Geoffroy Roux de Bézieux (Medef) "Les PME ne savent pas comment s'adapter à la révolution numérique"

Le Medef organise pour la seconde fois les 16 et 17 mars prochain son Université du Numérique. Son vice-président évoque les enjeux de la transformation digitale des entreprises françaises.

Geoffroy Roux de Bézieux est vice-président du Medef © S. de P. Medef

JDN. Vous organisez les 16 et 17 mars la seconde Université Numérique du Medef. A quoi ressemblera cet événement ?

Geoffroy Roux de Bézieux. Le numérique va changer nos industries, quelle qu'elles soient. Le succès de la première édition en 2015 a été réel. On l'a vu avec le nombre élevé d'adhérents et d'entrepreneurs de tous secteurs qui sont venus. L'année dernière, l'édition était dédiée à la transformation digitale. Cette année, nous avons choisi un thème qui résume l'enjeu auquel nos entreprises sont confrontées : "Au grand festin du numérique, serez-vous à table ou dans l'assiette ?". Il faut en effet que chaque entreprise prenne conscience qu'il y a une mutation en cours et qu'elles doivent en être actrices. Elles sont encore trop nombreuses à se croire à l'abri ou pas concernées par la transformation numérique.

 

Quels seront les moments forts de l'événement ?

Il y aura d'abord l'introduction avec Pierre Gattaz et Joël de Rosnay. Ensuite, nous ferons un débat sur le blockchain qui est une thématique majeur du moment. Ed Vaizey, le ministre de la Culture, de la Communication et des Industries créatives britannique interviendra pour évoquer l'expérience et l'action du Royaume-Uni dans les nouvelles technologies. Thierry Mandon, secrétaire d'Etat en charge de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, viendra évoquer l'équilibre entre la protection des personnes et le développement des affaires. La clôture sera également à ne pas manquer, avec Emmanuel Macron qui viendra conclure ces deux jours. Mais au-delà de ces personnalités attendues, il y aura une centaine d'intervenants : pas seulement des créateurs de start-up, mais aussi des acteurs des secteurs dits "traditionnels" - c'est ce qui fait la richesse de l'Université du numérique.


Qu'est-ce qui a changé par rapport à l'année dernière dans le rapport des entreprises avec la révolution numérique ?

"Il faut rendre les acteurs traditionnels plus agiles"

On sent qu'il y a une prise de conscience. On savait l'année dernière que les grands groupes étaient sensibilisés à ces bouleversements. C'est désormais aussi le cas de la PME de 50 personnes. Mais le problème des PME est qu'elles ne savent pas comment s'y prendre. Notre priorité est l'évangélisation de nos adhérents et plus globalement la transformation de l'économie française, c'est la raison même de la création de cette Université du Numérique. Vis-à-vis des pouvoir publics, le Medef a une commission qui porte des revendications et des demandes de régulation. Mais notre action prioritaire se fait auprès des 700 000 entreprises de toutes tailles et de tous secteurs adhérentes au Medef. Toute l'année, nous allons continuer à porter la bonne parole dans les Medef territoriaux sur ces sujets.

 

Quelles sont les revendications du Medef sur le numérique ?

Le problème aujourd'hui est que les politiques ne savent pas par quel bout prendre le problème. On le voit avec les taxis, la loi numérique ou le débat fiscal en cours pour en finir avec l'asymétrie entre les GAFA et les acteurs français. Pour notre part, nous sommes convaincu qu'il faut tout faire pour favoriser la nouvelle économie et les nouvelles formes d'activité qu'elle engendre, tout en veillant à ce que les règles trop rigides auxquelles sont soumis les acteurs économique existants ne les empêchent pas de s'adapter aux bouleversements en cours. Nous avons peu de demandes spécifiques. Il faut simplement que la régulation soit européenne, que ce soit en matière de neutralité du net, de protection des données, de fiscalité, etc. Il faut aussi mieux financer les nouveaux acteurs et les plateformes d'activité, sécuriser et accompagner les nouvelles formes d'activité et rendre les entreprises "traditionnelles" plus agiles, en leur permettant de s'adapter plus simplement.

 

Geoffroy Roux de Bézieux a 52 ans et est père de 4 enfants. Il est président-fondateur d'Omea Telecom (Virgin Mobile), vice-président délégué du Medef et président du pôle Economie. Diplômé de l'Essec et d'un Dess à Dauphine, il s'engage en 1984 dans les Forces Spéciales (Commandos Marine). Il rejoint ensuite le groupe L'Oréal pendant 10 ans où il exerce de nombreuses fonctions en France et à l'étranger. En 1996, il crée The Phone House qu'il revend en 2000 à Carphone Warehouse. En 2004, il crée Omea Telecom. Il a créé en 2009 avec d'autres entrepreneurs le fonds d'investissement ISAI.

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