À la Smart City Expo, le centre de commande devient le cerveau de la ville

À la Smart City Expo, le centre de commande devient le cerveau de la ville Lors du salon de Barcelone, plusieurs entreprises ont dévoilé des plateformes permettant de gérer tous les services d'une smart city en un seul endroit.

Une plateforme pour les gouverner toutes. Lors du salon Smart City Expo World Congress, qui se tient à Barcelone du 14 au 16 novembre, plusieurs entreprises ont présenté leurs offres de centres de commande. Si ces plateformes existent depuis longtemps, elles se sont historiquement concentrées sur la sécurité et la vidéosurveillance. Aujourd'hui, elles proposent un monitoring et une gestion de nombreux services de la smart city en un seul endroit, utilisent  de nouvelles sources de données et permettent même d'automatiser certaines décisions.

L'annonce la plus ambitieuse en la matière est celle de Huawei, qui a dévoilé son Centre d'opération intelligent (ou IOC, Intelligent operation center). "C'est le cerveau de la smart city", résume Zheng Zhibin, directeur général de la smart city Chez Huawei, qui a présenté au JDN une version de son centre de commande déployé dans la ville chinoise de Shenzen.

Le centre d'opération intelligent du Chinois Huawei. © Jamal El Hassani / JDN

Il s'agit d'une interface complexe réunissant sur une même carte de la ville, via un système de couches, différents systèmes de smart city que l'on peut contrôler à distance. Des informations sur le trafic provenant de capteurs sur la route et de données téléphoniques, tout le réseau de vidéosurveillance, un taux de sécurité évoluant en direct en fonction des événements qui se produisent, une supervision de l'état des conduites de gaz et d'eau ou encore des alertes en cas d'incendie et d'inondations grâce à des capteurs IoT. A ce tableau en temps réel déjà chargé s'ajoutent des données fixes, comme des informations économiques sur la collectivité et ses entreprises ou une carte des menaces (entreprises exploitant des produits dangereux, zone inondables, lieux à forte concentration de population…) dans chaque quartier.

Plateforme maison à Dijon

La France n'est pas en reste. Dijon Métropole a présenté pour la première fois l'interface de son centre de commande, qui doit voir le jour en 2018 dans le cadre d'un vaste projet smart city à 105 millions d'euros sur douze ans, remporté par un consortium composé de Bouygues Energie et Services, Citelum (filiale d'EDF), Suez et Capgemini. "Nous sommes partis de zéro et avons créé cette plateforme spécialement pour Dijon", assure Magali Le Coze, chef de projet smart city chez Bouygues Energie et Services. 

La plateforme de Dijon sera opérationnelle en 2018. © Jamal El Hassani / JDN

Sur une seule carte, les équipes peuvent accéder à tous les équipements connectés de la métropole : éclairage public, feux, bornes escamotables, vidéosurveillance, bâtiments publics connectés, stationnement intelligent… Ils peuvent tous être actionnés à distance, par exemple pour allumer ou éteindre un lampadaire, passer un feu au vert et fluidifier le trafic en cas d'accident ou abaisser une borne escamotable afin de laisser un véhicule accéder à une rue piétonne. C'est aussi via cette plateforme que les opérateurs reçoivent des alertes et dispatchent le personnel municipal pour répondre à ces problèmes. Elles émanent de la police et des secours, mais aussi des citoyens, qui peuvent signaler un incident et y joindre une photo via l'application mobile de la métropole. En cas d'alerte, l'opérateur a accès à une fiche de procédure qui lui détaille les actions à prendre en fonction de l'évènement.

Au-delà de cette couche de gestion supérieure, la plateforme Muse, développée par Citelum, permet de centraliser la gestion et la maintenance des équipements. Les opérateurs peuvent par exemple y paramétrer l'éclairage intelligent et accéder à des informations détaillées sur chaque lampadaire connecté. Muse centralise également les besoin de réparation et d'entretien du matériel, explique Gautier Perraut, directeur technique de Citelum. "Toutes les demandes passent par un seul tuyau doté d'un moteur de règles, qui trie les demandes pour les envoyer aux bons services et leur attribue un niveau de priorité". Lors de leurs interventions les équipes de maintenance disposent de leur propre version de Muse sur tablette.

Les réseaux sociaux, nouvelle source de données

Pour compléter les données fournies à sa plateforme Kinetic par son propre réseau IoT et la ville, Cisco fait appel aux réseaux sociaux. Grâce à des programmes d'analyse du langage, le géant américain de la connectivité peut détecter des évènements en cours en observant les messages postés sur des pages Facebook publiques et sur Twitter dans une zone donnée. L'entreprise a annoncé à Barcelone de nouvelles fonctionnalités qui permettent aux villes de d'automatiser certains processus de décision en paramétrant à l'avance une réaction à adopter lorsqu'un évènement se produit.

La solution de supervision Kinetic, développée par Cisco, permet d'automatiser la prise de décisions. © Jamal El Hassani / JDN

Autre exemple de ce mouvement vers un centre de contrôlé unifié : la société canadienne Genetec. Spécialisée dans la sécurité et la vidéosurveillance (elle équipe notamment les aéroports de Paris), l'entreprise a commencé à se diversifier vers une supervision de tous les services de la ville. "Nous nous sommes rendu compte que notre plateforme pouvait s'adapter à toutes sortes de données et de capteurs", explique Christophe Helies, coordinateur marketing technique de Genetec. Elle vient donc de lancer deux nouvelles offres, Traffic Sense pour l'analyse du trafic routier et Citigraf, qui mêle capteurs, données des villes, analyse de la vidéosurveillance et des réseaux sociaux pour donner une vue d'ensemble. "Nous avons développé ces nouvelles offres à la demande des villes", reconnaît Christophe Helies. Quelle mairie n'aimerait pas être omnisciente ?

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