Comment les adblockers mettent en danger l'avenir de MacGeneration

Le dirigeant du site d'infos tech tire la sonnette d'alarme dans un article qui se veut autant un exercice de transparence qu'une réflexion sur l'avenir des sites médias face aux bloqueurs de pub.

Si leur arrivée sur iOS 9 a mis un peu plus la lumière sur le phénomène, les adblockers cristallisent les inquiétudes des éditeurs depuis un petit moment déjà, entre ceux qui hésitent à payer les développeurs pour être whitelistés, ceux qui préfèrent passer en force et ceux qui restent pour l'instant impuissants. Mais pour tous, un même constat : la montée en puissance des bloqueurs de pub a un impact important sur l'activité économique de la presse en ligne, et met en péril l'avenir du secteur.

Le dirigeant du site MacGeneration, Christophe Laporte, résume tout haut ce que beaucoup pensent plus ou moins bas dans un article qui est autant un exercice de transparence qu'une alerte sur la situation économique d'un site dont les audiences ne se sont pourtant jamais aussi bien portées. Si ces dernières oscillent en effet autour des 700 000 visiteurs uniques par mois depuis plus d'un an et demi, selon Médiamétrie/Netratings, Christophe Laporte confesse que "pour la première fois de son histoire aussi, MacGeneration va finir l'année dans le rouge". Car son chiffre d'affaires va chuter de 15 à 20% cette année.

Presque la moitié des visiteurs ont recours à un adblocker...

Il faut dire qu'avec 35 à 40% de visiteurs qui avaient recours à un adblocker il y a un peu plus d'un an, son site était, tropisme high-tech oblige, proportionnellement l'un des plus touchés. Et la situation ne fait qu'empirer. Christophe Laporte s'attend à ce que le prochain audit révèle un ratio bien supérieur... "Le point d'inflexion a sans doute été l'installation par Free d'un bloqueur de publicités dans ses box début 2013". Apple ne pouvait donc pas choisir plus mauvais timing et l'arrivée des adblockers sur iOS9 incite Christophe Laporte à se demander s'il ne s'agit pas là de "la plus grosse crise de l'histoire de MacG". D'autant que l'éditeur réalise plus de chiffre d'affaires avec son site Web mobile qu'avec son application du fait de la typologie de ses annonceurs. "Des petites et moyennes entreprises qui nous livrent plus facilement des bannières que des interticiels en HTML5".

S'il admet que son article a incité quelques lecteurs à mettre son site sur liste blanche, Christophe Laporte reste plutôt pessimiste sur l'issue du dialogue. "Tous les lecteurs qui viennent sur MacGeneration via Google et Facebook font peu de cas de notre marque." D'où sa volonté de proposer des alternatives à ce lectorat dans les semaines qui viennent. "Pourquoi pas une version payante et dénuée de publicité ?", s'interroge-t-il à voix haute. Un moyen d'améliorer l'expérience utilisateur moyennant quelques euros car "il est indéniable, et je m'en rends compte moi-même en tant qu'internaute, que l'absence de publicité rend la navigation beaucoup plus fluide".

La diversification vers le serviciel et l'e-commerce comme porte de sortie

Christophe Laporte a, quoi qu'il en soit, déjà commencé à regarder en dehors du terrain publicitaire, cherchant à diversifier un peu plus son business model, avec les lancements du Club MacG et la vente de livres. Lancé dès 2012, le Club MacG propose un abonnement sans engagement de deux mois ou d’un an qui donne droit à plusieurs avantages dans l'application iPhone et iPad. Les montants versés restent minimes, 3,99 euros pour deux mois et 14,99 euros par an, mais dessinent les contours d'un Web affranchi de toute publicité… et peut-être enfin rentable.

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