Raphaël Zier (Netbooster) "J'ai encore de l'argent à investir dans des start-up"

L'ex-patron de l'agence Pôle Nord, revendue à Publicis a réalisé plusieurs investissements dans des entreprises du Web, notamment dans Netbooster dont il est devenu le premier actionnaire. Il explique ses choix.

JDN. Directeur du développement de Netbooster, vous êtes également récemment devenu le premier actionnaire du groupe en y investissant plus de 700 000 euros. Pourquoi ? 

Raphaël Zier. J'ai investi 775 000 euros supplémentaires dans Netbooster au cours des dernières semaines. Mais sur les derniers mois, j'ai investi 1,2 million d'euros dans le groupe (début 2009, Raphaël Zier avait injecté 4 millions d'euros dans le groupe pour acquérir 16 % du capital, ndlr). Dès mon entrée au capital de Netbooster en 2009, mon projet était de monter à 25 % du capital. Je l'ai fait en accord avec son PDG, Pascal Chevalier et les autres actionnaires. Au total, j'ai injecté 8 millions d'euros dans Netbooster soit la majorité du produit de la revente de Pôle Nord à Publicis.  

 

Justement, pourquoi investir autant dans Netbooster ? 

Principalement parce que je pense que cette entreprise a un fort potentiel et est encore sous-évaluée. Au regard des perspectives d'avenir et des nouveaux développements en cours, les résultats de Netbooster ne peuvent pourtant que continuer de croître. Je suis convaincu que le groupe va réaliser une excellente année 2011 et accroître sa rentabilité. Nous venons d'ailleurs récemment de gagner huit nouveaux budgets importants : EurosportBet, Mondial Assistance, The North Face, Dunlopillo, Private Outlet, Travelski, Golden Tulip et HEC. 

 

"Je n'exclue pas de monter encore au capital de Netbooster"

Pourquoi avoir également souhaité intégrer le management de l'entreprise ? 

D'une manière générale, j'aime bien exercer un rôle opérationnel, ou du moins de conseil, dans les entreprises dans lesquelles j'investis. J'aime bien mettre les mains dans le cambouis, apporter mon expérience personnelle aux projets et sociétés que je soutiens. Sinon, je pourrais aussi bien me contenter d'investir mon argent sur le marché. 

 

Qu'avez-vous apporté à Netbooster, huit mois après votre arrivée ? 

Mon rôle en tant que directeur du développement a été de construire une offre intégrée sur la conversion et la performance. J'ai beaucoup travaillé sur le développement de l'entreprise sur le marketing à la performance, et pour expliquer cette stratégie à nos clients. Au sein de Netbooster, j'ai également souhaité la création d'une entité chargée d'identifier les innovations du marché de l'e-marketing pour les transformer en valeur ajoutée pour les clients de l'agence. C'est le rôle de Netbooster IQ, que nous avons lancé le 1er octobre dernier. Cette entité dirigée par Pierre Calmard regroupe une dizaine de spécialistes seniors du monde digital. Son rôle est d'anticiper les nouvelles tendances pour répondre aux demandes des clients en fonction de l'environnement concurrentiel. 

 

Vous détenez maintenant 26 % du capital de Netbooster. Allez-vous encore y investir de l'argent ?  

26 % c'est déjà un niveau important. Cependant, je n'exclue pas de monter encore au capital, si j'ai suffisamment de liquidités pour le faire.  

 

En plus de Netbooster, vous avez également investi dans l'agence mobile PureAgency...

J'avais déjà envie d'investir dans le mobile à l'époque où j'ai quitté Publicis, car je trouve que ce secteur correspond aujourd'hui à ce qu'était celui du Net il y a dix ans. A une différence près : le mobile a réussi en quelques années à peine ce que le Web a fait en dix ans en termes de débit, d'uniformisation des terminaux, de mesure d'audience, etc. J'ai donc décidé il y a deux ans d'investir dans le projet de Christophe Léon (fondateur et PDG de PureAgency, ancien directeur marketing de Voyages-sncf.com, ndlr.). Nous détenons 100 % du capital à nous deux. 

 

"EasyVoyage veut se développer au Royaume-Uni via une acquisition"

Outre celui d'actionnaire, quel est votre rôle au sein de PureAgency ? 

J'y ai davantage un rôle de conseil qu'un rôle opérationnel. J'ai beaucoup travaillé avec Christophe Léon sur la définition de la stratégie de l'entreprise. PureAgency a récemment lancé une plate-forme de tracking mobile, baptisée PureROI sous mon impulsion. La force de cette entreprise, c'est justement son positionnement ROIste. L'entreprise vient de signer cinq nouveaux clients et va grandir à l'étranger. Nous recherchons notamment des bureaux à Londres. 

 

Vous êtes également actionnaire d'EasyVoyage...

Oui, je suis à la fois actionnaire avec environ 1,5 % du capital et membre du conseil d'administration d'EasyVoyage. Contrairement à PureAgency, cette société existe depuis longtemps et a moins besoin de moi. Je m'y implique cependant en apportant mon avis sur les développements possibles et sur les nouvelles tendances du marketing online. EasyVoyage a par ailleurs la volonté de se développer au Royaume-Uni, notamment au travers d'une acquisition. J'accompagne son PDG, Jean-Pierre Nadir dans sa recherche d'une entreprise qui lui permettrait de se renforcer outre-Manche, où je vis moi-même.  

 

Allez-vous vous arrêter là ? 

Non. J'ai encore de l'argent à investir. Je regarde notamment plusieurs dossiers de start-ups dans lesquelles je souhaiterais investir, idéalement avant la fin de l'année. Je m'intéresse surtout aux marchés de biens et services dématérialisés sur le Web, existants mais encore mal adressés par les acteurs français ou qui n'existent pas encore sur ce marché. Des discussions sont bien avancées dans deux ou trois dossiers, mais rien n'est encore sûr...

 

 

Raphaël Zier a débuté sa carrière professionnelle au sein de l'agence de publicité Audour Soum Larue SMS en 1993, en tant que responsable nouveaux médias. En 1997, il créé l'agence, Pôle Nord qu'il revend à Publicis en 2006. Il prend la direction de Publicis Groupe Media Digital en France, puis celle de Publicis Global Search. En 2009, Raphaël Zier quitte le Groupe Publicis et devient début 2010 le directeur du développement du groupe Netbooster, dont il est également le premier actionnaire.  

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