L’Internet des objets débarque sur les routes et révolutionne le secteur de l’automobile

Pour les amateurs de cylindrées, performances et design ne suffisent plus : ils s'intéressent désormais de plus en plus aux fonctionnalités "voiture connectée". Pour les constructeurs, cela signifie qu'ils doivent maîtriser un nouvel univers au sein duquel ils se trouvent confrontés à la concurrences des entreprises high tech. Mais il existe une autre voie : celle de la collaboration entre les deux industries. Exemple.

Voiture connectée et conduite autonome sont les grandes thématiques du moment dans le secteur automobile. S'il n’y a pas si longtemps, les amateurs de cylindrées s'intéressaient avant tout aux performances et au look des véhicules, les fonctionnalités digitales retiennent désormais de plus en plus l'attention. Pour les constructeurs automobiles, les défis sont nombreux, notamment face à la concurrence montante du secteur high-tech en général, et des pionniers de la Silicon Valley en particulier. Il existe pourtant un chemin intermédiaire : celui de la collaboration entre les deux industries. 

Les plateformes IoT en moteurs de la voiture connectée
Commençons par tracer une brève esquisse du concept de voiture connectée. Bien évidemment, ce véhicule d’un nouveau genre doit répondre aux impératifs traditionnels de rapidité, de sécurité et de confort, mais pas seulement : l’Internet des objets (IoT) fait de lui un véritable hub de communication. Ainsi, pendant le trajet, les voitures collectent systématiquement les dernières données de circulation qu’elles recoupent avec des informations en ligne provenant d’autres sources. 

Outre les dernières informations en temps réel sur la situation du trafic, les places de stationnement disponibles ou encore l'état de leur véhicule, les conducteurs bénéficient de prévisions intelligentes sur de possibles bouchons (heure et lieux) et sur les zones dangereuses (risques d’aquaplaning, verglas, etc.). Mieux encore : la voiture connectée analyse les données du trajet prévu pour rechercher des cas de pannes, d’accidents ou d’incidents liés à des parcelles de chaussées endommagées. 

La force de cette technologie réside donc dans sa capacité à recueillir des données, puis à les analyser et les interpréter en temps réel pour les présenter au conducteur de façon instantanée. Pour donner vie à cette technologie, rien ne vaut les plateformes cloud natives et les algorithmes d'analyse de données (data science). Une plateforme cloud native est un système à la fois élastique, évolutif et extrêmement robuste qui part du principe selon lequel les infrastructures, les réseaux et les parcs informatiques entiers sont des éléments faillibles et interchangeables. Ce système se présente sous la forme d’une plateforme structurée et hautement automatisée permettant une interaction fluide entre les ressources, les processus, le développement d'applications et le déploiement continu. À titre d'exemple, Amazon et Netflix sont, chacun à leur façon, deux pionniers du développement sur des plateformes cloud natives.

Prévisions intelligentes et sécurité renforcée
Idéalement, un système IoT embarqué devra reposer sur une plateforme cloud native sur laquelle viendront se greffer les divers éléments individuels. Outre les composants IoT, capteurs et autres applications mobiles et intégrées, ce type de système fait appel aux technologies Big Data et Fast Data indispensables aux algorithmes d’analyse des données. Véritable épine dorsale du système IoT, la plateforme cloud native représente le point d’interaction des différents services. Les données de capteurs et de logs sont quant à elles traitées via des micro-services. Enfin, la plateforme assure l’exploitation des applications tout au long de leur cycle de vie : équilibrage des charges, mise en attente de messages, suivi, montées en charges et gestion des performances applicatives. Mercedes-Benz nous offre un parfait exemple d’application pour voiture connectée : le constructeur allemand s'est appuyé sur la plateforme cloud native Pivotal Cloud Foundry pour développer son application "Mercedes me". Au final, quatre mois seulement se seront écoulés entre la présentation du premier prototype et la mise en téléchargement gratuite de l'application. 

