Xavier Flamand (Fnac.com) "Nous finalisons notre application marchande Fnac.com"

Quelques semaines après avoir lancé une application iPhone dédiée à sa marketplace, c'est désormais pour l'ensemble de son site marchand que Fnac.com prépare une application. Le point avec son directeur général.

"Nos applications mobiles doivent faire le lien entre ce que nous proposons en ligne et en magasin"

JDN. Fnac.com a lançé sa marketplace sur l'Internet fixe en mai 2009. Un an plus tard, vous lancez une déclinaison mobile sur iPhone. Que propose-t-elle ? 

Xavier Flamand. Cette application a été conçue comme un facilitateur de ventes pour les vendeurs de la marketplace. L'application dispose d'une fonctionnalité de scan de code-barres qui permet d'intégrer rapidement un nouveau produit sans en saisir la référence. Il ne reste plus qu'à en fixer le prix et son état. Une fois la description du produit validée, il est mis en vente dans les minutes qui suivent sur le site. L'application offre également des fonctionnalités de suivi, comme la possibilité de recevoir une alerte en push dès qu'une vente est réalisée. Elle permet de suivre le montant de vos ventes, de répondre à des questions d'acheteurs potentiels. L'intégralité du déroulement d'une vente peut être effectuée via l'application. 

 

Quels en sont les premiers retours ? 

Une semaine et demie après son lancement, l'application a été téléchargée plus de 800 fois. Ce n'est qu'un début. Nous allons accentuer notre communication sur le sujet auprès de nos vendeurs particuliers sur le site. Notre objectif est d'équiper de cette application 50 % de nos 30 000 vendeurs particuliers inscrits sur la marketplace. Nous pensons y arriver assez rapidement. 

 

Pourquoi lancer cette application alors que l'ensemble du site marchand Fnac.com ne dispose pas encore de la sienne ? 

Nous allons également lancer une application marchande Fnac.com qui reprendra le catalogue de produits neufs et d'occasion de notre site Web. Nous sommes en phase finale de recette et attendons rapidement une validation d'Apple. Nous pensons la lancer officiellement avant la fin du mois de juin. 

 

Que proposera cette application ? 

La vocation de toutes nos applications mobiles est de faire le lien entre ce que nous proposons en ligne et en magasin. Cette stratégie 360° est un élément différenciant par rapport aux pure players. Nous avons donc conçu cette application comme un service d'apport d'information en magasin. Comme notre application Marketplace, elle disposera d'une fonctionnalité de scan pour avoir accès directement en magasin, à partir d'un code-barres, à des informations sur un produit comme les coups de cœur des vendeurs, les avis des internautes, les tests du laboratoire Fnac, etc. Pour les disques, l'application proposera également d'en écouter quelques extraits. Nous proposerons enfin un service de géolocalisation permettant de trouver le magasin le plus proche et même le magasin le plus proche ayant en stock un produit que vous recherchez. D'autres services seront proposés dans une prochaine version. 

 

"Nous allons vendre de la musique sur Android"

Lesquels ? 

Dans la première version de l'application, les utilisateurs pourront retrouver la fnacothèque qu'ils ont constituée sur le site Fnac.com, ainsi que leur wishlist. Nous utiliserons ces éléments dans la prochaine version pour pousser davantage la personnalisation et les conseils. Nous y intègrerons également des mécaniques de fidélisation, comme du couponing. Nous imaginons par ailleurs des fonctionnalités de réalité augmentée, mais nous pensons que les technologies ne sont pas encore tout à fait prêtes pour cela. 

 

Fnac.com vend également de la musique dématérialisée. Votre application iPhone en proposera-t-elle également ? 

Aujourd'hui, l'App Store est fermé aux téléchargements de musique qui ne sont pas issus d'iTunes. Par conséquent, nous ne pouvons pas proposer notre offre de musique dématérialisée sur iPhone. Nous allons donc développer cette offre sur les autres plates-formes mobiles. L'achat de musique dématérialisée sera par exemple directement intégré dans la version Android de notre application Fnac.com. 

