Comment les patrons du Net voient Internet en 2012 Internet en 2012 ?

alain garnier, cofondateur et pdg de jamespot
Alain Garnier, cofondateur et pdg de Jamespot © IMC

2012. Il paraît que c'est la fin du monde annoncé par les Maya... Alors Internet aura-t-il survécu malgré tout ? Que peut-il bien se passer en 14 ans humains (une année Internet correspondant à une année Chien et va donc sept fois plus vite) ? Que se passe-t-il en moins de deux ans, ce qui implique déjà exister dans les cartons de la R&D mais qui accepte une évolution d'usage très fort ? Ce n'est donc pas de la science fiction mais bien des problématiques accessibles dont l'usage n'est pas encore devenu massif.

 

Trois grandes composantes d'usage me paraissent centrales. La mobilité, la socialisation globale du Web et enfin l'irruption du numérique dans le réel. Commençons par la mobilité. Aujourd'hui, l'essentiel des accès au Net se font depuis un ordinateur fixe ou quasi fixe (portable). Demain, la tendance va s'inverser pour laisser la place à des objets communicants s'appropriant une part de l'accès au Net. C'est bien sûr le téléphone mobile, permettant de naviguer, mais aussi d'acheter, de consulter en temps réel les informations, bref il est devenu le compagnon permanent de notre vie numérique.

 

Mais c'est aussi de nouveaux "devices" mobiles, connectés à Internet et qui auront des tâches dévolues. Les tablettes actuelles en sont la préfiguration et permettront de manière très simple d'être connecté à Internet pour des usages précis : tablette dans la cuisine pour les recettes, tablette sur le réfrigérateur pour les courses, grand écran connecté à Internet dans la chambre ou le salon pour regarder des films. Bref, depuis un accès Internet fixe, on pourra s'y connecter de partout, c'est ce que j'appelle la mobilité.

 

En fait, je suis sûr d'une seule chose : on ne va pas s'ennuyer !

Ensuite, la socialisation du Web, déjà bien entamée par ce que nous montre Facebook, va s'étendre à l'ensemble des fonctions du Web. Que ce soit pour l'achat (en temps réel, je vais pouvoir chatter avec les amis et les amis de mes amis pour avoir leurs avis sur un achat, un service), ou pour lire (en temps réel ce que je lis est mis en relation avec les lectures et avis de ceux avec qui je veux partager), ou pour organiser un voyage, un événement, etc... C'est ce que j'appelle la  socialisation globale du Web. Aucune information n'existera plus sans le lien avec des personnes qui en donneront le sens et la valeur.

 

Pour moi, l'évolution la plus importante concerne l'irruption du numérique dans le monde réel et son interaction. Il s'agit pour être concret de remplacer ou d'ajouter des éléments numériques dans le monde réel de manière contextuelle pour celui qui le regarde. On peut découvrir un aperçu lors d'une des conférences TEDX portée par une entreprise appelée 6e Sens. On y voit quelqu'un regarder une étiquette dans un magasin et sur laquelle apparaît des informations relatives aux questions qu'il se pose, et pouvoir interagir en cliquant sur cette étiquette pour acheter le produit. Bref, on ne va plus sur Internet. Le monde contient Internet et Internet contient les informations du monde.

 

Au-delà de ces trois grandes évolutions, on va voir aussi la domination du SaaS sur le logiciel, l'apparition d'un géant qui fera trembler Google, le problème de privacy qui va aller croissant, le bazar des nouveaux TLDs, un grand désastre de cloud computing ou des millions de personnes vont perdre des données, l'apparition d'un Internet à plusieurs vitesses, une monnaie Internet qui va apparaître, et, enfin, un grand black out du Net qui va montrer combien nous en sommes tous devenus très dépendants.

Web 2.0