Les énergies renouvelables : le vivier d’emplois qui résiste à la crise

Alors que les chiffres du chômage viennent de tomber, les entreprises expliquent à qui veut l’entendre qu’elles n’y sont pour rien, le climat économique français ne leur permet simplement pas de recruter. Pour autant, les secteurs de croissance existent, à l’instar des énergies renouvelables.

Avec le projet de loi sur la transition énergétique, les professionnels de la filière, EDF et FEE en tête, participent à la création de nouveaux métiers, vecteurs de croissance de demain.

Pour trouver un emploi aujourd’hui, miser sur le bon cheval n’a jamais été aussi crucial. Alors que l’Insee a récemment annoncé la 9ème hausse consécutive du taux de chômage, des secteurs de croissance existent encore et cristallisent l’attention. C’est le cas d’Internet, dont l’essor est l’objet de nombreuses analyses, mais également des énergies renouvelables. Alors que le secteur énergétique est le 3ème secteur industriel de France, ses entreprises se concentrent de plus en plus sur des problématiques de développement durable. Une réorientation de la filière synonyme de créations d’emplois alors même que la loi sur la transition énergétique de Ségolène Royal annonce l’arrivée prochaine d’une myriade de nouveaux métiers verts.

Quand les filières hydrauliques et éoliennes « sauvent » l’emploi

« Notre ambition est de faire de la transition énergétique un outil au service de l’emploi, de la compétitivité et de l’indépendance nationale », déclarait Henri Proglio le 30 juillet dernier alors qu’il annonçait sa candidature à sa propre succession à la tête d’EDF. Il est en effet difficile de parler du secteur énergétique français ou de la transition énergétique sans évoquer EDF, premier électricien du pays. Alors que les entreprises hexagonales, grands groupes compris, déplorent le peu de recrutements qu’elles peuvent se permettre, du fait du climat économique actuel, l’entreprise d’Henri Proglio aura recruté en 2014 pas moins de 6000 personnes. Outre les tâches ordinaires chez EDF qui se rapportent le plus souvent à l’ingénierie, la production ou la maintenance, l’entreprise a également développé ses « métiers verts ». Des métiers spécifiques des énergies renouvelables dont le développement a permis à l’électricien de se démarquer. Rien que pour le secteur hydraulique, EDF emploie 4700 personnes. Un engagement aux bénéfices économiques et environnementaux certains que semble partager l’ensemble de la filière.

Le 28 août dernier, France Energie Eolienne (FEE) a déclaré vouloir renouveler sa proposition de pacte industriel avec le Gouvernement. Le but : favoriser la création d’emplois et la réindustrialisation de secteurs qui avançaient jusqu’ici au ralenti, à l’instar de l’éolien. Une filière qui a déjà créé plus de 11 000 emplois directs et qui s’engage aujourd’hui auprès des PME. « Le 2 octobre prochain, à Paris, dans le cadre de son 5ème Colloque National Eolien, FEE organise un speed dating industriel rassemblant tous les grands acteurs de l’éolien pour permettre aux PME de s’insérer dans un marché en pleine croissance mondiale ». Un rappel de Frédéric Lanoë, Président de FEE, qui tente d’interpeller le Gouvernement sur l’importance de sa filière et de la signature d’un pacte industriel solide.

Le boom de l’économie verte : une prédiction devenue enfin réalité

S’engager pour le développement des énergies renouvelables en France n’est plus seulement une question idéologique aujourd’hui, c’est un véritable vecteur de croissance à suivre de près, et ce depuis plusieurs années. Déjà en 2010, il était possible de prédire un tel intérêt des métiers verts pour l’économie française. Selon l’Insee, entre 2004 et 2010, alors que le nombre de postes de travail salarié n’a augmenté que de 3,5 % dans tous les secteurs d’activités confondus, les métiers verts ont progressé de 5,6 %.
Encore plus impressionnant : entre 2000 et 2010, les effectifs de salariés participant à l’économie verte ont augmenté de 25 %, soit « 13 000 postes supplémentaires dans ces métiers contre 2,5 % pour l’ensemble de l’économie », précise Claude Redmann, responsable du pôle emploi-formation au C2RP (Centre régional de ressources pédagogiques et de développement de la qualité et de la formation). Selon une étude prospective de ce centre prédisant les créations d’emplois d’ici à 10 ans dans trois secteurs d’activité à forts enjeux environnementaux - recyclage, énergies renouvelables et performance énergétique - les perspectives de l’économie verte sont infinies. Rien que dans le bâtiment, le développement de la performance énergétique devrait permettre la création de 25 500 emplois en 6 ans.
La construction, mais également l’agriculture, l’industrie, le commerce, les services ou encore la recherche, les métiers verts recouvrent tous les secteurs et n’offrent pas seulement des perspectives d’avenir aux ingénieurs spécialisés dans les énergies renouvelables depuis des dizaines d’années. Tout un chacun peut trouver sa place dans cette économie verte en plein essor. Mais pour cela, encore faut-il savoir qu’elle existe. Nous en sommes aujourd’hui au simple stade d’état des lieux et beaucoup de travail reste encore à faire.
Alors qu’une économie durable prend peu à peu sa place dans la société, celle-ci passera par l’apparition de nouvelles activités et donc par la création d’emplois, probablement par milliers. Une transition qui ne pourra se faire sans une évolution rapide des formations. Un manque de main-d’œuvre dans un pays qui n’entend parler que de chômage depuis plusieurs années serait un comble que peu de Français seraient capables de supporter aujourd’hui.

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