Loïc Le Meur (PDG de Seesmic.com) "Mes projets pour Seesmic en 2010"

Le fondateur de Seesmic.com dévoile les projets de la start-up pour 2010 et son nouveau positionnement suite à l'acquisition de Ping.fm.

D'un site de microblogging vidéo, Seesmic va devenir un service de gestion de réseaux sociaux avec le rachat de Ping.fm. Comment expliquez-vous cette évolution ?

Loïc Le Meur. Il faut savoir s'adapter à l'environnement. Mon rêve au lancement de Seesmic en 2007 était de créer un réseau social vidéo. Mais je suis parti cinq and trop tôt. Malgré les 100 000 utilisateurs de Seesmic, le service n'a pas décollé comme je l'espérais. Donc, pour aider à la croissance de la vidéo, j'ai racheté en septembre 2008 Twhirl, un des tous premiers clients de Twitter qui référençait les vidéos de Seesmic. Mais très vite, nous avons atteint 1 million de téléchargements. Et Twhirl a explosé.

 

Que va apporter Ping.fm, que vous venez de racheter, à Seesmic ?

Ping.fm est une plate-forme qui permet d'envoyer des messages par mail, SMS ou chat sur une cinquantaine de réseaux sociaux. Il existe aussi une API qui permet de mettre à jour ses réseaux. 200 000 messages courts sont envoyés chaque jour via Ping.fm. Le service compte 600 000 utilisateurs dont 60 % sont actifs. C'est un parfait complément à Seesmic qui intègrera les services de Ping.fm dès février.

 

Quel est le nouveau positionnement de Seesmic ?

Seesmic est un outil qui permet aux internautes de partager sur un maximum de réseaux sociaux possibles, depuis tous les terminaux possibles. Depuis le PC, grâce à Seesmic Desktop qui a vu le jour en avril 2009. Ce client Twitter a été téléchargé 3 millions de fois. En juillet suivant, nous avons lancé Seesmic Web pour permettre aux gens de gérer leurs réseaux sociaux en ligne. Puis nous avons sorti des versions mobiles sur Android et Blackberry.

 

Pourquoi ne pas avoir développé une version iPhone ?

A l'époque il existait déjà plusieurs clients Twitter sur iPhone et ils étaient de bonne qualité. Or, il n'y en avait pas sur Android et Blackberry. Nous avons donc décidé de nous positionner sur ces OS afin de prendre le temps pour préparer une version iPhone qui soit vraiment aboutie. Cette version est d'ailleurs en cours de finalisation et sera lancée en février.

 

Comment va évoluer Seesmic par la suite ?

Après le lancement de l'application iPhone et l'intégration de Ping.fm, nous allons proposer dès le mois de mars une plate-forme de développement qui permettra aux développeurs de créer des plugins et de nouveaux services sur Seesmic. Grâce à tout cela, nous espérons passer de 600 000 utilisateurs actifs de Seesmic (dont 95 % d'américains) à 1 million cet été. J'ai bon espoir puisque notre base augmente de 10 % tous les mois. Nous allons aussi annoncer dans les jours qui viennent le lancement d'un service pour des utilisateurs non confirmés, baptisé Seesmic Look. Cette application va aller piocher sur Twitter des informations qui correspondent à des centres d'intérêts préétablis. Je ne peux pas en dire beaucoup plus, mais notre intention est de recréer l'expérience TV pour le grand public.

 

Comment comptez-vous monétiser vos services ?

Je pense surtout à du sponsoring publicitaire. Nous allons être les premiers à proposer d'accéder à l'ensemble des réseaux sociaux et sur tous les écrans. Sur PC et sur tous les OS mobile. Et ça a de la valeur. Nous proposerons aussi des offres premium sur mobile pour des services plus professionnels, comme le fait LinkedIn. Le marché est prêt, SalesForce vient lui aussi de lancer son Twitter, les usages du microblogging ont évolué.

 

Allez-vous devoir passer par une nouvelle levée de fonds pour atteindre la rentabilité ?

J'ai levé 12 millions de dollars en deux ans, ce n'est donc pas une nécessité. Aujourd'hui, l'entreprise compte 20 salariés, dont 90 % de développeurs, avec deux ans de trésorerie devant elle. Je préfèrerais donc réussir à atteindre l'équilibre financier dans les deux ans plutôt que de lever de nouveau des fonds. Mais il ne faut jamais dire jamais, d'autant que les fonds de capital risque reprennent un peu d'activité.

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