Luc Besson dénonce la banalisation du piratage


Le réalisateur et producteur dénonce l'économie du piratage et sa banalisation. Ses propos ont déjà conduit à la fermeture préventive d'un site de streaming vidéo.


Un entretien dans "L'hebdo Cinéma" de Canal+, une tribune dans "Le Monde" ce week-end… En médiatisant son mécontentement face au piratage des oeuvres culturelles sur Internet, le réalisateur et producteur Luc Besson aura eu raison du site BeeMotion.fr. Ce site de streaming vidéo a annoncé sa fermeture préventive, par peur de poursuites judiciaires, suite aux propos du réalisateur. Ce site d'origine canadienne proposait une centaine de films récents en streaming gratuit et se rémunérait grâce à la publicité en ligne. Il ne détenait aucun accord de licence et ne reversait donc rien aux ayants-droit.

C'est ce modèle auquel Luc Besson s'attaque en particulier, accusant non pas les internautes mais tous les éditeurs de sites, les hébergeurs et les régies se rémunérant grâce au piratage. Dans "Le Monde", le rélisateur affirme que "ces sites ne sont pas l'oeuvre d'adolescents vaguement rebelles, mais les produits d'entreprises motivées par la recherche du profit généré par la monétisation de leur audience. […] il me semble que le code pénal dit clairement qu'en matière de délit, complicité vaut crime. Il faut donc étendre la loi à ce cas et poursuivre les dealers."

Dans le cas de BeeMotion, Luc Besson met nommément en cause le groupe Iliad au travers de son FAI Free, qui hébergeait le site BeeMotion.fr en France. Google et AlloTraffic.fr; qui ont vendu ses espaces publicitaires à des annonceurs tels que PriceMinister, sont également pointés du doigt par Luc Besson.

Ces acteurs ne sont par ailleurs pas forcément coupables au regard de la législation. La loi pour la confiance en l'économie numérique (LCEN) et la jurisprudence qu'il s'y ajoute ont par exemple poussé Free à fermer le site BeeMotion.fr, suite à la publication de la tribune du réalisateur. En effet, si l'hébergeur de données n'a pas, a priori, à contrôler le contenu des sites qu'il héberge, il se voit dans l'obligation d'intervenir au plus vite dès qu'il a connaissance de l'illégalité des activités d'un site qu'il héberge.

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