Twitter : Les demandes de données par les gouvernements explosent

Elles ont augmenté de 40% au deuxième semestre 2014. Les requêtes de suppression de tweets sont quant à elles en hausse de 84%.

Twitter a publié son premier rapport de transparence en 2012, afin de lever le voile sur les diverses requêtes d'accès à des données privées par les gouvernements. Le dernier en date, qui vient d'être publié, révèle une explosion des requêtes : elles ont augmenté de 40% au deuxième semestre 2014, pour atteindre 2 871 requêtes, contre 2 058 au semestre précédent et 1 410 au deuxième semestre 2013.

Les Etats-Unis en tête des demandes de données

Les Etats-Unis ont fait 29% de demandes en plus (1 622 requêtes à propos de 3 299 utilisateurs), et Twitter a répondu positivement dans 80% des cas, en hausse de 8%. Le gouvernement américain est, de loin, celui à faire le plus de demandes. Suit la Turquie, qui se distingue aussi : ses demandes ont augmenté de 150% pour atteindre 356 demandes sur 496 utilisateurs. Twitter n'a donné suite à aucune de ses requêtes. En troisième position, le Japon, avec 288 demandes sur 343 utilisateurs, dont 36% ont été satisfaites par le réseau social.

La Russie, quant à elle, qui n'avait jamais réclamé de données privées, a enregistré 100 demandes –auxquelles Twitter n'a pas donné suite. En France, 60 demandes seulement ont été enregistrées à propos de 81 utilisateurs, et seules 13% ont été accordées.

La Russie cherche à étouffer les mobilisations en Ukraine

Concernant les demandes gouvernementales de suppression de contenus sur Twitter, la Turquie se hisse en tête avec 477 requêtes, suivie par la Russie (91) et l'Allemagne (43). Ces requêtes ont augmenté de 84%.

Pour ce qui est de la Turquie, Twitter a fait appel pour 70% des requêtes portées au tribunal –majoritairement des contenus supposément diffamant pour des citoyens ou personnes publiques. Twitter a gagné 5% et perdu 80% des cas. 15% des affaires sont encore en cours. Aucun contenu n'a en tout cas été supprimé sans décision en ce sens du tribunal.

En Russie, le réseau social a accepté les demandes dans 13% des cas (promotion de drogues, publications violentes) mais a refusé de nombreuses autres requêtes liées à des critiques du gouvernement ou à des soutiens des manifestations en Ukraine. En Allemagne, enfin, Twitter a accepté de supprimer les contenus, souvent discriminatoires ou incitant à la haine, dans 37% des cas.

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