Les pertes abyssales de WhatsApp ternissent les succès de Facebook

Si Facebook double son bénéfice net au troisième trimestre 2014, l'application WhatsApp, qu'il a rachetée pour 22 milliards de dollars en février, perd elle 232 millions.

Facebook publie un chiffre d'affaires en hausse de 59% à 3,2 milliards de dollars au troisième trimestre 2014, dépassant le consensus. Mieux, le réseau social multiplie presque par deux son bénéfice net, qui s'élève à 806 millions de dollars sur la période. Il parvient à accroître encore sa base d'utilisateurs actifs, qui passe de 1,32 milliard au deuxième trimestre à 1,35 milliard trois mois plus tard. Dans le monde, quasiment la moitié des internautes utilisent Facebook... et 864 millions s'y connectent tous les jours.

Cette réussite provient d'une part des efforts de la firme pour enrichir son service de vidéo, d'autre part de sa capacité à capter des revenus sur mobile puisque 66% de ses recettes publicitaires proviennent de ce canal. Une progression impressionnante, dans la mesure où en 2012, au moment de son introduction en bourse, Facebook tirait presque tous ses revenus du Web fixe.

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Croissance des utilisateurs mensuels mobiles de Facebook © Facebook

Pourquoi alors son action a-t-elle reculé de plusieurs points dans les échanges après-bourse ? Premièrement parce qu'elle avait déjà grimpé de 48% depuis le début de l'année. Deuxièmement parce que le marché pénalise les faibles croissances du nombre d'utilisateurs (comme Twitter hier). Et troisièmement en raison de la mauvaise surprise WhatsApp.

Acquis en février par Facebook pour 22 milliard de dollars, le service de messagerie instantanée n'avait jamais publié ses chiffres. Lever le voile se révèle particulièrement douloureux : malgré ses 600 millions d'utilisateurs, WhatsApp n'a engrangé que 15 millions de dollars de revenus au premier semestre 2014. Et a perdu 232,5 millions de dollars sur la période, contre une perte de 58,8 millions au premier semestre 2013.

On ne trouve pour l'instant pas de publicité sur WhatsApp et Mark Zuckerberg, le patron de Facebook, a confirmé n'être pas pressé de monétiser le service. La priorité réside davantage dans l'accroissement du nombre d'utilisateurs. L'an dernier, lorsque le directeur financier de Facebook de l'époque avait indiqué constater une diminution dans l'usage quotidien en particulier chez les jeunes adolescents, l'action de Facebook avait plongé en dépit d'excellents résultats financiers. Cette année, Facebook s'est bien gardé de donner des chiffres sur l'engagement envers WhatsApp des adolescents, la versatile population cible de l'application, qui actuellement fuit le réseau social pour des applications telles que SnapChat.

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