Usine 2.0 : comment le digital va révolutionner l'industrie Le consommateur devient producteur

Le plus grand changement de la dernière décennie est le passage d'une consommation de contenus professionnels à une consommation de contenus personnels. Représenté par Facebook, Tumblr, Pinterest, ce passage s'est caractérisé par une baisse de la consultation des contenus produits par les grandes entreprises du XXe siècle et une hausse de la consultation de contenus amateurs produits au XXIe siècle.
Le même mouvement commence pour la conception d'objets. Ainsi, lorsque Chris Anderson a voulu ajouter des meubles à la maison de poupées de sa fille, il s'est rendu sur Thingiverse, une base de données de design d'objets. Tous les types d'objets y étaient disponibles, il lui a suffit d'en télécharger un, de le redimensionner et de lancer l'impression sur son imprimante 3D et vingt minutes plus tard, sa fille était ravie.

Dans une décennie, l'imprimante 3D sera rapide, silencieuse, capable d'imprimer de très nombreux matériaux, du plastique au bois en passant par la nourriture.

Car des centaines de personnes partagent chaque jour leurs objets. Lors de la Maker Faire de 2011, Neil Gershenfeld professeur au MIT et auteur de Fab: The Coming Revolution on Your Desktop a affirmé que la killer de la fabrication digitale est la fabrication personnelle. Non pas pour fabriquer ce qu'on peut acheter chez Wal-Mart mais pour fabriquer ce que l'on ne peut pas acheter chez Wal-Mart ! Tout comme lorsque nous sommes passés des mainframes à l'ordinateur individuel, ce dernier n'a pas été utilisé pour faire des inventaires et des fiches de paie ! L'ordinateur personnel a été utilisé pour faire des choses qui n'existaient pas avant, au sens où personne ne les faisait : lire ses emails ou jouer à des jeux vidéos. Quand tout le monde aura une chaîne de fabrication à domicile, on ne fera pas ce que font les grandes entreprises aujourd'hui avec les chaînes de fabrication !

Bien sûr, la qualité des objets produits laisse encore à désirer. Le MakerBot, l'imprimante 3D ne peut imprimer qu'en quelques couleurs, le résultat final n'est pas aussi bon, que pour des objets réalisés en plastique moulé et bien sûr il n'est pas possible d'imprimer des détails en couleurs. Mais la raison en est simple : les imprimantes 3D en sont actuellement au niveau de développement des imprimantes matricielles dans les années 80. Il faut se rappeler que ces imprimantes étaient bruyantes, monochromes et que leur ruban ne produisait pas des impressions de très bonne qualité. Aujourd'hui, juste une génération après, nous avons des imprimantes à jet d'encre capable d'imprimer des photos avec une qualité quasiment équivalente à celle de labos photo.
A quoi va ressembler l'imprimante 3D dans une décennie ? Elle sera rapide, silencieuse, capable d'imprimer de très nombreux matériaux, du plastique au bois en passant par la nourriture. Elle disposera de nombreuses couleurs et sera capable d'imprimer des images à la surface des objets, de manière aussi fine que bien des usines aujourd'hui. Elle sera peut être même capable d'imprimer des circuits électroniques. Ajoutez une batterie et c'est fini !
Et pour ceux qui ne veulent pas acheter leur propre imprimante, la fabrication à proprement est en train de devenir un service dans le cloud. On peut y accéder à partir d'un navigateur Web et l'utiliser comme on le souhaite. La supply chain devient ainsi accessible à chacun, de l'inventeur dans son garage à Samsung. Si bien que rien ne peut vous empêcher de fabriquer quoi que ce soit. Que ce soit Ponoko ou Pololu, il suffit de leur envoyer un fichier et de choisir les matériaux et votre « usine personnelle » commence le travail.

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