Immobilier : à quand la vraie révolution ?

Tandis que les initiatives se multiplient dans le secteur immobilier depuis plusieurs mois, l’une d’entre elles s’illustre particulièrement dans les médias en cette fin d’année : la naissance d’un portail d’annonces fait par et pour les professionnels, Bienici.com. Ce-dernier ne serait autre que l’alliance aussi inattendue qu’inspirée des principaux syndicats et réseaux français, affichant une seule et unique ambition : ne plus subir la position monopolistique de SeLoger.com.

Mais si le bénéfice semble évident pour les acteurs de cette association concurrentielle atypique, quid de l’utilisateur ?

En effet, l’expérience utilisateur a relativement peu évolué du côté des géants, au-delà des paris originels : une meilleure lisibilité de l’offre, une liste moins exhaustive de critères de recherches, des "alertes" pour rester informés.

Prenons l’exemple du marché hôtelier où la start-up Airbnb est venue bousculer le leader Booking.com en transformant l’expérience en profondeur. Pourquoi le marché immobilier, où 50% des utilisateurs se passent d’intermédiaires, ne suivrait-il pas cette même tendance ? Et si l’innovation venait là encore du côté des start-up ?

Depuis 3 ans, loin de détenir l’essentiel de l’offre, elles ont plutôt misé sur le service, en ce qu’il pouvait soulager tant le propriétaire que le locataire. On a ainsi vu naître les systèmes de matching, de dossiers numérisés, d’outils collaboratifs et de services additionnels tels que les services de conciergerie… Ces jeunes pousses 100% en ligne, parce qu’elles ont fait le pari d’un autre modèle économique, lèvent des fonds, recrutent, se déploient en France et en Europe, en attirant un public fidèle et prescripteur qui a en tête un triple objectif dans cette étape souvent éprouvante : gagner du temps, de l’énergie et économiser de l’argent.

Sur un site tel que Bienici.com, qui présentera l’avantage indéniable de fédérer l’essentiel des annoncesprofessionnelles du pays, les agents immobiliers continueront d’être harcelés de sollicitations, souvent peu qualifiées… L’aspirant locataire ou acquéreur continuera de son côté à envoyer des dizaines de mails, à passer tout autant de coups de téléphone inquiets, à imprimer mille et une pièces de dossier… Consulter un seul site Internet plutôt que 3 ou 4 ne peut pas être considéré comme une révolution pour les utilisateurs.

Si les initiatives des professionnels du secteur doivent être saluées, en ce qu’elles ont le mérite de redistribuer les cartes de manière plus qu’intéressante, a-t-on réellement repensé l'expérience de recherche ? Les prises de contact avec les intermédiaires vont-elles évoluer ? Sinon, la désintermédiation ne va-t-elle pas prendre le dessus ? Il est urgent pour toute l’industrie immobilière de profiter de cette dynamique pour remettre l’individu et l’usage au cœur de sa stratégie.

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