Suicides : le PDG de France Télécom sur la sellette ?


Le gouvernement exclut pour l'instant de réclamer la démission du PDG de l'opérateur. L'Elysée, en plein bras de fer avec France Télécom sur le déploiement de la fibre, pourrait y voir une opportunité.

La crise sociale que subit France Télécom peut-elle précipiter le départ de son PDG, Didier Lombard ? Après l'annonce d'un 24eme suicide en 20 mois au sein du personnel de l'opérateur historique, l'opposition demande au gouvernement de remercier le patron du groupe, dont l'Etat possède près de 27 % du capital. "Quand il y a eu un trou dans les caisses de la Société générale, Nicolas Sarkozy a demandé à Daniel Bouton de partir. A France Télécom, on en est à 24 morts. C'est à l'Etat actionnaire de dire à Lombard qu'il doit démissionner", explique le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon à l'agence Reuters.

Pour l'instant, le gouvernement ne prévoit pas de remettre en cause la direction de France Télécom. Selon le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, la direction de l'opérateur a pris en compte les difficultés qui ont conduit à une vague de suicides dans le groupe. Il précise que le dossier n'a pas été abordé mercredi 30 septembre en conseil des ministres.

Selon "Le Parisien", le gouvernement s'apprêterait surtout à mettre le numéro deux de l'opérateur, Louis-Pierre Wenes à la porte. En charge des activités opérationnelles d'Orange en France, Louis-Pierre Wenes est désigné par plusieurs syndicats comme responsable de la situation sociale actuelle chez France Télécom. Engagé en qualité de directeur exécutif chargé notamment de l'amélioration de la performance, sa mission consiste à tailler dans les coûts, parfois brutalement selon les syndicats.

Pourtant, le remplacement anticipé de Didier Lombard par son successeur désigné, Stéphane Richard pourrait avoir du sens, au-delà d'un geste politique adressé aux salariés de l'opérateur. Didier Lombard est actuellement engagé dans un bras de fer avec l'Elysée sur la question du financement du déploiement du très haut débit en France (lire l'article L'Elysée veut faire céder France Télécom sur la fibre, du 25/09/2009). La présidence de la République pourrait chercher à propulser Stéphane Richard, proche de Nicolas Sarkozy et nommé au printemps dernier au sein de la direction de l'opérateur, aux commandes de France Télécom pour imposer sa vision du déploiement de la fibre à l'opérateur.

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