 

Fnac.com mise donc sur d'autres mobiles que l'iPhone...  

Oui. Notre stratégie consiste à développer des applications que nous déclinons sur les différentes plates-formes mobiles. Nous avons commencé par l'iPhone qui est la plus visible, mais nous allons également décliner nos applications existantes sur Android, qui est une plate-forme à laquelle nous croyons beaucoup. Au cours des six derniers mois, elle a connu un vrai boom aux Etats-Unis et elle deviendra ici une plate-forme majeure dans les six à huit mois à venir. Nous lancerons les premières versions de nos applications Android à la rentrée. Des applications pour l'iPad sont par ailleurs en cours de réflexion. 

 

Cette stratégie de diversification d'applications remet-elle en cause l'existence de votre site Internet mobile ? 

Non. Nous avons été l'un des tous premiers acteurs du e-commerce en France à avoir lancé un site Internet mobile dès 2007. Aujourd'hui, nous voulons réinvestir dessus. Notre conviction est que les applications hybrides (intégrant des pages Web en plus du contenu embarqué dans l'application, ndlr.) vont se développer dans le temps, notamment avec Android. Nous allons donc avoir besoin d'un site mobile robuste et performant pour pouvoir l'imbriquer dans des applications plus légères. Pour l'instant, notre site mobile permet enfin de toucher les possesseurs de terminaux autres que l'iPhone, qui ne représente qu'une petite part du parc mobile installé en France. 

 

"Le mobile devient une brique centrale de toute la stratégie de la Fnac"

Allez-vous développer d'autres applications mobiles ? 

Nous nous inscrivons dans une logique de développement quasi-continu de versions mobiles de nos initiatives online ou offline. Dès que nous sortons un nouveau produit ou un service, il doit avoir une version mobile. Nous travaillons par exemple à un service communautaire destiné à faire profiter les internautes des conseils et de l'expertise de nos vendeurs sur les livres, CD, DVD, jeux vidéos et produits techniques. Ce service sera décliné, dès la rentrée, dans une version mobile. Le mobile devient une brique centrale de toute la stratégie de la Fnac. 

 

Quelle part de ses ventes la Fnac espère-t-elle réaliser sur ce canal ? 

Nous ne sommes pas dans une logique de chiffre d'affaires sur le mobile. Acheter une télévision sur mobile va encore rester compliqué pendant quelque temps, car les gens ne sont pas forcément prêts à réaliser par ce biais des achats très impliquants. Par contre, acheter des produits éditoriaux et culturels ne pose plus vraiment problème. C'est une pratique qui est en train de se développer. Pour ce type de produits, le mobile sera demain un vrai canal de vente. 

Pour l'instant, le mobile représente surtout un apport de service et de trafic additionnels. Le trafic Web via mobile va rapidement devenir équivalent au trafic Web via ordinateur. Qu'il s'agisse de renseignements sur mobile avec achat online ou en magasin, cela converge surtout vers plus de fidélité et plus de relations avec nos clients.

 

Comment est gérée l'activité mobile de la Fnac en interne ? 

Ce canal est piloté directement par Fnac.com. Nous travaillons également avec plusieurs sociétés pour le développement de nos services et nous développons en parallèle nos compétences internes. Nous avons mis en place une équipe de cinq personnes dédiée au mobile. Sur le site Fnac.com, tous les développements sont faits en interne. Notre objectif est de faire de même avec nos applications mobiles. Plus ce sujet devient important, plus les opérationnels qui travaillent aujourd'hui sur notre site Web prennent aussi la main sur le mobile. Ce canal devient une activité "classique", qui se dissémine un peu partout dans la société. 

 

 

Xavier Flamand est directeur général de FnacDirect (éditeur de Fnac.com) depuis 2007. Diplômé de HEC Paris, il a débuté sa carrière en tant que consultant chez McKinsey avant d'intégrer le groupe Fnac en 2002. Avant de prendre la direction de Fnac.com, il a notamment été directeur de magasin puis responsable commercial de Fnac Belgique.

Fnac / CANAL +