option embrassée par un nombre très limité de joueurs, pour le moment. L'arrivée du jeu sur iOS, où les paiements se font sans friction, devrait contribuer à augmenter le ratio. Reste que le jeu est déjà une formidable cash machine. Criminal Case réalise ainsi "un chiffre d'affaires de plus de 10 millions d'euros", selon ses fondateurs. Egalement éditrice des jeux "Magical Ride" et "My Shops", la société Pretty Simple a, de son côté, déclaré un chiffre d'affaires de 31 millions d'euros en 2013... pour un résultat net de près de 10 millions d'euros. Une performance tout bonnement hallucinante que Corentin Raux ne préfère pas commenter. 

Préserver l'universalité de l'expérience quelque soit l'environnement de jeu

Depuis le lancement d'une version iOS début septembre, le jeu revendique près de 10 millions d'utilisateurs quotidiens, aidé par une campagne marketing plus agressive et un Apple toujours prompt à mettre en avant les applications les plus vertueuses. Autant d'atouts qui lui ont permis de squatter le top 10 des applications les plus populaires de l'App Store, aux Etats-Unis et en France, lors des premiers jours.  Aujourd'hui Corentin Raux s'attache surtout à préserver l'universalité de l'expérience utilisateur, quel que soit le device. "Il est important que le joueur puisse reprendre sur l'application iOS, là où il l'a laissée, la partie jouée sur Facebook", explique-t-il. Pas un mince exploit pour les près de 70 collaborateurs qui planchent à tour de rôle, chaque semaine, sur le lancement d'une nouvelle enquête. "D'autant que la version Android ne saurait tarder". Les nouveaux jeux, sur lesquels les équipes travaillent déjà et dont nous ne saurons rien, sortiront eux en 2015.

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