Revolut dépasse N26 en France et s'installe à Station F

Revolut dépasse N26 en France et s'installe à Station F Après le lancement de son application en langue française en septembre, la fintech britannique a déjà conquis 150 000 clients dans l'Hexagone.

Alors qu'Orange Bank monopolise toute l'attention des médias, la néobanque britannique Revolut est discrètement arrivée en France. En septembre dernier, la fintech a lancé la version tricolore de son application. Les Français pouvaient déjà accéder aux services de Revolut (compte et carte bancaire gratuite, transferts internationaux sans frais…) via l'application en anglais disponible depuis 18 mois. Lancée en juillet 2015, la néobanque revendique 150 000 clients dans l'Hexagone, plus que son concurrent allemand N26 qui a passé la barre des 100 000 clients français à la rentrée. Ce bon résultat a été obtenu sans campagne de communication. "Que ce soit en France ou en Angleterre, Revolut n'a jamais dépensé un euro en marketing. Nous n'avons jamais fait de pub, d'adwords ou de publicité sur Facebook. Et nous n'avons jamais payé un utilisateur", insiste Benjamin Belais, general manager France de Revolut. Aujourd'hui, la France est le deuxième marché de la néobanque qui approche du million de clients en Europe, dont 600 000 clients actifs mensuels.

"Nous avons des datascientists au siège de Londres qui s'occupent seulement du marché français" 

C'est donc tout naturellement qu'elle vient d'ouvrir un bureau en France, dans les locaux de Station F. "Nous voulions garder de la flexibilité dans notre façon de travailler et pouvoir rencontrer d'autres start-up. Station F était donc idéale pour nous", précise Benjamin Belais. Trois personnes sont installées dans ce bureau mais elles ne sont pas seules à s'occuper du marché français. "Nous avons aussi des collaborateurs qui ne sont pas basés en France. Par exemple, des datascientists au siège de Londres qui s'occupent seulement du marché français car l'ensemble des datascientists sont là-bas. C'est plus simple pour eux de communiquer en direct quand il y a des problématiques d'infrastructures", souligne-t-il. 

Malgré la multiplication des acteurs sur le secteur, la néobanque semble confiante en son avenir. "Il y a beaucoup de concurrence sur le marché mais il n'y a pas eu de succès fracassant. Nous pensons faire la différence grâce à notre produit", estime l'ancien directeur des opérations d'Uber France. "Comparé aux banques en ligne et à la majorité des néobanques, nous n'avons pas recours à des tarifications cachées. Je comprends leur logique car il faut bien amortir ses coûts, mais chez Revolut nous considérons que les consommateurs veulent savoir à l'avance ce qu'ils vont payer ou non", poursuit-il. Quid d'Orange Bank, qui reprend les mêmes codes que les néobanques ? "Orange Bank sera un acteur parmi d'autres. Certes, il a une grande base d'utilisateurs et il bénéficie d'une couverture médiatique qui leur permet d'avoir un gros impact mais il faut encore voir quel produit va sortir, et son adoption par leurs clients. Je ne doute pas une seconde, que sur les transferts d'argent à l'international et les taux de changes, Orange comme les autres, ne sera capable de s'aligner sur ce que l'on fait", avance le dirigeant.

Une expansion européenne et au-delà

L'ouverture d'un bureau français n'est pas un cas isolé. Grâce à sa levée de fonds de 66 millions de dollars cet été, la néobanque s'implante partout en Europe : Allemagne, Autriche, Espagne, Suisse, Italie, Pays-Bas… Mais aussi au-delà avec l'Australie, Singapour et bientôt les Etats-Unis. "Nous pensons que l'argent ne devra pas connaître de frontières. Ouvrir un compte en 50 secondes c'est super mais notre spécificité reste notre vision internationale. Nous sommes les seuls à proposer un taux interbancaire à l'instant T. La plupart des néobanques se reposent au mieux sur le taux de Mastercard ou Visa. Sans compter que nous ne prenons aucun frais bancaires lors d'un virement ou paiement à l'international", insiste Benjamin Belais. Il est également possible d'ouvrir un compte Revolut en euros et un autre en dollars. Au total, 26 devises sont accessibles dans l'application.

Pour se rémunérer, la néobanque propose des options payantes comme l'assurance de téléphone à 4,5 euros par mois (en partenariat avec un assureur allemand) et une carte virtuelle. Revolut s'est aussi tourné vers le BtoB. Elle propose depuis juin dernier Revolut For Business, une offre assez similaire à celle des particuliers mais avec des fonctionnalités supplémentaires comme un tableau de bord et une API qui permet aux entreprises de se connecter à leurs logiciels de comptabilité et de paie. 16 000 entreprises ont adopté cette solution au Royaume-Uni en quatre mois. Quelques grands noms ont signé comme les compagnies aériennes Emirates ou Virgin Atlantic. L'offre est également disponible en France mais aucun chiffre n'est communiqué.

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