Dans les coulisses du centre smart water dernier cri de Suez

Le géant français de la gestion de l'eau a inauguré à Aix-en-Provence sa 9ème tour de contrôle ultra-connectée pour piloter le réseau local. Le JDN a pu s'y faufiler.

Ce ne sont que quelques écrans accrochés à un mur scrutés par une poignée d'employés concentrés. Mais un clic suffit à ces derniers pour intervenir sur l'approvisionnement en eau potable de près d'un million d'habitants. Derrière les portes du centre Visio d'Aix-en-Provence fraîchement inauguré, les 25 collaborateurs de Suez - Lyonnaise des Eaux surveillent et régulent le réseau d'eau des 370 collectivités partenaires, soit 15 000 kilomètres de tuyaux qui s'étendent sur toute la Provence.

Ces écrans permettent de contrôler l'état du réseau d'eau provençal avec des données rafraîchies toutes les 10 secondes. © Suez / Sylvie Villeger

Ce centre flambant neuf contrôle les données des 50 000 capteurs placés sur le réseau et des 90 000 compteurs d'eau intelligents grâce aux logiciels conçus par Ondeo Systems, la filiale informatique du groupe, spécialisée dans le smart metering. Sa solution Aquadvanced modélise sur les imposants écrans une carte de l'ensemble des infrastructures avec des informations rafraîchies toutes les 10 secondes.

Grâce à ce système, le poste de commandement central surveille le comportement du réseau d'eau potable, anticipe la gestion des stations de pompage et les besoins en énergie du réseau. L'écart entre le volume d'eau livré et le volume produit est constamment surveillé pour détecter les fuites et des capteurs acoustiques écoutent le réseau et détectent une casse selon le niveau de bruit. Et dès qu'une pompe s'arrête ou qu'un réservoir se vide sans raison valable, une alarme se déclenche. Les télécontrôleurs peuvent alors faire rapidement un diagnostic et éventuellement actionner une vanne à distance ou envoyer un agent sur place.

Les collectivités partenaires peuvent suivre les interventions en cours en temps réel. © Suez

Avec en moyenne 300 000 interventions sur le terrain à gérer chaque année, le service de gestion des agents vers lequel nous dirige Hervé Madiec, directeur de la Lyonnaise des Eaux en Provence, est désormais équipé d'un logiciel qui mobilise les équipes les plus proches du lieu de l'incident en les avertissant sur leur tablette tactile. "Le système n'a pour l'instant accès qu'à leur emploi du temps théorique pour déterminer où ils sont, mais nous sommes parvenus à un accord avec nos 240 agents pour qu'ils soient géolocalisés via leur tablette dès 2017, avec la possibilité de se déconnecter pendant la pause déjeuner pour préserver leur vie privée", avance-t-il. "Grâce à cette meilleure utilisation de nos équipes, nous attendons une augmentation de notre productivité de 1 à 2% par an", ajoute Hervé Madiec.

Les 240 agents locaux reçoivent les ordres d'intervention directement sur leur tablette. © Suez

Toutes les données traitées par le centre sont aussi redistribuées aux clients. A la fois aux particuliers, via la plateforme "Tout sur mon service", où ils n'ont qu'à entrer leur code postal pour connaître la qualité et le prix de leur eau potable, et aux collectivités, directement reliées au Data store de Suez. Ces dernières ont aussi la possibilité de faire une demande d'intervention en ligne, photo d'incident à l'appui, ou de comparer la qualité de leur eau potable avec celle des eaux Volvic et Evian. C'est aussi l'occasion de créer de nouvelles applications mobiles comme à Marseille, où l'app InfosPlages informe les habitants sur l'état des eaux de baignade à partir des data de Suez.

"Nous ouvrirons le 10ème centre Visio en région parisienne début 2017 et à terme chaque grande région aura le sien"

Ce 9ème centre Visio est pour Bertrand Camus, PDG de Suez Eau France, l'opportunité d'étendre son ancrage territorial : "Nous ouvrirons le 10ème en région parisienne début 2017. A terme, chaque grande région aura le sien."

Globalement, Suez a déjà déployé 2,6 millions de compteurs communicants en Europe, dont la moitié en France et multipliera ce chiffre par 4 lors des 10 prochaines années, avec des projets au Portugal, en Italie et en République tchèque. Le groupe consacre à la R&D 74 millions d'euros par an et compte, selon Bertrand Camus, profiter à l'avenir des nombreuses données qu'il récolte pour améliorer ses offres : "Nous avons créé un laboratoire en région parisienne et un centre à l'université de Bordeaux dédiés au croisement des données pour mettre au point de nouveaux services intelligents."

 

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