Il faut diversifier les sources de financement des entreprises

Dans le contexte actuel de raréfaction du crédit bancaire, les PME et ETI européennes font face à des difficultés de financement accrues. Grâce au Reverse Factoring, leurs clients grands comptes peuvent contribuer au développement de leurs fournisseurs tout en sécurisant leur chaîne d'approvisionnement.

Ce modèle de financement de créances à l'initiative des grands donneurs d'ordre bénéficie à tous, et en premier lieu à la croissance du tissu économique.
Un tissu de PME / PMI et d’ETI dynamiques et performantes constitue sans conteste l’un des pré-requis de la croissance, de l’emploi et de l’innovation d’un pays. Ces entreprises contribuent en effet largement au succès des grands groupes à l’international en jouant un rôle clé dans leur chaîne d’approvisionnement.
Or l’INSEE publiait en juin 2011 des chiffres frappants : près de 17% des PME d’au moins 10 personnes ayant cherché un financement au cours de l’année ont essuyé un refus. Ce chiffre atteint même paradoxalement 23% pour les entreprises en forte croissance. Cette raréfaction du crédit bancaire semble se confirmer en ce début d’année.
Les statistiques publiées par la Banque de France le 4 janvier 2012 montrent que la croissance des encours de crédits aux entreprises n’a atteint que 3,7% sur un an, soit la plus faible progression depuis février 2011. Cette situation, plus marquée au niveau des PME, a des répercussions importantes sur leur développement, et par conséquent sur l’activité de leurs clients. Et il y a peu de chance que cela s’améliore dans les mois à venir.

Les raisons sont multiples : la mauvaise cotation globale de l’entreprise ou une insuffisance de capitaux sont souvent citées, même lorsque sa situation financière est satisfaisante. La crise économique de 2008 a également fragilisé le tissu des PME, notamment en allongeant les délais moyens de paiement.
Beaucoup s’inquiètent en plus des conséquences des accords « Bâle III » sur l’accès et le coût du crédit: garanties exigées accrues, délais de mise à disposition des fonds allongés, facilités de trésorerie moins accessibles…  
Pour une grande majorité de ces entreprises, la capacité à investir et à innover est un facteur déterminant de croissance. Et la crise financière que nous traversons n’incite pas à l’optimisme concernant un allègement des conditions d’accès au financement.

Il est donc crucial que ces entreprises disposent d’alternatives au crédit bancaire. A cet égard, les factures clients sont un atout trop souvent mal valorisé. Surtout lorsqu’elles concernent des grands comptes. Pourquoi ne pas les mobiliser en s’appuyant sur leur validation préalable par ces mêmes grands comptes ?
C’est le principe de l’affacturage inversé, ou reverse factoring, qui connaît un développement notable en France depuis quelques mois. Plus simple que l’affacturage traditionnel, il repose sur un accord tripartite gagnant entre le fournisseur, son client et un établissement financier. Moyennant un taux d’intérêt bonifié, le financier règle les factures au fournisseur par anticipation sans modifier leur date d’échéance pour le client.
Comme le risque porté par le financier ne concerne plus le fournisseur mais le client grand compte, les conditions de financement sont meilleures.
Avec le reverse factoring, tout ou partie du poste clients peut donc devenir liquide pour le fournisseur, à moindre coût, dès la validation des factures par ses clients.
Autre avantage non négligeable : la capacité du fournisseur à négocier par ailleurs un crédit auprès de son établissement financier n’est pas grevée.
Pour réussir ce genre de programme, une bonne circulation de l’information entre les trois partenaires est indispensable. Plus la validation de la facture est rapide, plus vite l’entreprise peut demander son financement à l’établissement financier. Pour les grands comptes qui souhaitent convertir leurs fournisseurs à la facturation électronique, proposer du reverse factoring constitue donc un argument supplémentaire intéressant. En substance : « fluidifions la circulation de nos échanges de factures et vous pourrez en plus les faire financer très avantageusement ».
En offrant des programmes d’affacturage inversé, les grands donneurs d’ordres établissent de nouvelles relations avec leurs fournisseurs en sécurisant leur chaîne d’approvisionnement, au bénéfice de tous. En consolidant la pérennité des PME, ce type de solutions de financement conforte le retour à la croissance de l’ensemble de l’économie.

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