Volvo lance la conduite semi-autonome de série

Avec sa gamme 90, le constructeur suédois ouvre la voie à la généralisation des voitures sans chauffeur.

C'est une première dans le virage sans précédent qu'est en train de prendre l'industrie automobile : Volvo intègre, de série, une fonction semi-autonome sur trois de ses derniers modèles : le SUV XC90, la berline S90 et le break V90.

Présentés au salon de l'automobile de Genève, qui se tient actuellement, la S90, en première européenne, et le V90, en première mondiale, seront disponibles à partir de septembre 2016 et vendus entre 40 000 et 70 000 euros. Le XC90, déjà commercialisé, devra attendre mai au plus tôt pour accueillir la nouvelle fonction autonome.

"Sur le marché français, les ventes espérées en 2016 pour la berline et le break sont d'environ 600 unités"

Concrètement, leur ordinateur de bord est capable de détecter si le véhicule s'apprête à quitter la chaussée et peut le ramener sur sa trajectoire de façon autonome, même à 130 km/h sur autoroute.

"Sur le marché français, les ventes espérées en 2016 pour la berline et le break sont d'environ 600 unités au total. Nous n'avons pas de chiffres officiels pour 2017 mais on peut extrapoler en multipliant ce nombre par deux sur une année pleine", indique Hélène Laoudi, porte-parole de Volvo Car France.

Avec ces voitures nouvelle génération, l'objectif est clair pour le constructeur suédois : "A compter de 2020, il n'y aura plus de mort à bord d'une Volvo moderne", affirmait récemment Yves Pasquier-Desvignes, président de Volvo Car France.

"C'est une manière de montrer aux décideurs, mais aussi aux automobilistes, que la technologie est prête"

C'est peu dire que Volvo affiche son entière confiance envers sa technologie. Son PDG, Hakan Samuelsson, président de Volvo Cars, déclarait fin 2015 : "Volvo Cars assumera l'entière responsabilité en cas d'accident dès lors que l'un de ses véhicules sera conduit en mode autonome."

Le but est autant de persuader les autorités européennes de revenir sur l'article 8 de la convention de Vienne sur la circulation routière, qui indique que le conducteur doit avoir les mains sur le volant, que de convaincre les usagers : "L'installation du pilote semi-autonome de série sur la gamme 90 est un premier pas vers la conduite sans les mains. C'est une manière de montrer aux décideurs, mais aussi aux automobilistes, que la technologie est prête et qu'elle est si sûre que nous pouvons aller encore plus loin", confie au JDN Anders Eugensson, spécialiste de la sécurité chez Volvo.

Les derniers modèles de la série 90 sont capables de suivre le marquage au sol.  © Volvo

De la technologie, ces véhicules n'en manqueront pas. Pour assurer le bon fonctionnement des fonctions autonomes, ils seront truffés de capteurs de dernière génération. Volvo en a développé toute une série, dont certains éléments dédiés à la future voiture sans chauffeur équiperont d'ores et déjà la nouvelle série 90.

Pas moins de cinq caméras placées tout autour de la voiture lui assurent une vision à 360 degrés, également retransmise sur un écran installé sur le tableau de bord. Un premier objectif caché dans le pare-brise lit les panneaux de signalisation et le tracé de la route. Trois autres, deux sous les rétroviseurs extérieurs et un au niveau du pare-chocs arrière, surveillent les objets à proximité, et gèrent les changements brusques de luminosité, dans un tunnel par exemple. Une caméra tri-focale installée sur la partie supérieure du pare-brise couvre de son côté les risques inattendus et permet notamment le freinage automatique si un véhicule ou un piéton apparaît soudainement.

Les nouvelles Volvo détectent aussi les limites de la chaussée. © Volvo

Quatre radars situés à chaque angle du véhicule, derrière les pare-chocs avant et arrière, se chargent quant à eux de localiser les objets dans toutes les directions. Un scanner laser, équipé de capteurs haute définition installés sous les entrées d'air à l'avant, détecte les obstacles avec une portée de 150 mètres et un champ de vision de 140 degrés. Un dispositif qui s'ajoute à des radars longue distance. Des capteurs ultrasoniques assurent enfin le stationnement mais servent aussi à détecter si un piéton apparaît brusquement à proximité.

Ces équipements, Volvo refuse d'en faire des exceptions : "Nous allons avoir des systèmes similaires et encore plus poussés sur tous nos futurs modèles. Et ce sera toujours de série", annonce Anders Eugensson. Dès 2017, avec le projet Drive Me, la marque a prévu d'envoyer des XC90 totalement autonomes à 100 clients triés sur volet pour tester la conduite autonome à Göteborg, ville natale du constructeur suédois. Yves Pasquier-Desvignes s'en réjouit : "la voiture autonome n'est plus un fantasme."

 

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