Le gouvernement veut l'aide des FAI pour lutter contre la cybercriminalité

Les FAI avaient rendez-vous ce matin au ministère de l'Intérieur pour discuter d'un projet de charte sur la "confiance en ligne". Le texte doit encore être précisé, avant d'être paraphé en juillet.

Le chantier avait été lancé à la mi-février par Michèle Alliot-Marie. Dans le cadre de son programme de lutte contre la cybercriminalité, la ministre de la Défense avait alors évoqué son intention de travailler avec les FAI afin de discuter de possibles actions à mener en commun. Entrepris depuis 3 mois, ce travail devrait aboutir dans les prochaines semaines à la signature d'une charte actuellement en préparation. La première mouture, diffusée par le site PCInpact et dont le JDN s'est procuré une copie, est encore loin de convenir aux FAI.

 

Peu précis sur ses contours et ses objectifs réels, ce texte a pour but d'engager les FAI à sensibiliser leurs abonnés sur les risques liés à la cybercriminalité. Mais il les invite aussi à "mettre en place une démarche proactive de sécurisation des équipements par des mesures adaptées (ex : information, suspension, résiliation, blocage de certains ports...) auprès des clients mettant en jeu la sécurité du réseau."

 

Pris au sens large, la mesure peut inquiéter. Mais au ministère, on assure qu'elle ne vise qu'à lutter contre les agissements criminels sur les réseaux comme l'envoi de virus, le phishing, les spywares ou le piratage de connexion, en bloquant des ports couramment utilisés par les programmes malfaisants. Si l'efficacité de ce genre de mesure est discutable (un port se change facilement), elle ne concerne par d'autres sujets comme le téléchargement illégal, par exemple.

 

Devant la difficulté d'interpréter clairement ce texte, les représentants de la ministre ont convenu que la rédaction de plusieurs passages devait être précisée. Rencontrant ce lundi matin les FAI pour discuter des changements à apporter, ils leur ont donc proposé de créer un groupe de travail afin de rédiger une version plus proche des intentions de chacun, dans le but d'atteindre un consensus avant le 14 juillet.

 

Si les volontés du ministère une fois retranscrites plus précisément peuvent être acceptées par les FAI, un point de désaccord pourrait subsister. Ainsi, pour mieux lutter contre la pédopornographiques, le ministère de l'Intérieur voudrait que les FAI filtrent les sites illégaux après leur en avoir communiqué l'existence. Mais impossible pour les FAI de souscrire à cette demande.

 

Selon un représentant de l'industrie, "la problématique du filtrage ne change pas d'un sujet à l'autre. Comme pour le téléchargement illégal avec le ministère de la Culture, nous opposons qu'il est techniquement impossible, juridiquement très complexe, et financièrement excessivement coûteux aux vues des résultats qu'on pourrait en attendre." Selon lui, aucun FAI ne signera donc le texte en l'état, ces derniers préférant négocier la mise en place de tests, comme il a été décidé dans les accords Olivennes.

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