Wesharebonds se lance dans la bataille du crowdlending

Le nouvel acteur a créé un fonds d'amorçage de 3,2 millions d'euros qui abondera les projets aux côtés des prêteurs particuliers.

Un nouvel acteur français se lance sur le créneau du crowdlending. Wesharebonds a décroché l'agrément IFP pour devenir une plateforme de prêts et aussi celui de CIP, conseiller en investissement participatif, pour faire également de l'equity "de manière marginale".

Wesharebonds participera systématiquement au financement des entreprises. "Notre intérêt sera totalement aligné sur celui des autres investisseurs", assure Cyril Tramon, président et fondateur. Concrètement, Wesharebonds a levé 600 000 euros auprès de 50 actionnaires privés, financiers ou entrepreneurs, en échange de 25% de son capital ; et les 50 investisseurs ont également investi 2,5 millions d'euros dans un fonds d'amorçage aussi abondé par l'équipe fondatrice pour atteindre 3,2 millions d'euros.

Les investisseurs du club preview donnent leur avis sur l'entreprise

Le fonds prendra 31% de chaque opération. "Ensuite, les 50 investisseurs membres du "club preview" pourront regarder le projet avant qu'il ne soit ouvert au public pour y investir davantage, explique Yoann Coumes-Gauchet, directeur opérationnel. Ils auront la possibilité de prendre 20% de plus et surtout de laisser leur avis sur l'entreprise, qu'il soit positif ou non. Le fonds complétera ensuite pour atteindre 51% si besoin, et les 49% restants seront ouverts à des investisseurs particuliers sur la plateforme."

Wesharebonds veut commencer par financer deux opérations par mois et en vise 20 à 25 sur la première année pour un volume de crédit d'environ 5 millions d'euros. De quoi rapidement épuiser le fonds d'amorçage… "Il pourrait être consommé en dix-huit mois, reconnaît Cyril Tramon. A ce moment-là, si notre taux de défaut est raisonnable, on est sûrs qu'on aura non seulement des particuliers prêteurs, mais surtout des clients professionnels et institutionnels qui abonderont le fonds. Ils attendent actuellement d'identifier les plateformes avec des faibles défaillances et de bons dossiers de crédit." Selon le fondateur, le marché français est encore très peu mature : "il va grossir et je pense que la différence entre les plateformes se fera dans les 18 à 24 mois."

Des informations complètes sur le marché

La concurrence ne fait pas peur à Cyril Tramon. "Contrairement à ce que l'on répète, il y a insuffisamment d'acteurs du crowdlending en France pour répondre  à la demande de financement du crédit au PME car la plupart des plateformes se positionnent sur le créneau des TPE." La plateforme veut donc financer des PME à hauteur de quelques centaines de milliers d'euros par prêt. "L'avantage est qu'elles disposent d'une note de la Banque de France qui permet de mesurer le risque et de l'intégrer au taux d'intérêt". Comme les autres plateformes, Wesharebonds demandera aux entreprises peu de garanties. Un comité de sélection majoritairement composé d'indépendants choisira les projets. "Nous proposerons des taux d'intérêt de 4 à 8%, pour rester dans une logique prudente, sur des prêts de deux à cinq ans", note le président.

Pour se différencier de ses concurrents, Wesharebonds mise sur la précision des informations données sur chaque projet. Selon Cyril Tramon, les plateformes existantes ne soumettent pas aux prêteurs les données suffisantes pour choisir de manière rationnelle leurs investissements. "Les informations historiques et de projection sont peu complètes et les projets ne disent pas grand-chose sur le marché, les concurrents, les risques, la qualité du management… Nous voulons au contraire les exposer avec précision." Pour y parvenir, la start-up de cinq collaborateurs va recruter des spécialistes de l'analyse de crédit.

 

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