Semaine anti-adblockers : quel éditeur fait quoi ?

Le Geste coordonne cette semaine une opération visant à demander aux internautes équipés d'un adblocker de le désactiver. Voici le détail des stratégies des éditeurs.

Les membres du Geste, l'association qui représente les principaux groupes médias en ligne de France, se sont bel et bien mobilisés dans la lutte qui les oppose aux adblockers. Exception faite des chaînes de télévision qui fonctionnent à l'inscription (TF1 et M6), des groupes publics (France Télévision, France Medias Monde, Radio France) et de ceux qui ont fait le pari d'un paywall assez restrictif (Bayard Presse, Le Télégramme), la majorité des sites d'informations embarquait ce matin un message demandant à l'internaute équipé d'un adblocker de le désactiver pour pouvoir accéder aux contenus du site.

L'initiative va durer le temps d'une semaine… et plus pour certains. Ne manquent à l'appel que quelques gros acteurs : Prisma Media, qui expérimente son propre filtre de publicités, CCM Benchmark, l'éditeur du JDN, Metronews et Libération.

Si les modalités diffèrent selon les acteurs, l'ambition est commune : sauver l'accès gratuit à l'information. "Il ne s'agissait pas d'imposer aux uns et aux autres des instructions spécifiques, explique le secrétaire général du Geste, Emmanuel Parody. Libre à chacun de proposer le message qui lui semble le plus adapté."

Un moyen pour les éditeurs français de "lancer le débat" alors qu'à l'étranger, leurs homologues sont déjà passés à l'action de manière beaucoup plus musclée.

Ceux qui matraquent leur pop-up pédagogique

"Pas de publicité, pas de contenu de qualité !" C'est peu ou prou le message affiché par des sites comme RTL, Europe 1 ou la Tribune dans un pop-up qui s'affiche dès l'entrée sur leur site. Un message qui enjoint à désactiver son adblocker… et qui s'affiche à chaque nouvel article pour ceux qui ne le font pas. Dans ce cas, une seule option : attendre quelques secondes qu'apparaisse la croix en haut à droite du message pour le faire disparaître.

Le mesasge qui s'affiche sur RTL  © Capture d'écran

Ceux qui mettent en avant leur directeur de la rédaction

Du côté du Monde et de l'Obs, les marques du trio Bergé – Niel – Pigasse, on se contente d'afficher un message d'information en plein écran dès la première connexion. Mais pour le rendre un peu plus impactant, on a décidé d'y mettre en avant le directeur de la rédaction, Jérôme Fenoglio pour le premier, Matthieu Croissandeau pour le second. Ce dernier y rappelle notamment que les revenus tirés de la publicité lui permettent de financer le travail des journalistes ou de les envoyer en reportage sur le terrain. Deux propositions s'offrent alors à l'utilisateur : ajouter le site à la liste blanche ou s'abonner.

Le message du directeur du Monde. © Capture d'écran

Celui qui joue la carte de l'humour

Plutôt que de bloquer l'accès aux contenus, 20 Minutes privilégie, "dans un premier temps", nous dit-on, une approche dissuasive expliquant en quoi la publicité contribue au modèle de 20 Minutes et donc à la diffusion de l'information (gratuite d'ailleurs). 

Le ton employé se veut décalé pour s'adresser à un public plutôt jeune, comme nous le rappelait le président du groupe en France. Le message s'affiche à la première connexion et disparaît aussitôt. A noter aussi, la volonté d'échanger avec les internautes qui ont la possibilité de signaler les publicités qui seraient perçues comme trop intrusives auprès de l'adresse email pubintrusives@20minutes.fr.

Le mesage décalé de 20Minutes. © Capture d'écran

Celui qui en profite pour séduire de nouveaux abonnés

Le Parisien et l'Equipe n'appartiennent plus au même groupe depuis que les Echos a racheté le quotidien francilien à Amaury. Mais les titres ont encore en commun de profiter de cette opération anti-adblocker pour draguer de nouveaux abonnés.

Du côté de l'Equipe, on propose ainsi à l'internaute de bénéficier d'un abonnement gratuit d'un mois à son offre premium en renseignant simplement nom, prénom et adresse mail. Au Parisien, c'est une offre "exceptionnelle" de trois mois d'abonnement pour un euro qui est mise en avant dans le message pop-up.

L'offre de l'Equipe.. © Capture d'écran

Celui qui est incisif

L'Express et Libération font depuis peu partie du même groupe, Altice Media, mais les deux titres ont en tout cas opté pour une stratégie différente.

L'Express se montre plutôt incisif avec un message qui occupe quasiment un tiers de l'écran et reste ferré à la barre des rubriques empêchant toute lecture tant que l'adblocker n'est pas désactivé. Rien de tel chez Libération qui n'a pas pris part à la semaine de sensibilisation contre les adblockers. "Mais nous travaillons à une solution à plus long terme", nous explique le directeur du digital du quotidien, Xavier Grangier.

Le message de L'Express. © Capture d'écran

Celui qui "floute" ses contenus

Le Figaro fait sans doute partie des éditeurs les plus engagés. Le quotidien a décidé de flouter la quasi-intégralité de ses articles aux internautes équipés d'un adblocker. La page intègre un message GIF qui indique que si l'utilisateur rencontre des problèmes, c'est probablement dû à la présence de son bloqueur de publicité. Ici encore, il est invité à mettre le site sur liste blanche.

Au Figaro, on prend le parti de flouter. © Capture d'écran

 

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