Uber entame une vaste entreprise de séduction des villes européennes

Uber Europe 0115 Travis Kalanick assure que sa société de VTC peut créer 50 000 emplois sur le vieux continent et retirer de la circulation 400 000 véhicules privés.

Globalement assez mal vu des pouvoirs publics où qu'il décide de déployer ses berlines noires, Uber n'en compte pas moins étendre ses activités en Europe. S'exprimant le 18 janvier lors de la conférence DLD à Munich, son PDG Travis Kalanick a indiqué : "Nous voulons faire de 2015 l'année durant laquelle nous établirons un nouveau partenariat avec les villes [européennes, ndlr]". L'entrepreneur indique vouloir créer 50 000 emplois sur le vieux continent et assure que cela permettrait de retirer de la circulation 400 000 véhicules de particuliers.

La société californienne est actuellement la cible des législateurs du monde entier, qui déterrent d'anciennes lois ou en dégainent de nouvelles pour limiter son activité, voire la bannir totalement comme en Espagne, à Delhi, en Thaïlande ou encore en Caroline du Sud. En France, c'est UberPop qui se trouve dans le viseur. Encore disponible malgré la volonté du ministère de l'Intérieur, qui avait annoncé son interdiction pour le 1er janvier, la déclinaison d'Uber à des chauffeurs particuliers pourrait disparaître à la faveur d'un jugement attendu courant février.

Face à une liste des municipalités et Etats hostiles qui s'allonge mois après mois, Travis Kalanick affirme ne pas être opposé à une régulation des VTC mais désirer une "régulation progressiste, qui rende possibles des courses abordables et sûres et génère des revenus imposables sans entraver la concurrence". Il faut dire qu'Uber n'est jamais pressé d'appliquer les lois qui ne l'arrangent pas. Ne pas prendre les couloirs de bus ? "Ce n'est qu'une circulaire sont l'interprétation juridique est discutable, nous verrons si nous la remettons en question devant la justice", expliquait en octobre au JDN le DG Paris d'Uber. Le gouvernement français gèle l'attribution de licences VTC ? Uber met en place un système de location de licences.

Plusieurs dizaines de milliers d'équivalents temps plein

Pour redorer son blason, la Californien met en avant quelques chiffres intéressants. Depuis son lancement il y a quatre ans et demi, ce sont à San Francisco 1,6 million de personnes qui ont voyagé grâce à son application, créant l'équivalent de 7 500 emplois à plein temps. A New York, la société revendique un total de 1,9 million d'utilisateurs, soit 13 750 équivalents temps plein. A Londres, Travis Kalanick évoque 900 000 voyageurs et 7 800 emplois. Le dirigeant pourra donc s'appuyer sur ces chiffres pour promettre aux villes européennes la création de dizaines de milliers d'emplois sur quatre ans.

Il assure en outre qu'en développant ses services, à commencer par celui de covoiturage de courte distance UberPool, il reviendra bientôt moins cher de prendre un Uber que de posséder une voiture, ce qui réduira d'autant les émissions de gaz polluants. Arguments que le patron de la société va pouvoir faire valoir auprès des représentants de la Commission européenne, qu'il rencontrera le 22 janvier à l'occasion d'un grand tour d'Europe.

Lyft dans le rétroviseur

Pour l'instant peu inquiété par ses petits rivaux européens, Uber fait en revanche face, sur son marché domestique, à la concurrence de Lyft, qui s'arme jusqu'aux dents pour le rattraper. Egalement basé en Californie et positionné sur le même créneau CtoC qu'UberPop, Lyft serait sur le point de boucler un nouveau tour de table record. Valorisé 850 millions de dollars après avoir levé un total de 330 millions de dollars, la société devrait encore faire progresser significativement sa valorisation.

Uber dispose toutefois d'une confortable avance. Ayant levé 3 milliards de dollars depuis sa création, il est actuellement valorisé plus de 41 milliards de dollars. Et peut se targuer d'être actif dans 260 villes du monde contre 60 pour Lyft, toutes aux Etats-Unis.

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