Marie Ekeland (France Digitale) "Je ne pensais pas qu'autant de nos propositions seraient reprises"

La co-présidente de France Digitale, membre active des Assises de l'entrepreneuriat, revient sur les mesures annoncées lundi soir par François Hollande pour favoriser la création d'entreprise.

Comment jugez-vous les mesures annoncées par François Hollande pour favoriser l'entrepreneuriat en France (voir ces mesures) ?

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Marie Ekeland est co-présidente de France Digitale et Associée chez Elaia Partners. © Pascal Guittet

Le message de François Hollande est très positif. C'est un signal très fort et il l'a voulu ainsi, avec 15 ministres rassemblés autour de lui et des annonces qui vont au-delà de l'entrepreneuriat, notamment concernant l'école. Deux annonces ressortent principalement : l'ouverture au statut de JEI aux sociétés non techno, et la refonte de la fiscalité des plus-values de cession. Sur ce dernier point, on revient à des taux inférieurs aux 34% que nous avions avant la loi de Finance 2013. Et surtout, le régime est beaucoup plus simple. L'idée est de dire qu'une entreprise est une communauté d'intérêts et que ceux qui prennent les risques au même moment sont traités de la même manière, qu'ils soient des business angels, des fonds d'investissement ou les entrepreneurs eux-mêmes. Il y a une vraie cohérence qui n'existait pas auparavant. Quand il y a 40 régimes, comme c'est le cas aujourd'hui, le système est trop complexe et inéquitable.

Nous avons été très écoutés. C'est le grand succès de ces Assises que d'avoir pu discuter entre représentants des administrations, entrepreneurs et rapporteurs ministériels en toute liberté.

 

Bercy doit faire d'ici septembre des propositions pour favoriser le crowdfunding. Quelles sont les pistes étudiées ?

Il y a deux problèmes à régler. Le premier concerne les entreprises. Il faut faire en sorte qu'elles n'aient pas à gérer des dizaines ou des centaines de petits actionnaires entrés à leur capital au moment de la levée de fonds. C'est trop compliqué pour elles. Pour cela, il pourrait y avoir une holding créée au moment de la levée, rassemblant les parts de ces petits actionnaires. Le deuxième concerne les nouveaux actionnaires. Il faut créer un cadre réglementé pour leur permettre d'investir en toute sécurité dans des start-up à travers des plateformes de crowdfunding.

Plusieurs mesures annoncées par François Hollande doivent encore être précisées. Comme l'incitation pour les grands comptes d'investir dans des start-up, grâce à un amortissement fiscal de 5 ans. Cela concernera-t-il aussi les investissements des grands comptes à travers les fonds de capital risque ?

 

Finalement, ces mesures illustrent la réussite de Fleur Pellerin qui a réussi à rabibocher les entrepreneurs et le gouvernement...

Oui, tout à fait. Elle a été très courageuse de lancer des Assises de l'entrepreneuriat juste après l'épisode des pigeons, même si ce projet était antérieur. Elle a su intégrer les principaux sujets de discorde poussés par la contestation des entrepreneurs. C'est un beau socle de réconciliation. Je ne pensais pas qu'autant de nos propositions seraient reprises. C'est vrai qu'il faut attendre de voir leur mise en œuvre, mais vu le message envoyé par la présidence, je suis très confiante.

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