Claire Houry (Ventech) "Nous souhaitons lever 125 millions d'euros pour Ventech IV"

En charge des investissements dans le secteur de l'e-commerce et des logiciels, Claire Houry revient sur la stratégie d'investissement de Ventech.

JDN. Ventech est en train de créer un quatrième fonds, combien espérez-vous lever ? La crise a-t-elle un impact dans l'appréhension de vos futurs investissements ?

Claire Houry. Nous espérons lever 125 millions d'euros sur Ventech IV ainsi que le même montant pour notre fonds chinois. Ventech III est quant à lui doté de 150 millions d'euros mais l'ensemble du capital n'a pas été investi puisque nous souhaitons garder des réserves pour accompagner des sociétés déjà présentes au portefeuille. Pour être honnête, je pense que la crise ne changera pas la manière d'investir en 2012, notamment dans notre secteur. Ce que nous souhaitons cibler, ce sont les ruptures d'usage.


Qu'entendez-vous par rupture d'usage ?

Sur Ventech IV, deux tiers de nos investissements seront réalisés dans des sociétés en phase avec les nouveaux usages numériques, par exemple dans le secteur du m-commerce. Je pense également à toutes les sociétés de l'e-commerce qui exploitent des fonctionnalités de recommandation sociale. Nous souhaitons également regarder avec attention le marché des objets connectés. L'autre volet d'investissement sera davantage destiné aux technologies de rupture comme nous l'avons déjà fait avec Bonitasoft. Les solutions en SaaS et OpenSource à destination des e-marchands représentent un réel potentiel dans la mesure où elles sont extensibles technologiquement et géographiquement.


Vous disposez également d'un fonds d'investissement chinois. Des collaborations avec la France sont à envisager ?

Ventech China fonctionne indépendamment et dispose de sa propre équipe de gestion. Quand nous investissons en Chine, nous regardons toutefois quelles sociétés sont capables d'étendre leur marché en France. Ce n'est pas habituel. C'est d'ailleurs souvent la situation inverse qui se présente mais la rapidité est un atout dans notre métier si nous souhaitons accompagner des sociétés dans leur croissance. Nous regardons par exemple en ce moment un copycat chinois de Vestiaire de Copines et des discussions sont en cours entre les deux sociétés.


Le capital-risque français est souvent critiqué. Comment réagissez-vous ?

J'estime que le capital risque est de bon niveau dans l'hexagone mais le secteur de l'investissement a toutefois des lacunes. Ce qu'il manque, ce sont des fonds d'investissement LBO qui s'intéressent au Web et à la technologie. En somme il manque des fonds capables de gérer suffisamment de capitaux pour suivre sur de gros tours de tables.

Chez Ventech, nous sommes agnostiques sur la maturité des sociétés ciblées et nous n'excluons pas de réaliser des investissements en amorçage. Et ce ne sont pas les dossiers qui manquent. Nous en recevons un millier chaque année, pour rencontrer environ 200 entrepreneurs. Notre métier, c'est de trouver des équipes motivées, positives et de voir quels entrepreneurs sont capables de grandir.



Claire Houry débute sa carrière au Crédit Lyonnais où elle fait un passage aux Etats-Unis. Entre 2000 et 2005, elle participe à la création et au développement de l'activité capital-risque de la société, devenu aujourd'hui Crédit Agricole Private Equity. En 2005, elle co-fonde le fonds Infrastructure d'AXA PE où elle gère des investissements dans le secteur des services publics. Elle rejoint Ventech en tant que General Partner en 2008 et y a notamment géré les investissements dans MXP4, Bonitasoft, Vestiaire de copines, WirKaufens et Newsring.

Capital risque / Ventech