22 millions de Français attendent pour relancer l'économie

Crise, augmentation des charges et du cout de la vie, tout est bon pour mettre un frein aux dépenses en général et des bas revenus en particulier. Est-ce dans l'intérêt de la société de négliger 22 millions de consommateurs ?

Comment étendre le pouvoir d'achat à tous les citoyens et créer de l'emploi ?

Des questions qui ne semblent avoir pour réponse que le mutisme ambiant... Crise, augmentation des charges et du coût de la vie, tout est bon pour mettre un frein aux dépenses en général et des bas revenus en particulier.
Pour les personnes, les familles à budgets réduits, le calcul est vite fait entre règlement des créances et le canapé. Pas question de s’offrir les fastes de week-ends en bord de mer, encore moins de vacances synonymes de visites, de dégustations et autres restaurants.
Loyer, téléphonie, carburant ou transports en commun, mutuelle, impôts fonciers et autres classiques des grandes lignes d’un compte en banque qui se marient mal avec la colonne ‘crédit’. Le banquier prend sa part sur le découvert autorisé et l’huissier sur d’interminables frais. Client ou créancier, peu importe le titre, il faut payer encore et toujours.
Hors, l’économie d’un pays - rien n’est à inventer- se porte sur la consommation et l’emploi, les initiatives et les projets, pas sur l’inertie du pauvre.

2.5 millions de personnes perçoivent le SMIC, 6 millions vivent avec les minima sociaux, le montant moyen d’une pension au régime général est de 1040 euros, ce qui sous-entend que  la moitié des 13 millions de retraités est en deçà du SMIC.
A ces 16 millions d’individus, ajoutons encore les enfants à charge et c’est aujourd’hui plus de 22 millions de personnes qui consomment peu ou pas du tout sur un total de 65.7 millions d’habitants, un véritable capital humain économiquement inexploité.
La société de consommation s’est emparée de ces chiffres et l’arrivée des prêts à la consommation, des paiements différés ont eu droit à leurs heures de gloire, ont même redonné un semblant de pouvoir d’achat à cette tranche de la population. Mais les crédits ont l’inconvénient de s’accompagner de taux de change élevés qui ont eu pour conséquence d’accentuer la précarité de nombre de foyers, de grever encore les budgets déjà bien serrés autrefois et de les anéantir définitivement avec l’assentiment des organismes bancaires qui n’ont pas manqué de prendre au passage quelques frais bien étudiés.
Un petit tour à la case surendettement, quelques ardoises effacées au détriment du circuit économique et 22 millions de consommateurs qui finalement, ne consomment pas ou peu.

Comment sortir de cette spirale, comment redonner du pouvoir d’achat aux petits portefeuilles ?

Pas question évidemment de rehausser le SMIC et les minimas sociaux, l’incidence serait simple et sans délai : la hausse des prix et le retour à la case départ.
Un texte de loi vient d’être promulguer et obligera désormais les banques à traiter elles-mêmes les crédits à la consommation et à ne pas facturer plus de 80 euros de frais mensuels sur un compte, un premier pas finalement bien timide au regard des chiffres.
Envers les minima sociaux, il y a une hypocrisie administrative qui tend à renvoyer les personnes d’un bureau à l’autre, histoire de gagner quelques mois de versement, de les sortir d’un fichier ou tout bonnement de les décourager dans leurs démarches. Un seul bureau qui reprend les droits des demandeurs d’emploi en fin de droit, des détenteurs des revenus minimums et des services CAF et CPAM, qui garantira la pérennité d’un revenu minimal serait un moindre mal...
Le salarié au SMIC doit bénéficier d’avantages sur ses factures d’énergie et de transport. D’énergie parce que ses bas revenus l’empêchent de réaliser des travaux d’isolation sur son bien immobilier, de transport parce que ce poste est un frein au déplacement domicile/travail.
En donnant du pouvoir d’achat à ces 22 millions d’individus, l’Etat redonnera au pays une impulsion de créativité propre à dynamiser l’emploi.
Ce dimanche, 22 millions de Français n’iront pas au cinéma, au restaurant, n’achèteront pas de fleurs, ne visiteront pas un musée et resteront devant le téléviseur, regarderont les jours passer en attendant le jour de paye. Des consommateurs que les commerces attirent encore à coup de paiements échelonnés, des lucioles éphémères qui ne brilleront plus lundi matin.

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