Découvrons les principales caractéristiques de la voiture connectée selon Mercedes-Benz et Pivotal. Nombre de tours/minute, vitesse, consommation de carburant, accélération ou encore température du moteur : toutes ces données sont recueillies soit via une API, soit via les instruments embarqués sur des véhicules plus anciens. Un smartphone ou une smart watch reçoit ces informations qu’il/elle enrichit avec des données de géolocalisation avant de les charger dans le cloud. Des prévisions intelligentes peuvent ainsi être établies et présentées au conducteur sur la base des données collectées et de l'état de la circulation. Et ce n'est pas tout : où qu'ils se trouvent, les utilisateurs ont la possibilité de vérifier l'état de leur véhicule via l'application Mercedes me. D'autres fonctionnalités, comme le verrouillage / l’ouverture des portières ou le chauffage auxiliaire, fonctionnent également à distance. Quant aux mises à jour, elles s’effectuent automatiquement, rapidement et facilement en OTA (over the air). Il ne s'agit pourtant que de la partie émergée de l'iceberg. En effet, la conduite autonome entre de plus en plus dans le domaine des possibles à mesure que les solutions de sécurité progressent et que les fonctions automatisées de gestion des urgences alertent les services compétents en cas de panne ou d'accident. 

Le besoin de nouvelles approches
Pour les constructeurs automobiles, l'enjeu consiste non seulement à collecter les données, mais aussi à les analyser et à les interpréter le plus vite possible. Objectif : informer le conducteur en temps réel des incidents importants sur son trajet. Or, la collecte et le traitement de données ne constituent pas le cœur de métier des constructeurs. Pour autant, ces derniers seront amenés, dans un futur proche, à traiter simultanément les données de millions de véhicules : une tâche impossible pour les systèmes traditionnels. De la conception des nouvelles applications que les clients attendent à la création de plateformes favorisant la collecte et le traitement de données, les constructeurs automobiles doivent aujourd'hui se rapprocher des sociétés informatiques pour développer des applications temps réel innovantes. 

Les plateformes IoT devront cependant aller encore plus loin pour permettre à l'industrie automobile de développer rapidement des applications et des services sur-mesure pour ses clients. Pour ce faire, les cycles de développement devront être considérablement raccourcis et les logiciels actuels améliorés. Dans l'idéal, les mises à jour et correctifs devraient se dérouler par petites touches sur une base quotidienne.

Non seulement ce raccourcissement des cycles de développement rendra l’entreprise plus agile, mais il permettra également de détecter et corriger plus rapidement d’éventuelles failles de sécurité. Car l'enthousiasme que suscite l'IoT ne devrait pas faire oublier l'importance de la cybersécurité. Surtout dans le domaine des voitures connectées, où le piratage de données et les manipulations malveillantes pourraient mettre en péril la vie des conducteurs et passagers. C'est pourquoi les plateformes IoT doivent elles aussi être protégées en permanence contre les attaques externes. Les constructeurs devront également informer leurs clients sur l'utilisation de leurs données, notamment sur la façon dont elles sont traitées, analysées et stockées sur le long terme. 

Transformation : l’IT est un moyen et non une fin
Les entreprises modernes savent clairement que l'Internet des objets, le cloud, le Big Data et autres technologies d’avenir sont les moteurs essentiels de leur croissance à terme. À elle seule, l’IT ouvre un nouveau champ des possibles qui voit émerger des business models novateurs sur des marchés de niche appelés à se développer. La voiture connectée et les services de covoiturage reflètent d'ailleurs ce vent de transformation dans le secteur automobile. À l'heure où les TIC occupent une place de plus en plus déterminante dans l'entreprise, les constructeurs traditionnels doivent adapter leurs processus et leur structure aux missions et enjeux émergents. Bien évidemment, ces changements ne surviendront pas du jour au lendemain. Le voyage sera sans doute long et parsemé d'échecs. Mais c'est en faisant des erreurs que l'on apprend. Au bout du chemin, un business model renouvelé permettra à une entreprise de créer de nouveaux produits, d'améliorer la satisfaction des clients et de dynamiser sa croissance.

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